ITW - Headkeyz
- Axl Meu
- il y a 5 heures
- 5 min de lecture
Headkeyz a dernièrement sorti son deuxième opus, la deuxième partie de la saga, The Cage and the Crown (le 16 janvier plus précisément) : un album raffiné qui mêle influence Rock Alternatif, Metal Moderne et Progressif dans un ensemble particulièrement cinématique. Dernièrement, nous avons eu l'opportunité de nous entretenir avec son chanteur, Adrien “Edge” Girard.
Propos d'Adrien Girard (chant) recueillis par Axl Meu
Avant de parler musique, comment présenterais-tu Headkeyz ?
Headkeyz est un projet assez libre. Si on devait lui coller une étiquette, on parlerait sans doute de Rock-Metal Alternatif. Mais l’idée n’a jamais été de s’enfermer dans un style précis. On s’inspire beaucoup du Rock Alternatif des années 90 et du début des années 2000, mais avec une approche actuelle.
Le groupe est composé de cinq musiciens : Tim et Stella aux guitares, Sam à la basse, Sylvain à la batterie et moi au chant, à l’écriture et à la composition. Même si je porte beaucoup la direction artistique, l’idée reste de construire quelque chose de collectif.
Votre premier projet discographique est un double album, The Cage and the Crown. C’est un pari assez audacieux pour un groupe qui débute.
Oui, c’est vrai que ce n’est pas la voie la plus simple. Beaucoup de groupes commencent par des EP. Mais à la base, j’avais accumulé énormément de morceaux et d’idées. Quand j’ai commencé à tout réécouter, je me suis rendu compte qu’il existait une forme de cohérence entre ces compositions.
C’est là que l’idée du diptyque est apparue. Deux chapitres, deux visions qui se répondent.
Le concept s’est vraiment construit pendant le confinement. La notion d’enfermement était très présente dans nos vies à ce moment-là. La « cage » représentait évidemment cet enfermement physique et mental. Quant à la « couronne », elle renvoie davantage à la notion de pouvoir, à ce que l’humain cherche constamment à atteindre : la réussite, la domination, la reconnaissance.
Au départ, Headkeyz devait être un projet solo. Pourquoi l’avoir transformé en groupe ?
Au début, oui, c’était quelque chose que je développais seul. Mais pendant le confinement, j’ai réalisé que la musique n’existe vraiment que lorsqu’elle est partagée.
Même si je compose la plupart des morceaux et que je donne une direction globale au projet, j’avais besoin d’échanges avec d’autres musiciens. Le line-up a évolué plusieurs fois avant d’arriver à la formation actuelle, mais aujourd’hui je pense qu’on a trouvé l’équilibre.
L’album mélange beaucoup d’influences : Neo-Metal, Rock Alternatif, passages chantés ou rappés… Comment définir votre direction musicale ?
La seule règle qu’on s’est fixée, c’est justement de ne pas en avoir. Quand je compose, je vais très loin dans les idées. Parfois, je crée des morceaux très longs avant de les réduire à leur essence. Cette méthode permet de trouver des passages inattendus. Ensuite, on garde ce qui fonctionne vraiment. La base reste ce mélange entre Rock et Metal, mais on assume aussi des influences extérieures. Ce qui nous intéresse, c’est de créer quelque chose de vivant, qui évolue.
Quelles sont les influences qui reviennent le plus souvent dans votre musique ?
Il y en a plusieurs, mais certains noms reviennent régulièrement : A Perfect Circle, Tool, Deftones ou Incubus. Et évidemment Linkin Park pour toute la dimension alternative. Ce sont des groupes qui ont réussi à créer une identité forte tout en restant très ouverts musicalement.

"Pendant le confinement, on a tous remarqué que lorsque l’activité humaine ralentissait, la nature reprenait immédiatement ses droits. Cela pose une question intéressante : "Et si le véritable virus, finalement, c’était nous ?" La couronne symbolise aussi l’obsession humaine pour le pouvoir. On poursuit toujours quelque chose qu’on n’atteindra jamais vraiment."
Sur l’album, on entend plusieurs types de voix : chant mélodique, passages plus agressifs, parties rappées. Tout vient de toi ?
Oui, il n’y a pas de featuring sur l’album. J’aime expérimenter différentes approches vocales.
Quand on commence à chanter, on passe souvent par une phase d’imitation des artistes qu’on admire. Avec le temps, on développe ses propres techniques. Selon les morceaux, la voix peut devenir plus nasale, plus parlée, plus mélodique… C’est un travail assez fascinant, parce que chaque style demande une approche différente.
Le diptyque se conclut sur le morceau The End. Peut-on considérer l’album comme une histoire ?
Oui, mais il y a plusieurs niveaux de lecture. Les textes parlent beaucoup de la relation entre l’humanité et la nature. Pendant le confinement, on a tous remarqué que lorsque l’activité humaine ralentissait, la nature reprenait immédiatement ses droits. Cela pose une question intéressante : "Et si le véritable virus, finalement, c’était nous ?" La couronne symbolise aussi l’obsession humaine pour le pouvoir. On poursuit toujours quelque chose qu’on n’atteindra jamais vraiment. Et cette quête nous enferme dans une sorte de cage mentale.
Votre univers visuel est également très travaillé. Les clips semblent raconter leur propre histoire...
Oui, j’ai toujours eu une approche assez cinématographique du projet. Pour chaque clip, j’écris d’abord un storyboard afin de visualiser les scènes. Ensuite, on travaille avec des réalisateurs. Pour le premier album, les clips en noir et blanc ont été réalisés par Sophie Bernard. Pour le second, nous avons collaboré avec Bastien Sablé. L’idée était que les clips du second album viennent compléter ceux du premier. Ce n’est pas seulement une suite, c’est un puzzle narratif. On y retrouve notamment trois figures centrales : Fiona, sa sœur jumelle et une mystérieuse créature blanche. Cette dernière représente en quelque sorte le lien émotionnel entre les deux personnages.
La production de l’album a également été retravaillée en profondeur.
Oui, les deux albums ont été enregistrés à la même période, en 2021. Mais lorsque nous avons décidé de sortir la seconde partie, nous avons repris beaucoup d’éléments.
Le mix a été réalisé avec Thibaut Crich, avec qui nous avons retravaillé certaines guitares, les basses et toutes les voix. Nous voulions un son plus moderne et plus précis.
Pour le mastering, nous avons contacté Emerson Mancini. Ce qui nous importait, c’était qu’il ait un véritable coup de cœur pour le projet. Quand il nous a renvoyé la première version, nous lui avons finalement dit de suivre son instinct. La seconde version a été la bonne.
Vous avez récemment rejoint Rage Tour pour le booking. Quels sont vos objectifs pour la scène ?
Le but est de continuer à développer le groupe en live. Les premières parties sont très importantes pour toucher de nouveaux publics. Jouer avec des groupes comme Ultra Vomit ou Tagada Jones permet d’aller à la rencontre d’un public déjà établi... Ensuite, l’idée sera progressivement de construire notre propre public !
Des dates sont déjà prévues ?
Oui. Nous avons déjà organisé deux "release party", notamment au Supersonic à Paris. Nous allons aussi jouer à Montpellier et au festival We Rock Up à Lunel. Cette année, beaucoup de dates se situent dans le sud, ce qui est plutôt sympa parce que cela nous permet aussi de jouer près de chez nous.
Pour conclure : comment donner envie de découvrir Headkeyz ?
Si vous aimez le Rock, le Metal et les univers immersifs, vous devriez trouver quelque chose dans Headkeyz. Les albums proposent une atmosphère assez sombre et narrative, mais sur scène c’est beaucoup plus lumineux. Les concerts sont avant tout des moments de partage.
Donc le meilleur conseil que je puisse donner, c’est simplement de venir nous voir en live. C’est là que le projet prend vraiment tout son sens.
Headkeyz, c'est :
Adrien “Edge” Girard : chant
Timothée Bertram : guitare, chœurs
Stella Cristi : guitare
Samuel Maréchal : basse
Sylvain Molina : batterie
Discographie :
The Cage & The Crown : Chapter I (2022)
The Cage & The Crown : Chapter II (2026)



