MRWL
MRWL le groupe de Goumetalcore nordiste, a sorti, début octobre, son 1er méfait. Il s’agit d’un EP 5 titres regroupant ses précédents singles agrémentés de nouvelles compos. Nous avons décidé de nous entretenir avec le groupe, entre 2 concerts, pour qu’il nous parle de cet EP et de leur actualité.
Par Chris Kilmister
La dernière fois que nous avons échangé, c’était fin 2025 pour la rubrique #TPAMU, vous aviez alors sorti deux singles. Depuis vous en avez sorti 2 autres, vous avez fait pas mal de concerts, et là, vous sortez votre 1er EP. Tout roule plutôt bien pour le groupe ?
On a vraiment pas chômé depuis la dernière interview, mais même si on est bien sur les rotules, on est super fiers du travail accompli et de l’engouement que produit le groupe. On a toujours autant l’envie de créer et de partager la bonne humeur !
Cet EP ne contient qu’un nouveau titre, « Cuvée des Trônes », les autres titres étant les 4 singles sortis précédemment. Un nouveau titre, c’est peu ?
Effectivement, le plan initial était de sortir l’EP en révélant à la fois « Eternal Brew » et « Cuvée des Trônes », mais nous avons dû changer de stratégie à cause de plusieurs contraintes. Quoi qu’il en soit, il faut plutôt voir cet EP comme un “Singles collection” qui permet de légitimer MRWL avec une sortie physique et qui montre la progression du groupe, tout en révélant un nouveau titre.
Qui s’est occupé des textes pour les 2 derniers singles « Eternal Brew » et « Before I Forgetch’ the Best » ainsi que pour le nouveau titre « Cuvée des Trônes » et de quoi parle-t-il ? Toujours adepte de vos fameux jeux de mots ?
Chez MRWL, l’écriture est portée principalement par Charlotte, avec certaines contributions d’Alex. Notre vocation reste de proposer une musique festive, même quand on aborde des thèmes plus profonds, qu’on préfère traiter par l’humour, l’absurde et différentes lectures plutôt que frontalement. Dans « Eternal Brew », on parle de la dépendance à l’alcool, mais aussi de la difficulté d’entrer en relation avec les autres et du rapport à soi. Parfois, se réfugier dans l’alcool peut être une façon de faire face à ces difficultés. Le clip, réalisé avec La Castagne, Drag King, fait écho aux paroles en questionnant l’identité et la relation à soi, et la santé mentale a une place importante chez nous, notamment à travers nos expériences personnelles. Dans « Before I Forgetch’ the Best », on propose un univers complètement délirant, aussi bien dans les paroles que dans le clip, avec des canards, des poulets maltraités et un chef cuistot, mais derrière l’humour absurde se cachent des références à des expériences difficiles vécues par certains membres, notamment le harcèlement moral au travail. Le clip contient des symboliques qui nous sont propres et que chacun peut interpréter à sa manière. Enfin, « Cuvée des Trônes », écrit par Alex, parle de la bière avec un clin d’œil à une bière belge bien connue, tout en explorant les rapports de pouvoir et les jeux d’influence, avec l’idée de trinquer avec son propre ennemi. Au fond, c’est ça qui définit notre groupe : faire la fête, s’amuser, mais avec des thèmes et des messages plus profonds en filigrane. Tout ça reste ouvert à la lecture de chacun, au premier degré pour le côté festif ou, si on en a envie, pour d’autres significations.
Les dernières compo se sont-elles toujours faites en groupe, chacun a-t-il pu y apporter sa touche personnelle ?
Cela dépend vraiment des morceaux, chacun est abordé différemment selon les circonstances et inspirations. Par exemple, « Eternal Brew » a été composée entièrement par Charlotte et Guillaume, et « Before I Forgetch’ the Best » majoritairement par Alex. Pour « Cuvée des Trônes », c’est différent, on a eu une première maquette instrumentale faite par Guillaume, qui a été passée dans la moulinette d’Alex et Charlotte afin de rajouter un passage plus décalé. Ça arrive que certain•es ne viennent pas particulièrement apporter leur touche personnelle quand on a le sentiment que ce n’est pas nécessaire, et ça facilite grandement le workflow.

"On a vraiment pas chômé depuis la dernière interview, mais même si on est bien sur les rotules, on est super fiers du travail accompli et de l’engouement que produit le groupe."
Comment vous est venue cette idée de puiser votre identité dans le patrimoine gastronomique et culturel des Hauts-de-France et de les transposer en texte ?
Lorsque le groupe s’est créé, le terme MAROILLES s’est naturellement imposé. Toute la soirée, nous avons multiplié les jeux de mots entre des noms de groupes ou des titres emblématiques du Metal et des références à notre terroir. On ne saurait pas vraiment expliquer pourquoi, mais ça nous a énormément fait rire ! Lorsque nous avons commencé à composer ensemble, nous sommes naturellement partis de ces jeux de mots pour construire notre univers. Nous sommes très attachés à notre patrimoine : chaque fête, chaque lieu ou chaque spécialité culinaire fait écho à des souvenirs et à notre histoire personnelle ou familiale. Les Hauts-de-France ont une richesse historique, culturelle et gastronomique dont nous sommes fiers. À travers notre musique, nous avions envie de rendre hommage à cette identité régionale, de faire sourire les gens et de partager avec eux cette chaleur humaine qui nous caractérise, tout en abordant des sujets plus délicats mais toujours avec humour et sincérité.
Vous vous êtes occupé vous-même de l’enregistrement, est-ce un choix pratique (financier) ou est-ce un choix que vous allez pérenniser ? Où l’EP a-t-il été enregistré ?
Nous avons la chance d’avoir deux ingénieurs du son semi-pro au sein du groupe (Alex et Guillaume), ça a donc été assez naturel de nous occuper nous-mêmes de l’enregistrement et du mixage/mastering dans nos studios respectifs. C’est certes un avantage financier, mais surtout beaucoup plus rapide pour sortir un morceau. Ça aura seulement eu le défaut d’avoir un manque d’homogénéité sur l’EP en termes de sonorité, car tout a été fait au fil de l’eau à mesure que MRWL s’est affirmé dans sa direction artistique. Je pense que le challenge va être de remédier à cela, mais nous allons garder la main sur ces aspects.
Il y a du changement au niveau du line-up, pouvez-vous nous en dire plus ? Avez-vous trouvé votre nouveau batteur(se) ?
Si à l’origine, MRWL était un groupe de copains et copines qui font des jeux de mots en se massacrant sur du breakdown, nous avons aujourd’hui l’envie de mener le projet beaucoup plus loin. Le niveau d’investissement pour y arriver est colossal, et ces exigences nous ont menés à revoir le line-up pour que chacun et chacune soit en phase avec le projet, avec ses ambitions ou contraintes personnelles. C’est Oscar qui rejoint le groupe à la batterie, Alex reprend son instrument de coeur : la guitare ! Guillaume reste à la guitare et Charlotte au chant accompagné tantôt d’Alex.
Vous avez fait pas mal de concerts depuis fin 2025, souvent ça resserre un peu plus les liens entre membres, cela s'est-il ressenti lors de la compo et de l'enregistrement de l’EP ?
Effectivement, nous en sommes à une trentaine de concerts à notre actif depuis avril 2025, c’est fou. Cela nous a effectivement rapprochés, car en dehors des 45 minutes sur scène, ce sont des heures à partager la route, les backstages, l’installation, les lendemains, etc… et cela nous a surtout permis de tisser des liens avec de nombreuses personnes rencontrées sur le chemin. Ces nombreux concerts ont déjà commencé à avoir un impact sur la suite : on sait quels morceaux sont construits pour le live, et donc quelle direction prendre sur les nouvelles compositions. Nos morceaux sont pour l’instant très hétérogènes, mais on commence à trouver notre patte.
La dernière fois, vous m’aviez annoncé votre 1er EP pour mai 2026, ainsi qu’un 2ème bien avancé. Pourquoi ce retard pour le 1ᵉʳ et qu'en est-il du second EP ? Doit-on s’attendre à une sortie assez rapide ?
Techniquement parlant, les 5 titres de l’EP étaient prêts pour une sortie fin mai 2026, mais nous avions pris du retard sur les aspects transverses d’une release (artwork et pressage des CDs / vinyles notamment). De plus, une sortie physique en auto production et en petits volumes est très coûteuse. Nous avons donc fait le choix de sortir uniquement le single et le clip « Eternal Brew » en mai, puis de lancer un financement participatif pour accompagner la sortie de l’EP. Grâce au soutien conséquent que nous avons reçu, nous avons pu produire les quantités adaptées en faisant appel aux bons fournisseurs, tout en limitant les risques financiers et en préservant l’équilibre de notre budget. En ce qui concerne la suite, on a beaucoup de concerts à assurer d’ici fin novembre avec un changement de line-up à mettre en ordre, la priorité sera donc ici, mais on ne vous laissera pas sans rien trop longtemps

"Depuis sa création, MRWL s’est voulu être un groupe festif, rassembleur, taillé pour le live et avec une bonne dose d’humour. Cette idée de bagarre finale (qu’on appelle chez nous “MRWL of Death”) est venue au Licorn Fest 2026"
Vous m’aviez parlé également d’un futur EP (à l’état d’idée) entièrement dédié à des collaborations avec d’autres projets musicaux. Y a-t-il une avancée de ce côté ?
Pas vraiment, si ce n’est que nous avons un premier morceau enregistré avec un featuring. On doit malheureusement faire des choix et prioriser les sujets sur lesquels avancer.
Sur scène, la musique du groupe éclate tout, vous faites également participer le public, notamment avec cette bagarre de frites géantes et de pizza (fausse bien sûr). Pouvez-vous nous en dire plus ?
Depuis sa création, MRWL s’est voulu être un groupe festif, rassembleur, taillé pour le live et avec une bonne dose d’humour. Cette idée de bagarre finale (qu’on appelle chez nous “MRWL of Death”) est venue au Licorn Fest 2026, où l’orga nous a proposé de choisir une activité pour animer le concert. Parmi toutes les propositions (Twister, bouée gonflable géante, …), nous avons retenu la bataille de sabres laser gonflables, qui a eu lieu pour la première fois à cette occasion. Le public s’est montré tellement enthousiaste qu’on a décidé de ritualiser ce concept et d’y ajouter des déguisements de pizza et d’ananas pour le story telling.
Quels sont vos autres projets pour les mois à venir ? (vidéo, résidence, recherche de label, merch, …..)
La priorité à court terme est de sceller le line-up et de le rendre opérationnel sur nos dates à venir d’ici fin novembre. Nous serons aussi présents sur différents médias et radios pour assurer la promo de l’EP. Dans un second temps, nous travaillons sur une première tournée pour 2027, une résidence prévue en mars, la composition de morceaux, et sur le booking de nouvelles dates. On a pas de quoi s’ennuyer Avez-vous des dates de prévues dans les semaines, les mois à venir ?
Oui, on va encore pas mal barouder ces prochains mois, on sera notamment au Nexus Fest le 7 novembre, entourés de jolis noms comme The Lumberjack Feedback, Solitaris, Hacktivist ou Smash Hit Combo, à Lille le 13 novembre, à Compiègne le 14 novembre, Charleville-Mézières et surtout, on ouvre pour Black Bomb A le 19 mars prochain à Orchies ! Tout est sur notre Insta
Petit message perso si vous le souhaitez, mais pas obligatoire.
Tu le sais, mais on ne le dira jamais assez : un immense merci à toi Chris, pour la mise en lumière des groupes de notre territoire, ainsi qu’à Heretik Magazine ! Nous avons la chance d’être entourés d’acteurs passionnés et investis qui font vivre la scène locale. Merci également à toutes celles et ceux qui soutiennent MRWL, que ce soit par vos sourires en concert, vos mots chaleureux ou votre présence à nos côtés. On ne serait rien sans vous ! Enfin, un grand merci à toutes les équipes d’organisation, aux programmateurs et aux groupes qui nous soutiennent, nous font confiance et contribuent à faire grandir cette belle aventure.
MRWL
ORIGINE : Lille
LINE-UP : Alex (guitare/chant), Guillaume (guitare), Charlotte (chant), Oscar (batterie)
FACEBOOK : https://www.facebook.com/mrwlcore




