LIVE-REPORT - MDNS + Nord Noir (Le Poche - Béthune)
- Axl Meu
- il y a 23 heures
- 2 min de lecture
Le samedi 18 avril dernier, le Poche de Béthune affichait complet pour une affiche 100 % Hauts-de-France. Une programmation qui cristallise à elle seule une partie de l’énergie brute de la scène émergente de la région.
Par Antoine Souchet
En ouverture, Nord Noir, duo originaire de Calais et étoile montante de la scène électro-punk. Après un passage (très) remarqué aux Bars en Trans en décembre 2025 et une tournée dans l’Hexagone, les deux artistes sont venus présenter et défendre leur premier EP, Fait d’amour. Celui-ci avait été dévoilé la veille du concert lors d’une release party au 4 Écluses, à Dunkerque.
Dès le lancement de la soirée, Nord Noir pose les bases d’un univers aussi frontal que singulier. Leur musique se situe à la croisée du punk et des musiques électroniques, avec une forte influence gabber et techno, portée par des textes profondément ancrés dans les tensions sociales contemporaines. Né comme un exutoire artistique, le projet transforme la colère en expérience collective, presque en révolution prête à exploser.
Sur scène, cela se traduit par une performance pensée comme un manifeste, mêlant musique, jeux de lumière et grande complicité avec le public. Sans oublier l’un des symboles du folklore des Hauts-de-France : des géants des Flandres à leur effigie. Le live devient alors une sorte de rave militante, entre fête sombre et explosion collective.
Puis arrive MDNS, figure montante de la scène post-punk lilloise, qui fait immédiatement basculer la soirée dans une autre dimension. Derrière ce nom se cache Baptiste Fernandes, artiste au parcours assez révélateur de sa génération : des débuts dans le rap avant une bascule vers un univers post-punk et rock alternatif, plus frontal et viscéral.
Ses morceaux abordent directement les galères du quotidien, les frustrations sociales et les désillusions générationnelles, ce qui lui vaut d’être souvent présenté comme le porte-parole d’une jeunesse mise à l’écart. Musicalement, on retrouve un mélange de punk, new wave et rock indépendant, avec des influences assumées allant de Nirvana à Joy Division.
Mais c’est surtout sur scène que MDNS prend toute sa dimension : une énergie brute, une proximité immédiate avec le public et cette capacité à faire disparaître la frontière entre fosse et scène. Slams, pogos, refrains scandés : le concert devient une véritable expérience collective, où chacun peut trouver sa place, dans les paroles comme dans le pit.
Cette soirée aura surtout confirmé une chose essentielle : la scène émergente du Nord est bel et bien vivante. Entre l’intensité électro-punk de Nord Noir et la déflagration scénique de MDNS, le public a vécu bien plus qu’un concert : une véritable expérience collective. Brute, engagée et sans filtre, cette double affiche confirme que le live reste un espace d’expression libre, incandescent et nécessaire.




