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ARMORED SAINT

  • Photo du rédacteur: Axl Meu
    Axl Meu
  • il y a 4 heures
  • 4 min de lecture

Cet été, les amateurs de heavy metal auront rendez-vous à l'Alcatraz Festival pour retrouver Armored Saint sur scène. Une apparition qui s'inscrit dans la tournée accompagnant Emotion Factory Reset, neuvième album d'un groupe qui, plus de quarante ans après ses débuts, continue d'évoluer sans renier son identité. Nous avons rencontré John Bush pour revenir sur ce nouvel opus, la méthode de travail du groupe et son histoire d'amour inachevée avec le public français.

Par Axl Meu

Emotion Factory Reset est votre premier album en six ans. Pourquoi une attente aussi longue ?

Le contexte n'a évidemment pas aidé. Punching The Sky est sorti juste avant la pandémie, ce qui a complètement chamboulé nos plans. Comme beaucoup de groupes, on a dû patienter avant de pouvoir repartir sur les routes. Dès que c'était possible, on a repris les concerts, notamment avec W.A.S.P. puis Queensrÿche, sans pour autant arrêter de composer. Les morceaux ont continué à prendre forme au fil des années, jusqu'au moment où nous avons enfin pu les enregistrer. Finalement, ces six années sont passées plus vite qu'on ne l'imagine.


Comment définiriez-vous ce nouvel album ?

Je parlerais davantage d'une évolution que d'un changement radical. Armored Saint a toujours eu cette volonté de ne pas s'enfermer dans un seul registre. Bien sûr, nos racines restent profondément ancrées dans le heavy metal, mais on aime aussi explorer des atmosphères plus mélodiques, plus émotionnelles, parfois même plus progressives. Avec Emotion Factory Reset, on a simplement cherché à aller encore un peu plus loin dans cette diversité, tout en restant fidèles à notre identité.


Vous continuez à travailler main dans la main avec Joey Vera. Comment fonctionne votre collaboration ?

Joey reste le principal architecte du groupe. Il prépare des démos très complètes qui servent de point de départ à tout le monde. Ensuite, chacun apporte ses idées, sa personnalité, sa sensibilité. Lui se charge ensuite d'assembler toutes les pièces du puzzle. Ce qui est important pour nous, c'est de conserver une part d'authenticité. Aujourd'hui, on peut rendre un enregistrement parfaitement lisse grâce aux outils numériques, mais nous préférons parfois garder une prise imparfaite si elle transmet davantage d'émotion.


Vous semblez avoir trouvé une formule qui fonctionne depuis longtemps...

Ce n'est pas vraiment une formule, justement. On essaie de conserver une approche instinctive. "Throwing Caution to the Wind", par exemple, est né avec l'envie de retrouver l'énergie de nos débuts. On est partis d'une idée simple, chacun a réagi naturellement, puis le morceau s'est construit presque tout seul. C'est cette spontanéité qui nous permet encore aujourd'hui d'éviter de tourner en rond.


"Buckeye" est l'un des morceaux les plus personnels de l'album...

Oui. Je l'ai écrit au moment où ma fille quittait la maison pour partir à l'université. C'est un moment étrange pour un parent : on est fier de la voir prendre son envol, mais on ressent aussi un certain vide. Je voulais partir de cette expérience très intime pour raconter quelque chose de plus universel. Cette chanson parle finalement de tous les départs, qu'il s'agisse d'un enfant qui grandit, d'une rupture ou de toute autre séparation.



"Armored Saint a toujours eu cette volonté de ne pas s'enfermer dans un seul registre. Bien sûr, nos racines restent profondément ancrées dans le heavy metal, mais on aime aussi explorer des atmosphères plus mélodiques, plus émotionnelles, parfois même plus progressives."


Le titre de l'album met justement les émotions au cœur du projet...

Complètement. Chaque disque reflète forcément une période de notre vie. Le mot "Factory" fait aussi référence à notre manière de travailler : chacun apporte sa contribution jusqu'à ce que tout s'assemble naturellement. Mais au-delà du concept, ce qui nous importe le plus, c'est que les chansons provoquent une réaction chez l'auditeur, quelle qu'elle soit.


March of the Saint est devenu un véritable classique du heavy metal. Quel regard portez-vous sur ce premier album ?

Il gardera toujours une place à part. C'était le disque de nos débuts, celui où tout était nouveau. On découvrait les studios, l'industrie musicale, sans vraiment mesurer ce qui nous arrivait. Avec le recul, j'en garde surtout le souvenir d'une période pleine d'enthousiasme, d'insouciance et d'excitation.


Quels sont les projets d'Armored Saint pour les prochains mois ?

Nous allons poursuivre la tournée européenne, notamment aux côtés de Testament, tout en participant à plusieurs festivals comme l'Alcatraz Festival ou le Brutal Assault. En revanche, il n'y aura malheureusement pas de passage en France cette fois-ci.


Justement, on a l'impression qu'Armored Saint joue très rarement en France. Comment expliquez-vous cela ?

Honnêtement, il n'y a aucune explication particulière. Ce n'est absolument pas un choix de notre part. Les opportunités ne se sont simplement jamais présentées au bon moment. Pourtant, j'ai énormément de souvenirs en France, notamment avec Anthrax, où nous avons souvent joué. Avec Armored Saint, nous sommes passés au Hellfest ou encore à Paris, mais nous n'avons jamais eu l'occasion de faire une véritable tournée dans le pays. C'est assez surprenant quand on y pense, parce qu'il y a des villes comme Lyon, Marseille ou Montpellier où nous n'avons pratiquement jamais joué. J'espère sincèrement que nous pourrons réparer cela prochainement, car nous avons toujours apprécié l'accueil du public français.

ORIGINE : Los Angeles, Californie, États-Unis (1982)

LINE-UP : John Bush (chant), Joey Vera (basse), Phil Sandoval (guitare), Jeff Duncan (guitare), Gonzo Sandoval (batterie)






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