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Kreator + Carcass + Exodus + Nails (Ancienne Belgique - Bruxelles)

A peine quelques jours après avoir pointé le bout de son nez, le printemps nous a conduit sur les routes belges, direction L’Ancienne Belgique, pour la colossale tournée «Krushers Of The World Tour » réunissant Kreator, Carcass, Exodus et Nails. Une telle affiche à deux pas de chez nous ne pouvait pas nous laisser indifférents, et c’est donc avec un enthousiasme non dissimulé que nous franchissons la magnifique enceinte bruxelloise pour 4h d’intenses vibrations.


Par Fred VDP / Photos : Axl Meu


Le soleil ayant décidé de nous accompagner, nous profitons d’une belle avance pour nous balader dans la capitale belge et de profiter de ses curiosités, à l’image du bar Le Cercueil qui nous plonge dans l’ambiance du soir. Et c’est à 17h50 pile (vraiment tôt pour un concert en semaine) que Nails débarque sur scène. Visiblement heureux d’ouvrir cette tournée, les Américains font une démonstration de force et de puissance d’entrée de jeu. A l’instar de Todd Jones, le frontman, énergique et tonitruant, le groupe secoue les enceintes dans tous les sens, déroule son set proprement, avec des pointes d’activité sur “Violence is Forever”, “Endless Resistance” et “Unsilent Death” qui clôture la prestation de Nails, à la hauteur de l’événement. De quoi se mettre l’eau à la bouche !

 

Lorsque Exodus a annoncé, l’an dernier, le départ de Steve Souza pour le retour inattendu de Rob Dukes au chant, bon nombre d’entre nous avions déjà scruté les annonces de concert afin de retrouver l’inusable chanteur au-devant de la scène. C’est donc naturellement que le public offre au frontman une belle ovation lors de son entrée. Les Thrashers californiens vont nous en mettre plein la vue et les oreilles pendant quasiment 45 minutes. C’est du lourd, du costaud, et on a surtout l’impression que Exodus n’a rien perdu de sa fraicheur malgré ses 47 années de carrière ! Aux côtés des incontournables et classiques “Bonded By Blood”, “A Lesson  In Violence” et “The Toxic Waltz” (avec l’intro de “Raining Blood” de Slayer en bonus), les nouveaux titres du petit dernier, Goliath, font pâle figure, même si l’adrénaline liée au concert embellissent des riffs qui nous ont paru quelque peu réchauffés sur l’album. Quoi qu’on en dise, Exodus nous a à nouveau bluffé avec son set généreux, et l’on aurait aimé en entendre davantage. Une prochaine fois sans doute.

 

Parce qu’une question nous a très vite traversé l’esprit : malgré toute l’estime et le respect que nous avons pour Carcass, Jeff Walker et l’impressionnante carrière du groupe, nous ne comprenons toujours pas pourquoi Exodus ait été placé en deuxième position sur cette tournée ? Certes, le show des Britanniques est carré, précis, sans faute, mais force est de constater qu’après avoir allumé une sacrée brèche, Carcass fait retomber l’atmosphère qui était électrique, et le public semble avoir du mal à s’y retrouver, si ce n’est les quelques indécrottables énervés qui continuent à faire du Stage Diving au grand désarroi du chanteur que cela laisse de marbre. Mais rassurez-vous, au-delà de nos interrogations, Carcass fait le taff, enchaine les titres avec une véritable envie de donner un maximum, prend autant de plaisir que nous en avons à entendre « Buried Dreams », « Incarnated Solvent Abuse », « Tomorrow Belongs To Nobody » et « Heartwork », aux côtés des titres plus récents qui se fondent parfaitement dans la setlist. Au final, la prestation de Carcass est très convaincante, on aurait juste aimé les entendre plus tôt dans la soirée.

 

D’autant qu’à l’ouverture du rideau sur l’impressionnante et envahissante scénographie de Kreator, le public comprend très vite la dimension supérieure que revêt la formation allemande sur cette tournée. L’expression “s’en prendre plein la vue” n’aura jamais été aussi bien exprimée qu’à travers la mise en scène de la troupe emmenée par Mille Petrozza. Nous en avons pour notre dû : de la technique, notamment sous les doigts de notre frenchy Fred Leclercq et du redoutable Ventor à la batterie ; de la tonicité sur les remuants “Enemy Of God”, “Hordes Of Chaos” et “Phantom Antichrist” ; de la nostalgie avec “Betrayer”, “Endless Pain” et l’incontournable “Pleasure To Kill” ; mais surtout une excellente maitrise de la communication, une habile façon d’embarquer le public et une aura exceptionnelle de la part de Mille qui reste une icône absolue du Thrash et du Metal de manière globale.

 


On sort donc ravi de cette soirée de grande qualité, avec quatre formations qui n’ont en rien perdu de leur talent et de leur envie d’être proche du public. Mention particulière à l’AB qui reste une salle facile d’accès, au son parfait et à l’ambiance chaleureuse !

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