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DANS TON ART - Korsakov & Anosognosia

Le premier de chaque mois, notre rédacteur Flavien Minne vous raconte la petite histoire des artworks qui ont fait les grands albums, voire les grands artistes. A l’occasion du concert de Der Weg Einer Freiheit qui aura lieu le 27 février prochain à The Black Lab,  en compagnie du duo lillois Korsakov, Flavien décortique la pochette de Anosognosia, qui est l'oeuvre d'une grande artiste de la métropole lilloise.

Par Flavien Minne

 

 

Le 11 Avril 2025, A aux instruments et E au chant, deux frères mais « pas de la même mère » comme ils se décrivent eux-mêmes, nous délivrent leur deuxième opus Anosognosia, sorti chez Source Atone Records, qui produit déjà Berlial, Usquam et désormais Exil. Sept titres nommés sobrement de “VII” à “XIII”, faisant suite au premier album Pogruzhal (« immerger » en russe).

L’immersion se fait ici dans les méandres de la mémoire et des troubles neurologiques. A et E utilisent l’alphabet cyrillique afin de renforcer l’aspect mystérieux de ces pathologies. Et de pathologie, il en est question avec ce duo.



Le syndrome, ou démence,  de Korsakoff est causé par une carence du cerveau en vitamine B1, liée à une consommation excessive d'alcool, se manifestant, entre autres, par une perte de mémoire et une tendance à l’affabulation. Ayant eu des proches touchés par cette aliénation, A et E se servent de ce syndrome pour le concept de leur musique, en explorant le passé qui n’a jamais existé et en oubliant le temps présent. Pour matérialiser celui-ci, E ne chante pas des paroles mais il utilise ce qu’il appelle le chant spontané : des cris pour exprimer la douleur.

Ainsi, pour son deuxième album, le duo traite de l’anosognosie, qui est une incapacité pour un patient de prendre conscience de son état.

Pour illustrer Anosognosia, quoi de mieux qu’une œuvre en adéquation avec le thème, mais également signée par une amie proche : Jeanne Smith.



Née à Lille en 1989, Jeanne Smith fait ses études d’art aux Beaux-Arts de Pau ainsi qu’à l’école Saint-Luc de Tournai. La plasticienne reçoit le Diplôme national des Beaux-Arts en 2011 et celui des Beaux-Arts Plastiques de Tourcoing avec les félicitations du Jury, deux ans plus tard.

Sa rencontre avec Alain Buyse, reconnu Maître d’Art en Sérigraphie par le ministère de la culture en 2004, va déterminer son travail. Depuis, Jeanne Smith joue avec les matières en découpant des carnets, en magnifiant des boîtes d’allumettes. Avec sa série de sérigraphies Rémanances, elle remplace l’encre traditionnelle par du charbon, ou encore, elle combine porcelaine et papier dans sa série Par Le Feu.



Et c’est précisément l’une de ses œuvres de cette série qui magnifie l’album des Korsakov : Jeanne Smith, à travers son art, est proche de l'œuvre du groupe, exploitant les thèmes de la mémoire, de l’empreinte du temps et des traces disparues.

Le travail présenté est d’une blancheur froide, tranchant avec les codes du Black Metal, évoquant l’univers hospitalier mais aussi symbolisant le vide mental.

La structure est composée de porcelaine et de papier, matériaux ô combien fragiles, comme l’esprit face à la maladie.

L’aspect méandreux et rongé est à l’image du cerveau altéré par les lésions que causent l’anosognosie.

Cette œuvre d’art était donc parfaite pour illustrer la pochette de Korsakov, évoquant cette maladie dégénérative.


 

Mais, après avoir lu cette chronique, pourquoi ne pas la rencontrer ? Soit dans son atelier du collectif L’Ardente qu’elle a créé, au LAM de Villeneuve d’Ascq  où elle est guide conférencière, ou encore lors d’expositions :  ses œuvres ont été présentées de Lille à Sofia, de Tourcoing à Berlin et de Roubaix à Barcelone.

Et pour une fois, nous vous conseillons de laisser vos écouteurs pour vous imprégner pleinement de son travail. Vous écouterez “IX”, plus tard.

 


 
 
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