MYAR
- Chris Kilmister

- il y a 3 heures
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Ex-The Wild Dukes, le groupe a changé de nom, de line-up et de direction musicale en 2024 pour devenir Myar. Évoluant désormais dans un univers stoner aux influences doom, il vient de sortir son premier album, Bleak Mountains. Intrigué par cette nouvelle aventure, Heretik Magazine a voulu en savoir plus sur ce nouveau départ et sur ce premier opus.
Par Chris Kilmister
Bonjour à vous et merci de nous accorder ce petit moment. Pour commencer, pouvez-vous nous présenter le groupe en quelques mots et nous expliquer la signification du nom Myar ?
Bonjour, et merci pour l’interview. Nous sommes Myar, un groupe de stoner originaire de Lille. Notre univers musical navigue entre le psychédélique, le doom et le grunge. Le groupe est composé de Victorien (chant, guitare), Nina (basse, chœurs), Paul (guitare) et Julien (batterie, chant). Le nom Myar est tiré de l’expression du Nord de la France « milliard », qui signifie « bordel ». C’est pour nous une façon de définir le côté brut et organique de notre musique.
Vous avez changé de nom, passant de The Wild Dukes à Myar en 2024. Pourquoi ce changement ? Est-ce lié au nouveau line-up ?
En effet, nous avons changé de nom à l’arrivée de Nina dans le groupe et au passage de Paul de la basse à la guitare. C’était également une manière pour nous d’adopter un nom qui nous correspond davantage et qui reflète aussi notre attachement à notre région.
Est-ce également le passage de Paul Vinchent de la basse à la guitare et l’arrivée de Nina Hirsch à la basse qui vous ont fait évoluer vers un stoner rock plus brut et plus lourd ? Ou aviez-vous déjà envisagé ce changement auparavant ?
Effectivement, ce changement de line-up a apporté de nouvelles influences à l’ensemble du groupe. La section rythmique, composée de Nina et Julien, a clairement « doomisé » notre musique grâce à son attrait pour des groupes comme Electric Wizard, Monolord ou Witchfinder. Nous n’avions pas envisagé cette évolution auparavant. À l’époque, nos influences se rapprochaient davantage de Slift, dont nous sommes toujours de grands fans par ailleurs.

"On est Myar, un groupe de Stoner de Lille. Notre style va du Psyché au Doom, tout en gardant aussi un côté Grunge."
Quelles sont vos influences, aussi bien musicales qu’extra-musicales (cinéma, théâtre, peinture, littérature, etc.) ?
Nous en avons déjà cité quelques-unes à la question précédente. Nous écoutons énormément Black Sabbath, Queens of the Stone Age, Electric Wizard, All Them Witches, Red Fang, Ty Segall, Fuzz, entre autres.
Concernant nos influences extra-musicales, nous nous inspirons de films aux thématiques assez sombres, comme Requiem for a Dream, de l’univers de Quentin Tarantino avec des œuvres comme Boulevard de la mort, mais aussi du thème de la procrastination, brillamment représenté dans The Big Lebowski. Nous sommes également de grands amateurs d’heroic fantasy ; nous aimons donc particulièrement évoquer dans nos textes des lutins, des arbres magiques et des druides.
Parlons un peu de votre album, sorti en avril dernier. Comment présenteriez-vous Bleak Mountains à nos lecteurs pour leur donner envie de le découvrir ?
Bleak Mountains rassemble l’ensemble du spectre de nos influences. C’est un album qui délivre une énergie brute, portée par des riffs puissants et des atmosphères contrastées. Nous y avons investi toute notre énergie, aussi bien dans la musique que dans l’aspect visuel, avec une pochette réalisée par le talentueux François Andries.
Qui a composé la musique et comment s’est déroulé le processus de composition ?
Nous composons majoritairement à quatre. Julien, notre batteur, est également un excellent pourvoyeur de riffs. Les morceaux naissent donc souvent autour d’un riff de guitare ou de basse, puis chacun apporte sa pierre à l’édifice afin de construire les arrangements et de faire évoluer le titre.
Qui s’est occupé des textes ? Quels sont les différents thèmes abordés ?
Les textes sont écrits par Victorien. Ils abordent des thématiques parfois très crues, comme les drogues dures, le contrôle des masses, l’amour ou encore la procrastination.
Mais comme nous aimons aussi ne pas trop nous prendre au sérieux, il nous arrive d’écrire des textes plus absurdes, inspirés de rêves peuplés de lutins, d’arbres magiques et de druides. C’est un peu une obsession chez nous.
Bleak Mountains a été enregistré au Grand Mix à Tourcoing. Pourquoi avoir choisi ce lieu, et pourquoi avoir opté pour un enregistrement en condition live ?
Nous avons eu la chance d’assurer la première partie de Mars Red Sky au Grand Mix le 25 janvier 2025, ce qui nous a permis de renforcer les liens avec son équipe. Par ailleurs, l’un des projets de Victorien avait déjà enregistré dans le studio du Grand Mix. Nous connaissions donc déjà bien les lieux ainsi qu’Édouard, notre ingénieur du son.
Nous avons choisi d’enregistrer l’album en condition live parce que cela correspond à notre manière de concevoir la musique. Beaucoup d’albums emblématiques des années 1960 et 1970 ont été enregistrés de cette façon. Étant fortement influencés par cette époque et par ces groupes, il nous semblait naturel de suivre cette approche afin de conserver toute l’énergie et l’authenticité de nos compositions.

"Notre album Bleak Mountains brasse tout le spectre de nos influences. Il délivre une énergie brute et des riffs puissants. Nous y avons mis toute notre énergie"
Vous avez deux morceaux particulièrement longs sur l’album, "As a Line" et "Ham Pie". Est-ce un format que vous appréciez particulièrement ? N’était-ce pas un peu risqué d’ouvrir Bleak Mountains avec un titre de plus de sept minutes ?
Les formats de six minutes et plus constituent pour nous un véritable parti pris, en cohérence avec le renouveau du groupe, le changement de nom et nos influences actuelles. Nous assumons davantage aujourd’hui le côté lent et immersif du doom, qui nous guide naturellement vers des riffs lourds et rugueux. Cette approche amène les morceaux à se développer sur des durées plus importantes.
Concernant l’ouverture de l’album, nous étions conscients que cela pouvait surprendre, mais nous avons préféré rester fidèles à notre identité plutôt que de chercher à répondre à un format plus conventionnel.
Vous semblez très attachés à votre région, le Nord. Le patrimoine local vous inspire-t-il également ? Cela pourrait-il expliquer le côté lourd, parfois presque doom, de votre musique ?
Oui, nous sommes fiers de notre région et nous aimons en évoquer les aspects positifs comme les plus sombres dans nos textes. Comme nous l’avons déjà mentionné, certains morceaux abordent notamment le contrôle des masses, une thématique qui fait écho à l’histoire du bassin minier.
L’influence de notre territoire se retrouve également dans l’identité visuelle du groupe. La pochette de Bleak Mountains met en avant des paysages emblématiques de la région, avec notamment les terrils et les cheminées héritées de l’industrie textile. Des éléments qui correspondent aussi parfaitement à l’esthétique stoner et doom que nous affectionnons.
Quels sont les projets de Myar pour l’année 2026 ?
Côté concerts, nous serons présents le 28 juin au Retro C Trop, aux côtés de Joan Jett, Ultra Vomit et de nombreux autres artistes. Nous jouerons également avec Glowsun et Dead Meadow au The Black Lab le 30 juillet.
Nous sommes actuellement en train de préparer notre programmation pour la rentrée et la fin de l’année 2026. D’ailleurs, si des programmateurs lisent cette interview, vous pouvez nous contacter à l’adresse suivante : myar.band@gmail.com.
Nous allons également sortir un projet en collaboration avec Joshua Murphy, avec qui nous avons eu la chance de partager une résidence artistique sur l’Urban Boat l’été dernier. Et d’autres projets sont en préparation, mais pour le moment, c’est encore top secret !
Un petit mot pour nos lecteurs ?
Venez nous voir en concert ! Ça ne se voit peut-être pas au premier abord, mais nous sommes gentils, promis !
MYAR ORIGINE : Lille LINE-UP : Victorien (chant, guitare), Nina (basse, chœurs), Paul (guitare), Julien (batterie, chant) MERCH : https://myar.bandcamp.com/album/bleak-mountains
FACEBOOK : TheWildDukes



