ITW - Nervosa
- Axl Meu
- il y a 17 heures
- 4 min de lecture
Figure incontournable de la scène Thrash Metal, Nervosa poursuit son ascension. Fondé au Brésil avant de devenir un groupe international, le quatuor s’est imposé au fil des années sur scène et sur albums... Alors que le nouvel album Slave Machine sortira le 3 avril chez Napalm Records, nous avons rencontré Prika Amaral et la guitariste Helena Kotina pour évoquer cette nouvelle étape dans la carrière du groupe.
Propos de Prika Amarak (chant, guitare) et Helena Kotina (guitare) recueillis par Axl Meu
L’an dernier, vous avez parcouru la France avec Novelists dans le cadre de la tournée Warm-Up du Hellfest, avant de jouer au Hellfest Open Air. Quel souvenir gardez-vous de cette expérience ?
Prika Amaral (chant, guitare) : C’était incroyable. Jouer au Hellfest est un rêve pour énormément de groupes, alors avoir l’occasion d’y participer, et même de tourner dans le cadre de l’événement, c’est vraiment spécial. Avant cette tournée, je ne connaissais pas vraiment Novelists. Mais c’était intéressant de partager l’affiche avec eux, car ils attirent un public plus jeune. C’était aussi assez inattendu de voir un groupe de Thrash Metal comme Nervosa tourner avec une formation de Metalcore.
Et pourtant, la combinaison semble avoir très bien fonctionné.
Oui, finalement les deux groupes partagent une intensité similaire sur scène. Notre musique est puissante, très rythmée, et leur énergie correspondait bien à la nôtre. Chaque soir, l’ambiance était excellente. Beaucoup de fans venus pour Novelists ont découvert Nervosa, et certains de nos fans ont également apprécié leur musique.
L'année dernière, vous avez publié le titre « Smashing Heads », qui n’apparaît pourtant pas sur le nouvel album. Pourquoi ce choix ?
Ce morceau a été composé pour célébrer les quinze ans du groupe. C’était une sortie spéciale, indépendante du nouvel album.
Parlons justement de ce nouvel album, Slave Machine. Il arrive trois ans après Jailbreak et c’est le deuxième disque sur lequel tu occupes pleinement le rôle de chanteuse.
Jailbreak a été une période très particulière pour moi. À l’époque, je n’avais jamais envisagé de devenir la chanteuse du groupe. J’ai enregistré l’album sans savoir jusqu’où ma voix pouvait aller, ni si je pourrais tenir le rythme d’une tournée complète.Aujourd’hui, je me sens beaucoup plus sûre de moi. Pendant l’enregistrement de Slave Machine, j’étais détendue et j’ai pu tester différentes approches vocales.
Helena, comment s’est déroulé le travail de composition pour ce disque ?
Helena Kotina (guitare) : Prika et moi avons très vite trouvé un terrain d’entente sur la direction musicale. Nous voulions conserver l’identité de Nervosa tout en allant plus loin que sur Jailbreak. L’idée était d’explorer de nouvelles choses, que ce soit dans les arrangements ou dans la manière de jouer. Chacune de nous a essayé de repousser ses limites, et je pense que cela s’entend vraiment sur l’album.
Quel titre représente le mieux cette évolution, selon vous ?
Prika : Je dirais « Impending Doom ». Ce morceau montre une facette différente de Nervosa, notamment dans les lignes vocales, les mélodies et le travail de batterie.
Helena : Pour moi, c’est « Ghost Notes ». Il possède un groove très marqué. Nous avions déjà expérimenté ce type d’ambiance auparavant, mais cette fois nous avons vraiment poussé le concept plus loin.

"Nous ne sommes pas contre le progrès, bien au contraire. Mais il est important de rester maîtres de ces outils. Beaucoup de gens deviennent dépendants des réseaux sociaux sans même s’en rendre compte. La technologie doit nous servir, pas nous contrôler."
La production a une nouvelle fois été confiée à Martin Furia, membre de Destruction.
Prika : Oui, et travailler avec lui est toujours un plaisir. Il sait nous pousser à donner le meilleur sans jamais imposer sa vision de manière autoritaire. Il comprend parfaitement l’univers de Nervosa et respecte notre identité. Quand nous hésitons sur une idée, il trouve souvent la solution pour nous inspirer.
Par le passé, vos albums comportaient plusieurs invités. Ce n’est pas le cas sur Slave Machine.
Prika : Cette fois, nous avons décidé de rester entre nous. L’année a été extrêmement intense : nous avons effectué cinq tournées en six mois tout en enregistrant l’album.
Helena : C’est un rythme assez fou, mais c’est aussi la réalité lorsqu’on veut vivre de sa musique. On essaie de préserver un minimum de repos, même si ce n’est pas toujours évident avec les voyages. Dormir au moins quelques heures, prévoir des jours de pause… et surtout profiter de chaque moment. C’est un équilibre entre discipline et plaisir.
Pourquoi avoir choisi le titre Slave Machine ?
Prika : Le titre parle de notre relation avec la technologie. Nous ne sommes pas contre le progrès, bien au contraire. Mais il est important de rester maîtres de ces outils. Beaucoup de gens deviennent dépendants des réseaux sociaux sans même s’en rendre compte. La technologie doit nous servir, pas nous contrôler.
Nervosa a souvent porté des messages féministes dans ses textes. Est-ce encore le cas sur cet album ?
Pas directement sur cet album, mais nos convictions restent les mêmes. Pour moi, être féministe signifie simplement défendre l’égalité et le respect. Les violences faites aux femmes restent une réalité très grave. Encore aujourd’hui, certaines sont tuées par leur conjoint ou subissent des agressions. Dans ce contexte, il est difficile de ne pas se sentir concernée. C’est un combat nécessaire.
Une tournée est-elle prévue pour accompagner la sortie de l’album ?
Oui, absolument. Nous préparons actuellement les prochaines dates et les annonces arriveront bientôt. Une chose est sûre : nous allons repartir sur la route. Jouer en live fait partie intégrante de notre vie.
Nervosa, c'est :
Prika Amaral : chant, guitare
Helena Kotina : guitare
Hel Pyre : basse
Michaela Naydenova : batterie
Discographie :
Victim of Yourself (2014)
Agony (2016)
Downfall of Mankind (2018)
Perpetual Chaos (2021)
Jailbreak (2023)
Slave Machine (2026)



