ITW - At The Gates
- Axl Meu
- il y a 7 heures
- 4 min de lecture
Qu’on le veuille ou non, Tomas Lindberg était — et demeurera toujours — une figure incontournable de la scène Death Metal européenne et mondiale. Malheureusement emporté par le cancer le 16 septembre dernier, il laisse derrière lui tout un pan de l’histoire musicale extrême et un héritage aussi riche que généreux, à son image. Le 24 avril prochain paraîtra sa dernière offrande, The Ghost of a Future Dead, un album au titre particulièrement symbolique. Rencontre avec Anders Björler, guitariste du groupe.
Par Axl Meu
Votre nouvel album, The Ghost of a Future Dead, sort dans un contexte très particulier. Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?
C’est une période très difficile pour nous. Nous avons traversé beaucoup d’épreuves ces derniers mois, et nous avons encore du mal à prendre du recul. Depuis le début, nous nous sommes concentrés sur une seule chose : terminer et sortir cet album dans les conditions les plus fidèles possibles à ce que nous avions imaginé avec Tomas. Nous avons travaillé sur tous les aspects, les morceaux, les clips, l’ordre des titres, le visuel, en gardant toujours en tête ce qu’il aurait voulu. Aujourd’hui, nous attendons simplement que l’album sorte. En ce qui concerne l’avenir du groupe, nous n’avons encore rien décidé. Nous sommes en contact avec sa famille, ses proches, et nous avançons étape par étape.
Revenons sur la création de The Ghost of a Future Dead. Dans quel état d’esprit étiez-vous pendant l’écriture et l’enregistrement ?
Nous avons commencé à travailler sur cet album vers le milieu de l’année 2023. À ce moment-là, tout se passait de manière assez naturelle. Tomas était pleinement impliqué dans le processus : il participait aux discussions, aux compositions, à la direction artistique. Nous avons avancé rapidement et, vers la fin de l’année, la plupart des morceaux étaient prêts. Il avait déjà enregistré une grande partie des voix sous forme de démos. Puis, juste avant les fêtes, il nous a annoncé qu’il était malade. C’était un choc. Malgré cela, il a tenu à terminer ce qu’il avait commencé. Il est allé en studio juste avant son opération pour enregistrer les dernières parties vocales. Après cela, nous avons poursuivi le travail en espérant qu’il irait mieux…
Donc, Tomas n’était pas malade quand vous avez composé cet opus.
Il est important de préciser qu’il n’était pas malade pendant la phase d’écriture. Tout le travail créatif s’est fait avant le diagnostic. C’est seulement après que les choses ont changé. Lorsqu’il a appris sa maladie, cela l’a profondément affecté, comme on peut l’imaginer. Mais malgré tout, il a fait preuve d’une grande force. Il a tenu à terminer ses parties, à aller au bout du projet. Ensuite, nous avons passé beaucoup de temps à échanger avec lui sur les détails de l’album : le mix, l’ordre des morceaux, l’artwork. Il était impliqué jusqu’au bout, même dans les moments les plus difficiles.
Le titre de l’album semble particulièrement chargé de sens…
Au départ, l’album devait porter un autre nom. Mais Tomas a décidé de le changer lui-même. Avec le recul, on comprend que ce choix n’était pas anodin. Il y avait probablement une forme de lucidité, ou du moins une réflexion sur sa situation. Le titre donne une dimension presque symbolique à l’ensemble du disque. Il agit comme une sorte de témoignage, voire de message laissé derrière lui. Cela renforce encore l’émotion que l’on ressent en écoutant les morceaux aujourd’hui.
Musicalement, on a l’impression d’un retour à quelque chose de plus direct, plus brut. Était-ce intentionnel ?
Oui et non. Disons que c’était une direction que nous avions évoquée. Nous voulions revenir à une forme plus directe, plus percutante, avec des morceaux qui vont droit au but. Cela ne signifie pas que nous rejetons les expérimentations passées, notamment sur The Nightmare of Being, mais plutôt que nous avions envie de retrouver une certaine énergie, une efficacité immédiate. Cela s’est fait assez naturellement en studio. Nous n’avons pas cherché à forcer les choses. Nous avons composé, joué, enregistré, et ce style s’est imposé de lui-même.

C’était quelqu’un d’extrêmement humain. Très sociable, toujours curieux, toujours enthousiaste à l’idée de rencontrer de nouvelles personnes. Il adorait partager sa passion pour la musique. Il pouvait parler pendant des heures, tous les jours, sans jamais se lasse
Quel souvenir gardes-tu de Tomas, au-delà de la musique ?
C’était quelqu’un d’extrêmement humain. Très sociable, toujours curieux, toujours enthousiaste à l’idée de rencontrer de nouvelles personnes. Il adorait partager sa passion pour la musique. Il pouvait parler pendant des heures, tous les jours, sans jamais se lasser. Il a aussi énormément inspiré les autres. Il encourageait les gens à créer, à monter des groupes, à s’exprimer. Il avait cette capacité à rassembler, à transmettre une énergie. C’est sans doute ce qui restera le plus…
J’imagine que cet album sera le dernier du groupe…
C’est une question que nous nous posons forcément, mais à laquelle nous n’avons pas encore de réponse. Tomas était une figure centrale, presque irremplaçable. Continuer sans lui pose beaucoup de questions, artistiques mais aussi humaines. Pour l’instant, nous ne voulons rien décider dans la précipitation. Notre priorité est de sortir cet album, de lui rendre hommage comme il se doit. Ensuite, nous prendrons le temps de réfléchir à ce qui est le plus juste, pour nous, pour sa famille, et pour les fans.
Comment aimeriez-vous que le public reçoive The Ghost of a Future Dead ?
Nous espérons simplement qu’il sera écouté pour ce qu’il est : un album sincère, chargé d’émotion, mais aussi de passion. Il représente une période très particulière de notre vie. Il contient une part de nous, mais aussi une part de lui. Si les auditeurs ressentent cela, alors nous aurons réussi.
AT THE GATES
ORIGINE : Göteborg (Suède)
LINE-UP : Tomas Lindberg (chant), Jonas Björler (basse), Adrian Erlandsson (batterie), Martin Larsson (guitare), Anders Björler (guitare)
MERCH : https://atthegatesmerch.com/
FACEBOOK : AtTheGatesOfficial



