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HELLFEST OPEN AIR 2026 (Flavien Minne)

  • Photo du rédacteur: Axl Meu
    Axl Meu
  • il y a 9 heures
  • 6 min de lecture

Ah, quel bonheur de retrouver les terres clissonnaises ! Pour la huitième fois, et la première avec Laurie, ma compagne, je suis retourné au Hellfest… Autant dire qu’elle me servira de petite voix de la raison, et moi de guide.

Par Flavien Minne / Photos : Meli Vas

JEUDI 18 JUIN :

Les brumisateurs géants sont déjà à pied d'œuvre face à l’incandescence solaire. Ozzy, honoré par une immense statue de bronze, semble nous accueillir sur le seuil de sa demeure. L’attente pour passer la cathédrale est longue, comme à son habitude, ce qui nous fait rater Skaphos et We Came As Romans. Qu'à cela ne tienne, je me rattrape avec Perchta. Ces Autrichiens dévoilent un black folk inspiré des traditions slaves et germaniques, sublimé par la chanteuse du même nom. Le temps de se rafraîchir, l’air étant déjà très chaud, et les Italiens de Devangelic enflamment l’Altar.




En règle générale, il est rare que je traîne mes guêtres sur les Main Stages, mais j’étais intrigué par le phénomène du moment, The Pretty Reckless, avec à sa tête l’actrice Taylor Momsen, puis par Breaking Benjamin, en attendant Alice Cooper. À 78 ans, Vincent Furnier a toujours la pêche sur scène et nous propose un show toujours aussi théâtral autour de ses classiques "School's Out" et "Poison". Comme tout l’auditoire, j’ai été subjugué par sa talentueuse guitariste de 23 ans, Anna Cara, au charisme impressionnant. Après l’hommage rendu à Ozzy Osbourne, Bring Me The Horizon finit de faire fondre le goudron. Nous terminons cette première journée avec Feuerschwanz et son metal festif qui fait danser toute la Temple (même moi) sur "Knight Klub" et sa reprise de "Numa Numa" d’O-Zone… Allez, zou, au lit ! Demain sera une grosse journée.




VENDREDI 19 JUIN :

Dès le matin, l’astre solaire nous accable. L’Altar et la Temple deviennent rapidement des étuves, surtout avec l’indus improbable des Espagnols de Killus et le death metal féminin et ravageur de Crypta.



Un petit tour à l’Extreme Market, nageant dans une moiteur torride, où nous avons la chance de rencontrer Cédric Sire, auteur et grand amateur de metal, venu dédicacer son dernier roman au stand des Éditions des Flammes Noires. Petite cerise sur le gâteau, Will Argunas, qui a réalisé l’artwork du dernier album des Bâtards du Roi, me signe la pochette de mon vinyle.



Mais il est déjà temps de retourner aux Main Stages pour voir ou revoir de vieux groupes comme Accept, Queensrÿche et Helloween, mais aussi les Indiens de Bloodywood, mêlant sonorités électriques et instruments traditionnels sans jamais tomber dans la caricature, et évidemment Sepultura, assisté de Frédéric Leclercq, Fernanda Lira de Crypta et Alissa White-Gluz, cette dernière étant également intervenue sur le stand de Savage Lands.



Un trop long passage au Sanctuary, histoire de ramener un souvenir, et c’est déjà l’heure de Rotting Christ, qui nous offre un show d’anthologie, avec un Sakis Tolis visiblement très heureux d’être là. La fin du concert des Hellènes empiète sur celui d’Iron Maiden. Le set est inchangé et reste le même que celui de la tournée, mais avec un son parfait, sans le moindre couac de Janick Gers pendant ses habituels ronds de jambes. Deux heures de show spectaculaire qui font du bien en toute circonstance. Le public chante à tue-tête tous les classiques, de "Rime of the Ancient Mariner" à "Wasted Years".



Cet auditoire attend également le set très visuel de Sabaton, qui revient à Clisson après avoir sauvé le Hellfest il y a quelques années, à la suite de la défection de Manowar. Pour ma part, c’est une petite déception. Après cinq morceaux, j’ai l’impression que la rythmique est toujours la même et le concert m’a paru long, contrairement au ressenti du public. Il faut néanmoins reconnaître que la bande de Joakim Brodén possède une énorme prestance sur scène.



Mais voici nos régionaux de l’étape : Ultra Vomit, contraint d’annuler sa venue l’année dernière à la suite de l’opération du dos de Fétus. Gonflé à bloc, le quatuor nous annonce que nous allons être "Blu-rayisés". Aidé par l’écran géant, UV nous délivre un show d’une heure, plus court que celui des Zénith, mais avec quelques surprises, comme la présence de Christian Andreu de Gojira sur "Calogira" et une Minute Manard sans Lio, mais avec Ozzy Osbourne. Malgré quelques coupes franches, Ultra Vomit régale ses fans, de "Évier Metal" à "Kammthaar", en passant par "Je collectionne des canards (vivants)" et "Tikawahukwa". Encore une journée bien remplie, passée à la vitesse de l’éclair.



SAMEDI 20 JUIN :

Samedi matin, ça commence à tirer. La canicule s’amplifie encore. L’organisme souffre, et l’organisation aussi. Pour protéger le site et les festivaliers, la préfecture annonce l’annulation du feu d’artifice et la limitation de la vente d’alcool pour le lendemain. Mais cela ne nous empêche pas d’aller saluer les copains de LocoMuerte dès 10 h 30 sur la Main Stage. Steeven El Termito et ses acolytes mettent le feu, comme à leur habitude, et profitent à fond de ce rêve de gosse, comme ils le disent eux-mêmes.



Le programme des Main Stages sera fortement perturbé jusqu’en début de soirée avec l’annulation de Tom Morello et surtout celle de Cavalera Conspiracy, leur bus ayant eu un accident. Ainsi, Enhancer a pu revenir devant un public plus dense que prévu, en nous faisant la surprise d’accueillir, entre autres, JoeyStarr en guest.



Pour ma part, l’équipe de programmation a dû penser à moi : les Suisses de Vigljos ont livré une magnifique prestation, suivis des Américains de Hulder, très D.N.S., de Non Est Deus, de 1914, du formidable concert de Gaerea et d’une set-list de rêve pour Septicflesh, malgré un son extérieur affreux et des "My friends" répétés qui cassent le rythme. De retour sur les Main Stages pour nous placer au mieux en vue des têtes d’affiche, nous avons dû subir la piètre performance d’A Perfect Circle, ainsi qu’un Megadeth en fin de parcours.



Limp Bizkit remet tout le monde en selle. Avec sa coupe de daron tranchant avec l’excentricité de Wes Borland, Fred Durst tape tout de suite dans le dur avec la reprise de "Faith". Suivent les grands titres des Floridiens et un poignant hommage à Sam Rivers, décédé l’année dernière. Le samedi se termine sur de l’improbable : du black metal sur la Main Stage. Behemoth nous offre un show d’une grande élégance, entre flammes et tenues baroques, devant un parterre encore très chargé. Du bonheur pour le fan que je suis.



DIMANCHE 21 JUIN :


Dimanche, nous avons fait un peu relâche. Au gîte, le dernier jour, c’est la traditionnelle dégustation "huîtres-Muscadet" à 11 h. Nous arrivons donc vers 13 h, accablés par les UV et les degrés, pour voir malheureusement Sublime Cadaveric Decomposition galérer avec les réglages, conséquence des conditions extrêmes, malgré un excellent set. Après avoir salué les membres de Thy Light, que j’ai eu la chance d’accueillir lors du dernier In Theatrum Denonium, les Brésiliens font littéralement s’envoler nos esprits à travers cinq titres. Il faut bien un tour de grande roue pour prolonger la rêverie pendant que Pennywise s’époumone.

À peine redescendus, nous affrontons la lourdeur de Gehenna, l’univers de Wolves in the Throne Room, en attendant les classiques de Marduk. Ma déception est grande… L’accès à l’Altar est impossible. Cette année, pas de Napalm Death, pas de "You Suffer". Bon… Ce n’est pas comme si je les avais déjà vus 6 347 fois. Du coup, allons jeter un coup d’œil à Bad Omens… Pas mal, cette musique pour "djeuns" !


Une légende conclut mon Hellfest. Mayhem monte sur scène. Les pères du black metal, avec pour seul rescapé originel Necrobutcher, n’ont rien perdu de leur superbe. Attila Csihar, au chant, passant d’une tenue d’évêque malsain brandissant un crucifix inversé en os à celle d’un belligérant, oscille entre morceaux plus récents et classiques cultissimes comme "Freezing Moon" et "Pure Fucking Armageddon", le tout ponctué d’images d’archives rendant hommage à Euronymous. Le set et le show sont énormes, comme à chacune des sorties de Mayhem.


Les lumières de la Temple se rallument. Il est temps de rentrer. La nostalgie prend déjà le pas sur l’euphorie. Nous écoutons les dernières notes de The Offspring pour ne rien manquer. Malgré des conditions infernales, qu’il est beau, ce Hellfest. Si c’est ça l’Enfer, alors, résolument, je veux bien être damné.



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