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FALL OF MESSIAH

  • Photo du rédacteur: Axl Meu
    Axl Meu
  • il y a 1 jour
  • 4 min de lecture

Fall of Messiah est un groupe hybride, transgenre, qui associe avec un talent certain le Post-Rock, le Screamo et le Post-Hardcore… C’est aussi, à sa création, un groupe de copains de très longue date voulant créer une musique très émotionnelle et intense. Pierre, batteur et chanteur, nous a accordé de son temps afin d’évoquer son nouvel album, Green Lands, marquant les vingt ans d’existence du combo.

Par Fred / photos : Thomas Grember

Le line-up est-il différent de celui des précédents albums ?

Sur Empty Colors (2016) et Senicarne (2020), nous avions trois guitares. Mais à la sortie du Covid, Matthieu (guitariste originel du groupe) a décidé de raccrocher les gants. Green Lands a donc été composé à deux guitares avec Ben et Martin. On a forcément réfléchi à ce qu’allait devenir Fall of Messiah, car c’est avant tout un groupe de relations humaines. Mais le départ de Matthieu a aussi mis en lumière notre volonté de composer quelque chose de nouveau. Et cela a eu une grosse influence sur la manière de composer et, je pense, sur le rendu final de l’album. Plus direct, plus brut dans les émotions, je pense qu’avec deux guitares, on a naturellement cherché à être davantage dans une recherche d’« urgence sonore », où il fallait que les compositions soient les plus percutantes possibles.


Senicarne date de 2020... On imagine qu'il y a eu du changement dans votre manière de procéder.

Green Lands est notre cinquième album studio, et je pense qu’il représente aussi davantage notre maturité en tant que groupe. Je dis maturité parce que je pense qu’on est arrivé là où l’on voulait aller avec le déroulé de l’album, c’était plus fluide, plus naturel. Aussi, je pense qu’on arrive mieux - enfin, j’espère - à faire appréhender l’album dans son ensemble : le concept, l’histoire de ce qu’on raconte. Je pense qu’il y avait cette volonté de laisser évoluer les compositions vers quelque chose de plus naturel également. C’est à mon sens un peu plus « rock », parfois un peu moins énervé qu’avant, mais toujours aussi intense.


Revenons-en au nouvel album : comment s’est déroulée sa genèse de Green Lands ? La composition vous a-t-elle pris plus de temps qu’à l’accoutumée ?

On a vraiment commencé à composer l’album en octobre 2022, à la suite de notre tournée européenne avec les copains de Chalk Hands. Matthieu ayant quitté le groupe juste après, en novembre, on a directement réservé une session de trois jours chez Clément Decrock, au Boss Hog Studio, pour se retrouver à 4 et bosser des morceaux. Green Lands a pris plus de temps du fait de l’évolution de nos vies également… on vieillit ! C’est une réalité, on a nos boulots et le Covid nous a fait évoluer professionnellement, certains ont des enfants… On voulait sortir quelque chose plus vite, mais ça ne venait pas, et quand c’est comme ça, on préfère ne pas forcer… Parfois, c’étaient deux mois complets de répétitions sans aucun nouveau morceau… Et comme dit précédemment, tu ajoutes à cela le fait de composer à deux guitares ; l’approche était différente et nous a aussi demandé plus de temps. Mais au final, on est très contents du résultat !



"Green Lands, c’est la fin d’un second triptyque qui a été amorcé avec Empty Colors, puis avec Senicarne. Là où Empty Colors parle de couleurs et de tristesse, Senicarne, lui, parle d’attachement, d’enracinement à certains lieux. Green Lands finalise les deux, à savoir la couleur ET le lieu, avec tout le recul que ces précédentes années nous ont apporté."


On vous sait attachés à vos racines et au monde rural, Green Lands est-il axé sur la nature et sa sauvegarde ?

Alors Green Lands est clairement un album qui parle de résilience et de trouver sa place dans un monde qui déçoit et va trop vite. Entre le Covid, Senicarne, où on a perdu notre label, nos vies personnelles qui parfois sont très chamboulées, ça a été intense en tant qu’humains ces dernières années ! J’ai eu personnellement une énorme remise en question due à la perte d’un proche, couplée à un besoin énorme de calme et de recherche de paix intérieure, et j’ai trouvé ce que je cherchais dans la randonnée. Il faut savoir qu’avec les autres membres de Fall of Messiah, on adore la nature et les randos. J’ai emménagé en 2021 au pied des Monts des Cats, et la proximité directe avec la nature et la forêt a changé ma vie. Ce calme que le silence te procure quand tu prends le temps d’écouter ce qu’il se passe autour. Green Lands, c’est ça : le fait de trouver sa place, sa paix intérieure, et clairement, on trouve la nôtre dans le calme et la beauté des paysages.


Est-il la continuité de vos précédentes sorties ?

Carrément ! Green Lands, c’est la fin d’un second triptyque qui a été amorcé avec Empty Colors, puis avec Senicarne. Là où Empty Colors parle de couleurs et de tristesse, Senicarne, lui, parle d’attachement, d’enracinement à certains lieux. Green Lands finalise les deux, à savoir la couleur ET le lieu, avec tout le recul que ces précédentes années nous ont apporté. Il y a moins de colère dans cet album, il est un peu plus axé sur le peu de sagesse qu’on a acquise.


La mélancolie est un sentiment que vous souhaitiez imposer à Green Lands ?

Ce n’est pas un élément que l’on travaille vraiment à l’avance, mais j’ai l’impression que tout ce qu’on fait est toujours hyper mélancolique (rires…). Plus sérieusement, je crois que ce sentiment s’impose de lui-même quand on compose, cette tristesse dans un riff, qu’il soit très calme et minimaliste ou, à l’inverse, hyper bourrin. On retombe toujours sur une dimension où l’on cherche à transmettre une émotion quand on compose ou quand on joue.

FALL OF MESSIAH

ORIGINE : Les Flandres (59)

LINE-UP : Sylvain Moulin (basse/voix) Martin Moulin (guitare/voix) Florent Gerbault (guitare) Pierre Bailleul (batterie/voix)

FACEBOOK : fallofmessiah



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