HEAVY SOUND 2026
- Axl Meu
- il y a 8 heures
- 5 min de lecture
Pour tout amateur de heavy metal, le simple fait d’évoquer le festival Heavy Sound met des étoiles dans les yeux. Entre 1983 et 1985, le festival belge a marqué les esprits en accueillant notamment Slayer et Metallica. Depuis, le festival a connu plusieurs vies et, plus de trente ans après sa création, il est de retour à Poperinge pour une édition prometteuse avec de grands noms de la scène heavy. La salle du Maeke Blyde accueille le festival et elle va afficher quasi complet.
Par Franck Lasselle / Photos : Moris DC
La journée démarre avec Existance. Le concert est particulier pour Julian Izard dont le père, Didier, a joué ici en 1984 avec H-Bomb. Porté par un public bouillant, le groupe cartonne avec un heavy épique et rapide. « Wildfire », « Dead Or Alive », « Power Of The Gods » ou « Eternal Flame » sont des bombes parfaitement exécutées avec un Julian excellent dans les aigus. Avec Antoine, il signe des riffs et des soli dignes de l’âge d’or du heavy metal. Le final, avec trois reprises de H-Bomb, dont le fabuleux « Gwendoline », ravit une foule d’amateurs de la légende française. Existance a frappé fort et confirme une énorme montée en puissance avec une classe folle.

Avec Elixir, on retrouve un membre de la NWOBHM qui a fait parler de lui avec « The Son Of Odin ». Le concert débute avec « Moonlight », « Sovereign Remedy » et « Light In Your Heart », trois solides titres de heavy classique portés par la voix puissante de Paul Taylor. Puis « The Son Of Odin » est joué en entier. « Pandora’s Box », « Hold High The Flame », « Trial By Fire » et « Starflight » sont de splendides moments de heavy épique portés par des refrains fédérateurs ainsi que par des riffs et des soli bouillants. Le final sur « Son Of Odin » est parfait. Elixir a proposé un concert de grande qualité et le redécouvrir a été un véritable plaisir.

Autre nom de la NWOBHM, Tytan a connu une carrière courte avant de revenir en 2012 avec Kevin Riddles. Le légendaire chanteur nous a quittés en 2025, mais Tytan continue sa route pour lui rendre hommage. Le cœur du concert est consacré au classique « Rough Justice ». Portés par un Mark Hale au chant puissant et clair, « Don’t Play Their Way », « Cold Bitch », « Women On The Frontline », « The Watcher » et « Blind Men & Fools » sont des pépites de heavy classique. « See You In Hell », reprise de Grim Reaper, cartonne grâce à un refrain fabuleux. Tytan a proposé un splendide concert en forme de parfait hommage à Riddles.

Avec Girlschool, le festival accueille une légende du hard rock anglais. Dès « Demolition Boys », les filles montrent une belle forme. Le ton hard rock fait effet avec un côté nerveux. « C’Mon Let’s Go » est direct, porté par le timbre éraillé de Kim. « Hit And Run », « Guilty As Sin », « Kick It Down » ou « Nothing To Lose » font taper du pied dans un esprit old school. « It Is What It Is » permet une belle jam entre basse et batterie. « Race With The Devil », emprunté à Gun, et « Bomber », reprise de Motörhead, mettent le feu. Le classique « Emergency » achève la foule, porté par un refrain énorme et une urgence punk. Girlschool a montré une très belle forme.

Raven est un autre grand nom de la scène heavy anglaise. L’entame sur « Can’t Take Away The Fire » est énergique. La voix éraillée de John est parfaite et la puissance dégagée fait merveille. Le trio est en forme et les tueries s’enchaînent. « Hell Patrol », « Top Of The Mountain », « All For One » ou « Faster Than The Speed Of Light » sont des claques dotées de refrains fédérateurs et de solides riffs et soli. Le final avec « On And On », « Break The Chain » et « Chain Saw » est intense. Au milieu, le medley de titres metal légendaires a fait effet sur la foule avec une belle dédicace à Ozzy. Raven a été énorme ; le poids des ans semble ne pas exister pour les frères Gallagher. Le groupe a signé l’un des grands concerts de la journée.

Angel Witch, c’est le groupe d’un premier album culte sorti en 1980. Depuis, il y a eu des hauts et des bas, mais Kevin Heybourne tient solidement la barre. Basé sur ce premier album, le concert démarre fort avec « Atlantis ». La voix éraillée de Kevin possède un côté sombre idéal. Le ton épique fait effet et plonge le public dans l’âge d’or du heavy metal. Les titres s’enchaînent avec efficacité. Kevin est peu bavard et assez froid, mais cela colle parfaitement à l’ambiance occulte des morceaux. « Into The Dark », « Confused », « Sorceress » ou « The Night Is Calling » sont parfaits avec leur ton heavy à l’ancienne. Le final avec les classiques « Baphomet » et « Angel Witch » est une célébration qui électrise la foule. Angel Witch a donné un concert solide confirmant son statut culte.

Avant le final, un petit film sur les éditions de 1984 et 1985 est diffusé avec Slayer et Metallica, ainsi qu’un mot sympathique de ces derniers pour le festival.
Il est tard quand Lee Aaron débarque et nous ne pouvons assister qu’au début du concert. Cela sera suffisant pour constater que la Canadienne est en forme après plus de quarante années de carrière. L’entame avec une version courte de « Metal Queen » est idéale. Cette claque hard rock fait taper du pied, portée par la voix éraillée et délicieuse de Lee. La suite avec « Hot To Be Rocked », « Powerline / Lady Of The Darkest Night » et « Fire And Gasoline » est savoureuse. Le ton hard mélodique typiquement années 80 est particulièrement sympathique. Il se dégage une belle énergie ; Lee est en grande forme et l’on apprécie des refrains bien troussés et fédérateurs ainsi que des soli diablement heavy. Nous quittons la salle à regret, mais avec le plaisir d’avoir vu une Lee Aaron au sommet de sa forme.

Cette édition du Heavy Sound a été une réussite totale. Chaque groupe a enchanté une foule motivée et cela a donné lieu à une splendide célébration du heavy metal. Le festival a réussi son retour de la meilleure des manières ; sa renaissance a été parfaite. Il ne reste plus qu’à remercier chaleureusement les organisateurs pour leur accueil et leur sympathie.



