LES TAMBOURS DU BRONX - Distropy (EP)
LES TAMBOURS DU BRONX
DISTROPY
Indus / Percussions
Indépendant
Bernard Clavet a un jour écrit : « Même l’organisation la plus parfaite a besoin d’évoluer tous les dix ans. » De 1987, lorsque les gamins de la bande de Vauzelle récupéraient les bidons de 225 litres pour taper dessus, au générique des Guignols, jusqu’à la période metal, engendrée par la rencontre avec Sepultura, et jusqu’à aujourd’hui, Les Tambours du Bronx n’attendent jamais une décennie pour se renouveler. Ainsi, Distropy, sorti le 23 octobre de manière indépendante, est le symbole de la cassure avec les précédents opus. Finis l’apport d’une guitare électrique de Stéphane Buriez, les pochettes signées Gary Ronaldson, qui avait auparavant œuvré pour Benighted, Napalm Death et Brujeria, et le chant métallique d’un Reuno de Lofofora ou d’un Renato Di Falco. Distropy est l’EP d’un retour aux sources dans lequel le son indus reprend toute sa (dé)mesure. Les mailloches de hêtre et, aujourd’hui, les bidons monocorps de 220 litres, livrés directement à l’entrepôt du collectif, sont remis sur le devant des enceintes.
L’artwork, plus simple et explicite que les précédents, l’atteste avec cette série de trente-six bidons, petit à petit déformés et détruits sous les coups. Quand les percussions improvisées rencontrent la musique électronique de Sonic Area, le côté indus des cinq titres est exacerbé, sombre et hypnotique. Pour ceux qui ne connaissent pas cet artiste, Arnaud Coëffie, dit Sonic Area, mais aussi Arco Trauma, explore depuis 1997 différents styles tels que le breakcore ainsi que le trip-hop. Il est l’auteur de trois albums et a, entre autres, participé en 2010 à l’album Phenomedia de Punish Yourself. Ainsi, les dix-neuf minutes de Distropy, réparties sur cinq titres, sont d’une intensité incroyable. Bon, OK, cela peut paraître court, mais allez taper sur des bidons pendant deux heures ! Les amateurs de musique metal, qui ont découvert Les Tambours du Bronx notamment avec The Wild Pack, y trouveront toutefois leur compte, et les fans de la première heure seront heureux de retrouver les origines brutes du fracas des bidons.
Par Flavien Minne



