KO-MA
- Axl Meu
- il y a 8 heures
- 3 min de lecture
KO-MA est l'un des derniers groupes à s'être greffé à l'affiche du Hellfest Open Air ! Une étape marquante, et un nouveau succès débloqué amplement mérité pour le trio tourangeau qui a sorti en mars dernier son premier album Anthropolis : un album conceptuel dépeignant un univers sombre et dystopique.
Par Antoine Souchet
À quel moment l’idée de construire un album narratif autour d’une ville corrompue s’est-elle imposée ?
L’idée est venue très tôt, avec le titre en point de départ. Après avoir défini les thématiques et la trame narrative, Léo, notre chanteur, a écrit les paroles sur les premières maquettes, nourrissant une composition où musique et texte se sont influencés naturellement.
Votre disque se rapproche d’un roman noir, voire un thriller politique. Aviez-vous des références littéraires ou cinématographiques en tête en écrivant cette histoire ?
Notre inspiration puise dans la littérature et le cinéma, des fresques mafieuses comme Le Parrain ou Scarface aux thrillers sombres comme Seven ou Zodiac. L’influence de Christopher Nolan se ressent aussi, tout comme l’esthétique de Sin City. Côté littérature, l’écriture d’Albert Camus reste une référence majeure.
Le personnage de Tony, oligarque qui empoisonne la population, est particulièrement sombre. Représente-t-il une figure symbolique ou est-il inspiré de réalités contemporaines ?
Tony incarne une figure symbolique, nourrie de réalités contemporaines. Déshumanisé, il entraîne la société dans ses dérives : rongé par le profit, ce qui le maintien à flot devient aussi sa chute. Son parcours fait écho à la montée des comportements individualistes et autoritaires observés aujourd’hui.
Sur cet album, on comprend que la ville devient presque un personnage...
La ville incarne le collectif, qui nous façonne autant que nous le façonnons. En se rassemblant, les individus créent une entité à leur image, faite de compromis et de tensions. La personnifier permet de traduire ces dynamiques, à la fois salvatrices et destructrices.
Vos textes abordent l’anxiété, l’adversité, la résilience et la liberté. L’écriture est-elle une forme d’exutoire pour vous ?
Oui, clairement. L’écriture aide à structurer la pensée et à mieux comprendre ses émotions, comme une forme de méditation. Elle permet à la fois d’évacuer et de réfléchir, d’apporter certaines réponses ou simplement de se libérer de sentiments difficiles à exprimer.
L’ambiance dystopique de l’album a-t-elle influencé vos choix sonores, vos textures ou votre production ?
Dès le départ, la fiction a guidé le projet, avec une influence réciproque entre musique et texte. Le propos s’accorde aux ambiances bruitistes de l’album, mêlant densité et accélérations pour traduire la tension et la panique présentes dans les textes.

"Oui, clairement. L’écriture aide à structurer la pensée et à mieux comprendre ses émotions, comme une forme de méditation. Elle permet à la fois d’évacuer et de réfléchir, d’apporter certaines réponses ou simplement de se libérer de sentiments difficiles à exprimer."
Votre musique accompagne une fresque urbaine assez sombre. Cherchez-vous à traduire cette tension et cette violence dans le son ?
L’idée est de faire ressentir les thématiques et la psyché des personnages à travers les textes comme les ambiances sonores. Chaque composition, même instrumentale, a immédiatement suscité une intention singulière.
Si Anthropolis était un film, à quoi ressemblerait-il ?
L’histoire s’apparente à un thriller politico-policier teinté de fiction spéculative, aux enjeux philosophiques et sociétaux. Comme l’album, le film serait sombre, construit en portraits entremêlés, dans un univers urbain écrasant où la corruption domine.
Depuis 2022, vous avez enchaîné les concerts sur scène. Cela a-t-il changé dans votre identité musicale ?
Oui, vraiment. Nos morceaux doivent être éprouvés sur scène : c’est là que l’on affine certains détails et que l’on puise l’énergie pour le studio. Nos sessions improvisées de "noise" sont d’ailleurs nées sur scène, renforçant la dimension "bruitiste" et déstructurée de notre musique.
Votre musique oscille entre brutalité et passages plus éthérés. Comment reproduisez-vous cet équilibre en concert ?
Ce n’est pas toujours évident : redescendre après une intensité forte demande du temps, mais on s’y habitue. Gérer ces contrastes est un véritable apprentissage, d’où l’importance du live. Il faut maîtriser dans les passages calmes tout en déployant toute l’énergie nécessaire dans les moments les plus denses et violents.
KO-MA
ORIGINE : Tours
LINE-UP : Non-communiqué
FACEBOOK : KOMA.bandFR



