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BACKSTAGE - Liønel Båålberith

  • Photo du rédacteur: Axl Meu
    Axl Meu
  • il y a 1 jour
  • 5 min de lecture

Rédacteur et photographe émérite de la scène Metal à travers la France et l’Europe depuis de nombreuses années, Liønel Båålberith a shooté et rencontré un nombre incalculable de groupes. Il a d’ailleurs recueilli ces échanges dans son livre paru en 2022 chez Camion Blanc, Confessions Backstage. Échange avec ce spécialiste des scènes extrêmes.

Par Elise Formanczak et Céline De Beer-Wozniczka

D’où t’est venue cette passion pour la photo et le reporting ?

J’ai toujours aimé la photo, et ce, depuis mon plus jeune âge, en prenant des clichés et en développant moi-même mes photos en noir et blanc. Mais la photo associée au reporting remonte à 2009. Je suis parti faire un tour d’Europe pour finalement arriver au Metalcamp en tant que festivalier. Ce qui est bien avec ce festival, perdu dans les merveilleuses montagnes slovènes, c’est que les concerts commencent vers 16 heures, ce qui permet de faire d’autres activités comme la pêche ou le kayak dans la vallée de la Soča. Je me suis alors pris au jeu : j’ai shooté des festivaliers sur des bouées de tracteurs en train de dériver sur l’eau, d’autres complètement recouverts de boue, et bien entendu les groupes sur scène. Satisfait de ce séjour, j’ai eu envie de le partager avec le plus grand nombre, car le festival n’était pas encore très connu en France. J’ai donc envoyé mes clichés à Metallian pour savoir si cela pouvait les intéresser, et ils les ont publiés. Ensuite, j’ai écrit au courrier des lecteurs de Rock Hard pour proposer mon “mini live report”, qu’ils ont publié également. L’année suivante, j’ai été contacté par La Grosse Radio, car j’avais créé mon blog (Born 666... Silence on recycle!) sur lequel on peut lire d’anciens articles spécialisés de la presse Rock et Hard Rock des années 80 : du premier Enfer Magazine d’avril 1983 à Kerrang!, en passant par Hard Rock Magazine, Metal Attack, Hit Parader, etc. Dès 2010, j’ai enchaîné avec les concerts, les festivals, les reportages, les interviews et les chroniques d’albums.



"J’ai toujours ce petit frisson quand je déclenche le premier cliché lors d’un concert, même pendant la première partie, car qui sait : ce seront peut-être les stars de demain ! Avant tout, je suis un fan de Metal, donc je suis toujours content de capter les expressions des musiciens que j’apprécie."

Après tout ce temps, éprouves-tu toujours cette même flamme à shooter en live malgré la concurrence dans le milieu ?

J’ai toujours ce petit frisson quand je déclenche le premier cliché lors d’un concert, même pendant la première partie, car qui sait : ce seront peut-être les stars de demain ! Avant tout, je suis un fan de Metal, donc je suis toujours content de capter les expressions des musiciens que j’apprécie. La concurrence existe, elle est motivante et nous pousse à aller de l’avant. En revanche, le jour où la concurrence de l’IA sera encore plus présente et que des drones shooteront à notre place (ce qui arrive déjà sur certains festivals), ce sera terminé. Tous les médias auront la même photo pour illustrer des reportages écrits à l’aide de l’intelligence artificielle. Un monde parfait…


Justement, le milieu évolue beaucoup. Est-ce que la difficulté que rencontre la presse à exister (notamment papier), ainsi que le développement de l’IA, amènent à une réflexion profonde sur la manière de communiquer aujourd’hui ?

Si l’on veut sauver notre manière de communiquer, de raconter des histoires, d’écrire et de photographier les groupes, il faut remettre de l’humanité dans ce que l’on fait, avec nos petites imperfections (tellement humaines). Car un monde parfait n’existe pas. Il faut arrêter de partager des images réalisées avec l’IA, où l’on voit des musiciens décédés arriver au “paradis des rockers” pour partager des bières avec Lemmy et Ozzy. Il en est de même pour les musiciens, qui doivent se battre face à cette nouvelle consommation musicale, où l’on trouve déjà plus de 35 % de musique générée par l’IA sur des plateformes comme Spotify. L’IA et TikTok tuent la créativité : les gens réfléchissent moins et deviennent donc moins créatifs.


 "Il faut arrêter de partager des images réalisées avec l’IA, où l’on voit des musiciens décédés arriver au “paradis des rockers” pour partager des bières avec Lemmy et Ozzy."


Auteur du livre Confessions Backstage, qu’est-ce qui t’a donné envie de poser sur papier toutes ces rencontres ? Comment parviens-tu à délier autant les langues des artistes, quel est ton secret ?

C’est grâce au Covid. On n’avait plus le droit de bouger à plus d’un kilomètre de chez nous : finis les concerts, finies les interviews. On n’avait plus le droit de vivre, juste de survivre dans un enclos surveillé. Pour m’échapper, j’allais à 200 mètres de chez moi, sur une petite place à Saint-Germain-en-Laye. Je faisais des brainstormings pour réfléchir à ce que je pouvais faire de mes nombreuses interviews et photos. Je ne voulais pas faire comme beaucoup d’autres, avec un livre du type “Le Metal de AC/DC à ZZ Top en passant par Iron Maiden et Motörhead” avec une simple description Wikipédia. J’ai donc choisi de trouver des thématiques récurrentes, au-delà des discours classiques sur l’enregistrement d’un album ou le travail du producteur. Pour délier les langues, il faut laisser passer les premières minutes de promotion, puis détendre l’atmosphère en parlant de leur vie, de leurs influences, de leur enfance ou encore des tournées.


Quelle est l’interview qui t’a le plus marqué ?

Celle avec Varg Vikernes de Burzum. Non pas pour les propos échangés, mais pour le contexte. Quelques mois après la publication, le Premier ministre de l’époque, Manuel Valls, l’a qualifié d’homme “susceptible de préparer un acte terroriste d’envergure” après son arrestation en Corrèze en juillet 2013. J’ai ensuite reçu un appel de notre rédacteur en chef m’indiquant que mon interview avait été diffusée sur BFM TV. La chaîne ne connaissant pas bien son passé, elle avait mis en avant la page de l’interview. Le nombre de vues a alors explosé : une belle publicité gratuite.


As-tu shooté et/ou rencontré tous les artistes que tu souhaitais, ou te reste-t-il encore quelques groupes à “cuisiner” ?

Dans l’ensemble, j’ai effectivement shooté tous les musiciens de la scène Black Metal que je voulais, et même au-delà. En revanche, bien que j’aie réalisé de nombreux clichés de Hoest de Taake, et même lorsqu’il a pris le micro chez Gorgoroth, je n’ai jamais réussi à l’interviewer. J’ai pourtant essayé à de nombreuses reprises : via son label Dark Essence Records ou son manager Bjørnar Nilsen. J’ai même partagé des bières avec lui et des amis communs, mais dès que la discussion prenait la direction d’une interview, il se retirait. Pour le “cuisiner”, il faudra peut-être demander conseil à Philippe Etchebest !



LIONEL / Born 666

CONFESSIONS BACKSTAGE

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