ITW - Cage Fight
- Axl Meu
- il y a 7 jours
- 6 min de lecture
Avec Exuvia, Cage Fight franchit un nouveau cap. Porté par James Monteith de TesseracT et la Française Rachel Aspe, ancienne chanteuse de Eths, le groupe britannique affine son identité entre hardcore, deathcore et metal moderne. À quelques jours de la sortie du disque et avant une série de festivals en France cet été, James est revenu avec nous sur l'identité sonore du groupe et son histoire.
Par Axl Meu
Tout d’abord, pour ceux qui ne connaissent pas encore Cage Fight, pouvez-vous nous parler du groupe et du projet ?
À la base, Cage Fight est né pendant le confinement, avec cette envie un peu spontanée de faire quelque chose de différent. Début 2021, Rachel Aspe avait posté une vidéo d’un cover sur Internet et expliqué dans sa bio qu’elle cherchait un groupe. Je suis tombé dessus et j’ai été bluffé par sa performance. Du coup, je lui ai envoyé un message… et vingt-quatre heures plus tard, elle enregistrait déjà les premières idées de ce qui allait devenir une des chansons du premier album. À partir de là, tout s’est enchaîné très vite. On a commencé à bosser avec notre batteur Nick, à échanger plein d’idées, écrire énormément de morceaux et surtout prendre beaucoup de plaisir. Et maintenant, quatre ou cinq ans plus tard, on se retrouve avec notre deuxième album, Exuvia. C’est assez fou quand on y pense.
Ce n’est pas trop compliqué de gérer Cage Fight en parallèle de TesseracT ?
Si, honnêtement, ça l’a parfois été. Au début, je ne pensais pas du tout que Cage Fight allait prendre une telle ampleur. Tout s’est développé beaucoup plus vite que prévu. Du coup, j’ai parfois dû faire appel à des remplaçants sur certaines dates. Sur la tournée du premier album, Will Horsman m’a remplacé sur quelques festivals et concerts. Puis quand notre ancien bassiste est parti, c’est devenu assez naturel qu’il rejoigne le groupe de façon permanente. Aujourd’hui, on a aussi Dave, un autre guitariste, qui peut prendre le relais quand les plannings deviennent impossibles à gérer. J’essaie d’être présent sur un maximum de concerts, mais parfois les agendas se chevauchent et on n’a pas vraiment le choix.
Rachel vit aussi à Londres ? Tout le monde est basé là-bas ?
Oui, globalement oui. Will et Nick vivent un peu au nord de Londres, légèrement en dehors de la ville, mais on est tous dans la même région.
Quel était le point de départ de ce nouvel album ? Vous vouliez faire quoi différemment par rapport au premier disque ?
Je pense que la grosse différence, c’est surtout le temps. Le premier album est allé très vite : on l’a enregistré alors qu’on se connaissait depuis à peine six mois. On fonçait sans trop réfléchir. En plus, notre ancien bassiste avait composé une grande partie des morceaux. Cette fois, on a vraiment eu le temps d’apprendre à se connaître, de comprendre les goûts musicaux de chacun et surtout d’oser expérimenter davantage. L’autre énorme changement, c’est Rachel. Elle a pris une place centrale dans l’écriture des textes. Avant ça, elle n’avait jamais vraiment écrit de paroles en anglais, donc au départ elle ne se sentait pas forcément très à l’aise. Mais avec le temps et tout ce qu’elle a traversé personnellement, elle a découvert que l’écriture pouvait être quelque chose de très thérapeutique, presque cathartique. Elle a commencé avec “I Hate Your Guts”, puis elle s’est mise à écrire des choses beaucoup plus personnelles. Finalement, la majorité des paroles de l’album sont arrivées assez naturellement, et on a ensuite construit les morceaux autour de ces textes.
Je crois que cet album, c’était surtout l’envie d’explorer plus loin nos influences et nos idées en tant que groupe. Et au final, j’ai vraiment l’impression qu’on a trouvé notre vraie identité sonore. Et puis oui, il y a aussi plusieurs chansons en français : “Le Déni”, “L’Élégie”, “Un Bon Souvenir”…

"“Un Bon Souvenir” contient aussi plusieurs passages en français et évoque notamment son expérience dans Eths. C’était important pour elle de garder cette dimension-là parce que ça fait complètement partie de son identité."
Justement, j’aimerais en savoir plus sur ces morceaux en français. Vous comprenez ce que Rachel raconte ?
Oui, quand même ! J’ai appris le français à l’école. Bon… mon français aujourd’hui est catastrophique, donc je vais éviter de le parler ! (rires) Mais on comprend pas mal de choses, et Google Translate aide beaucoup aussi.
“L’Âge” est une chanson très personnelle pour Rachel. Elle parle notamment de son grand-père, avec qui elle était très proche. Elle voulait absolument écrire ce morceau en français pour transmettre ses émotions de la manière la plus sincère possible.
“Un Bon Souvenir” contient aussi plusieurs passages en français et évoque notamment son expérience dans Eths. C’était important pour elle de garder cette dimension-là parce que ça fait complètement partie de son identité.
Et puis “La Demise” agit un peu comme une préquelle du morceau-titre de l’album. La chanson parle de sa grand-mère qui se battait contre le cancer. Là encore, le français s’est imposé naturellement parce que le sujet était très intime.
Quelles sont justement les grandes thématiques de l’album ?
Le thème principal, c’est clairement la renaissance et les nouveaux départs. Le mot Exuvia désigne le fait de changer de peau, et ça colle parfaitement à ce qu’on vit comme groupe : un nouveau son, une nouvelle direction artistique… Mais ça reflète aussi le parcours personnel de Rachel après tous les traumatismes qu’elle évoque dans les textes. Elle considère vraiment que l’écriture de cet album lui a permis de devenir une nouvelle personne. Il y a aussi tout le parallèle avec le combat de sa grand-mère contre le cancer. Le masque qu’on retrouve dans l’imagerie de l’album symbolise un peu tout ce qu’on peut porter intérieurement : les traumatismes, l’anxiété, le stress… Beaucoup de chansons tournent autour de cette idée-là.
J’aimerais parler des invités présents sur l’album, notamment Julien Truchan sur “Pick Your Fighter”. Comment cette collaboration s’est-elle faite ?
Quand on a écrit “Pick Your Fighter”, on voulait vraiment faire un morceau fun, très énergique. Et à la base, l’idée venait d’une chanson de pop française : “Et c’est parti…” de Nâdiya. Je ne sais pas si tu connais… (rires) En France, tout le monde connaît ce morceau, alors qu’au Royaume-Uni absolument personne n’en a entendu parler. Au départ, c’était presque une blague entre nous. Mais en réécoutant le morceau, je me suis rendu compte que le groove et le rythme étaient vraiment intéressants. Du coup, on s’en est inspirés. Si vous comparez les deux morceaux, vous entendrez clairement certaines similitudes dans le rythme et les patterns vocaux. Comme le titre avait un côté très fun, on s’est dit que c’était le moment parfait pour inviter quelqu’un. Et vu que l’inspiration venait de France, il nous fallait forcément un invité français. Rachel connaît Julien depuis l’époque d’Eths, donc il était notre premier choix. Elle lui a demandé et il a accepté immédiatement. Cet été, on va partager plusieurs dates avec Benighted, donc on espère vraiment qu’il pourra nous rejoindre sur scène sur ce morceau.
On te connaît surtout grâce à TesseracT, qui reste un groupe très prog. Cage Fight est beaucoup plus hardcore/deathcore. C’est difficile de passer d’un univers à l’autre ?
En fait, Cage Fight me permet surtout d’exprimer quelque chose que je ne peux pas forcément faire dans TesseracT. J’ai grandi avec le metal extrême et toute la scène hardcore bien lourde : Biohazard, Terror, Hatebreed… ce genre de groupes.
J’avais envie de faire une musique plus viscérale, plus directe, plus spontanée aussi. Quelque chose d’énergique, sans forcément trop intellectualiser chaque détail.
L’album sort dans deux jours et vous avez énormément de concerts prévus en France cet été : Xtrem Fest, Motocultor… On sent que la France occupe une place particulière pour vous. Comment vous vivez cette relation avec le public français ?
On est vraiment super excités. Rachel rêvait depuis longtemps de jouer en France avec le groupe. Jusqu’ici, on n’avait fait qu’un petit concert à Lille il y a quelques années.
À La Bulle Café ?
Oui, exactement, je crois que c’était là-bas ! Et maintenant, on se retrouve avec sept festivals prévus en France cet été, ce qui est complètement dingue. On a vraiment envie de jouer le plus possible et de développer notre public là-bas. Le fait que Rachel soit française aide forcément à créer un lien particulier avec le public français. Et puis personnellement, j’adore la France : la nourriture, l’ambiance, la culture… J’aime vraiment passer du temps ici.
CAGE FIGHT
ORIGINE : Londres, Royaume-Uni
LINE UP : Rachel Aspe (chant), James Monteith (guitare), Will Horsman (basse), Nick Plews (batterie)
FACEBOOK : CageFightLDN



