S.L.B. Fest 2026 (Saint-Laurent-Blangy)
Imaginez un festival gratuit, dans un joli cadre, mélangeant les vélos à petites roues des enfants et les T-shirts de Deicide ou les vestes à patches… Imaginez un festival qui propose mets et boissons de qualité à moindre coût. Ce même festival misant sur la bienveillance, qui, en plus de faire appel à une association de réduction des risques, achète 150 casques anti-bruit pour les petits et tout-petits. Un événement qui installe une arrière-scène pour les artistes, mais également ouverte à tous les bénévoles, véritable havre de tranquillité. Enfin, imaginez un festival capable d’accueillir un millier de personnes dans la journée, qui a pensé à l’extrême propreté des commodités en mettant une dame de service efficace et discrète à chaque passage.
Par Flavien Minne / Photos : Axl Meu
S.L.B. comme Saint-Laurent-Blangy, petite commune de l’agglomération arrageoise dont la municipalité est désireuse d’intégrer le Rock et le Metal au rayonnement de la ville.
Pour cette sixième édition, qui s’est déroulée le samedi 12 septembre, 110 bénévoles ont été mobilisés pour le bien-être de tous. À l’entrée, un panneau remercie les nombreux partenaires. Le festival est organisé autour d’une place centrale encadrée par des tentes et des chalets, accueillant des zones de jeux, des boutiques — notamment Sea Shepherd —, des libraires ainsi que des stands de sponsors. Un espace dédié à la protection en milieu festif est occupé par l’association Safe Pit Crew, qui accueille également un nouveau bénévole, Alex. Le côté gauche est consacré à la pitance et, surtout, à l’essentiel : se restaurer ! Sur la droite, la petite scène « Rock Meets » fait face à la scène principale, baptisée « Ace of Stage ».
Et les festivités commencent tout de suite sur la petite scène avec un blind-test mêlant W.A.S.P., AC/DC et Testament. Plus tard, un concours de guitare et un autre blind-test spécial reprises assureront les animations intermédiaires. En termes de musique, on commence avec Secret Garden And The Dusty Man, couple composé de Sarah, longue robe jaune, et d’Aymerick, chapeau vissé sur la tête et guitare en main. Le duo propose un Rock jazzy aux relents de ZZ Top et de musique cajun. Une bien belle entrée en matière.
Place ensuite aux Lorrains de The Nucleons Project. Autour de la chanteuse Claire, ces copains de lycée, tous vêtus d’un pantalon rouge et d’une chemise zébrée, lancent un Rock aussi psychédélique que leurs tenues. Jouant de sa voix claire, la frontwoman se déchaîne littéralement sur scène, tandis que ses acolytes enchaînent les déhanchements habités. Les huit titres passent, il faut se l’avouer, bien trop vite.

Après une petite pause, Poncharello occupe l’Ace Of Stage. Fort d’une expérience de vingt ans et de quatre albums, après avoir partagé les planches avec Mademoiselle K, Parabellum et les Wampas, le trio lillois nous balance un Punk Rock teinté de Garage, de Stoner et de Hard Rock, hyper dynamique, vif et énergique. Visiblement, Bertrand, derrière ses fûts, Mr Poule à la basse et Bob sont très contents d’être là et nous le prouvent en remerciant mille fois le public et les organisateurs.

On repart sur la petite scène pour accueillir le très jeune Elno Liaz, avec son Rock aux sonorités parfois Electro. Très engagé, le chanteur prend position pour la Palestine et l’affirme haut et fort. Malgré une cause qui lui tient manifestement à cœur, le public lui répond timidement, le lieu n’étant pas une tribune politique. À cela s’ajoute un petit manque d’ajustement qui empêche la prestation de prendre toute son ampleur.

Petit à petit, les familles lèvent le camp pour laisser la place aux Metalheads, la musique s’intensifiant avec March. Le quatuor belgo-hollandais, parfaitement mixte, poursuit ici une tournée européenne qui le mènera notamment à Zurich, Cologne et Vienne. March propose un Punk Rock teinté de Hardcore. De Allow Red, intro idéale, à Stand In Line, en passant par le nouveau titre Sisters Of Rage, la brune Fleur Van Zuiten, à la voix écorchée, déglingue tout sur son passage. Elle laisse même sa guitare de côté à mi-concert afin de gagner en liberté et de multiplier les slams. Une prestation qui se soldera par un véritable plébiscite du public et donnera du baume au cœur à Coal Noir.

Le groupe parisien investit ensuite la scène Rock Meets. Composé d’un batteur et de trois jeunes musiciennes, Coal Noir rencontre malheureusement un problème de basse dès le début du set, ce qui ne l’empêche pas de poursuivre avec une musique très Pop et rythmée.
Décidément, S.L.B. Fest est un festival qui donne la parole aux groupes mixtes et, franchement, il est important de le préciser. L’autre groupe francilien, Furies, formé en 2013 et, à l’origine, composé exclusivement de femmes, s’est illustré sur les grandes scènes françaises et internationales, dont le Hellfest. Influencé par Accept et Iron Maiden, la rousse Cheyenne Janas au chant, la batteuse Zaza Bathory et les trois autres musiciens jouent avec les codes du Heavy, entre baskets blanches montantes sur jeans slim et reprise de Tornado Of Souls de Megadeth. Pourtant, le Metal de Furies paraît étonnamment moderne, notamment grâce à cette voix claire et féminine.

Changement de scène et de style. On se retourne vers la Rock Meets pour écouter Deûle, encore un trio marqué par la mixité, avec Vince à la guitare, Pierre à la batterie et ELya au clavier et au chant. Avec ses sonorités Black et Indus, Deûle propose une musique froide, intense et malgré tout hyper mélodique, lancinante et parfois insoutenable de lourdeur, mais aussi hypnotique, planante et sensorielle. On est ici à la croisée des chemins entre The Dresden Dolls et Winter.

Pour finir la soirée, encore une vocaliste, Aleksandra, nouvellement à la tête de Wake The Dead. Le Metalcore furieux des Marseillais transforme alors le public en un immense circle pit.
La sixième édition du S.L.B. Fest s’achève alors que le public a bien du mal à quitter les lieux, tant l’atmosphère y est plaisante. Ce festival est, en fait, une réunion de familles, des retrouvailles entre copains, avec pour prétexte la musique. Avec une telle bienveillance, de l’écoute, une belle programmation et une organisation au fil à plomb, l’équipe du S.L.B. Fest n’a aucune leçon à recevoir des grands événements…



