ITW - Hällas
- Axl Meu
- il y a 1 jour
- 5 min de lecture
Avec ses sonorités rétro venues d’un autre monde, Hällas est devenu en quelques années l’une des références majeures du rock / hard / prog des années 2010–2020. Dernièrement, le groupe a fait paraître Panorama (Aventÿr Records), un album concept ouvert par le génial « Above The Continuum ». Pour notre premier entretien avec Hällas, nous avons échangé avec Nicklas Malmqvist, claviériste du groupe.
Propos de Nicklas Malmqvist (orgue, synthé) recueillis par Axl Meu
Pour commencer, j’aimerais savoir ce qui s’est passé pour le groupe durant les quatre années qui ont suivi Isle of Wisdom, sorti il y a maintenant quatre ans.
Après Isle of Wisdom, nous avons tourné en Europe, aux États-Unis, à deux reprises : une sur la côte Est et une sur la côte Ouest. Nous sommes aussi allés en Amérique du Sud à l’automne dernier. Ensuite, nous avons un peu levé le pied, notamment parce que notre batteur est devenu papa. Et puis, Alex, notre ancien guitariste, a quitté le groupe après Isle of Wisdom. Heureusement, nous avons trouvé Rickard Swahn, qui accompagne désormais Marcus à la guitare.
Personnellement, pour ce nouvel opus, j’ai aussi ressenti l’envie de faire quelque chose de vraiment différent par rapport à Isle of Wisdom. C’était un album très difficile à écrire et à enregistrer. Cette fois-ci, nous avons géré l’enregistrement. Nous avons enregistré chez nous. Ce qui nous a permis de passer beaucoup plus de temps sur l’enregistrement et le son. Ça a été très bénéfique pour nous.
Justement, quel a été l’apport de Rickard sur ce nouvel album, Panorama ?
Il a apporté de nouvelles idées. Il connaissait les morceaux par coeur, mais il vient d’un autre « background » musical. C’est lui qui est arrivé avec l’idée du tout premier morceau de l’album. Quand on l’a entendu, ça sonnait presque encore plus « Hällas » en comparaison avec ce que nous avions à ce moment-là. La transition s’est alors faite très naturellement. Bien sûr, nous sommes tristes de ne plus avoir Alex dans le groupe, mais l’arrivée de Rickard a vraiment été très bénéfique pour Hällas.
Panorama sort le vendredi 30 janvier. Quand j’ai vu la tracklist, j’ai remarqué qu’il ne contenait que cinq morceaux, dont une longue piste d’ouverture, « Above The Continuum ». Je n'ai pas pu m'empêcher de penser aux albums de Rock Progressif des années 70...
Oui, clairement. Ça faisait longtemps que nous avions comme idée de faire un morceau qui occuperait toute la première face de notre disque. Nous sommes tous de grands fans de Rock Progressif des années 70 au sein du groupe…
Ce n’est pas facile d’écrire un morceau aussi long sans qu’il devienne ennuyeux. Beaucoup de vieux morceaux de Prog proposaient des passages très expérimentaux… Parfois, c’étaient plusieurs minutes de bruitages ou de solos. Nous, non. Nous souhaitions que la musique reste vivante du début à la fin, et que l’auditeur ne ressente pas la durée du morceau.
Justement, quelle est l’idée derrière ce long morceau, « Above the Continuum » ? Était-ce difficile à composer ? S’agit-il d’un morceau-concept ?
Oui, voilà. Ce morceau raconte une histoire. On suit l’itinéraire d’un homme d’affaires dans les années 80. Il a tout pour lui : l’argent, la réussite… Il conduit une Ferrari Testarossa dans les montagnes italiennes, passage représenté par un mouvement « Italo-disco ».
Mais malgré sa richesse, il se sent vide. Puis, suite à un accident, il bascule dans une autre réalité. Dans ce nouveau monde - qui est en souffrance - on lui donne une deuxième chance et la possibilité d’aider les gens. Et en parallèle, une entité observe tout ce qui se passe.
D’ailleurs, ce thème revient sur la face B. On peut donc dire que Panorama est un concept-album. À un moment, on s’est aussi dit qu’on pourrait ajouter des éléments orchestraux, parce que certaines mélodies reviennent plusieurs fois au fil du morceau. Tout s’est construit assez naturellement.
Dans votre musique, on y retrouve donc des éléments Disco, du Rock Progressif, du Hard Rock… Vous mélangez beaucoup de styles. Est-ce que vous vous imposez des limites stylistiques quand vous composez ? Nous sommes cinq personnes dans le groupe, et chacun aime des styles très différents. Donc on doit constamment faire des compromis.
Pour la partie « Italo-disco » à laquelle je faisais à allusion à l’instant, c’est une idée que j’ai eue moi-même, car c’était très électronique au départ. Les autres étaient plutôt réticents au début. Puis on a décidé d’essayer, d’ajouter des guitares, et finalement ça a fonctionné.
On essaie d’être ouverts et de tout tester. Sur Isle of Wisdom, on était peut-être un peu trop fermés. Aujourd’hui, on a envie d’évoluer et d’explorer davantage. Bien sûr, il y a des limites : il faut que l’ensemble reste cohérent et qu’il ne parte pas complètement dans tous les sens.
C’est pareil pour « Face of an Angel », un morceau très pop. Au départ, il n’était pas du tout prévu pour l’album. Puis un membre a suggéré qu’on avait besoin de quelque chose de plus accessible après « Above The Continuum »…

"Ça faisait longtemps que nous avions comme idée de faire un morceau qui occuperait toute la première face de notre disque. Nous sommes tous de grands fans de Rock Progressif des années 70 au sein du groupe…"
Hällas a toujours eu un son très « old school ». Quel matériel utilises-tu, notamment en tant que claviériste, pour recréer le son des années 70 ?
En studio, j’utilise un vrai orgue Hammond avec une cabine Leslie. Sur cet album, ce sont de vrais instruments… . Pour les autres claviers, nous utilisons des machines vintage, des vieux synthés et aussi des synthés modernes qui imitent les anciens.
Pour les sons 80s, par exemple, j’utilise un Roland JX-8, un vrai synthé des années 80. En live, en revanche, j’utilise surtout du matériel plus moderne, souvent du Behringer, parce que c’est plus pratique, moins cher, et plus fiable en tournée.
Quels claviéristes t’ont le plus influencé ?
Quand j’ai découvert la musique des années 70, c’était évidemment Jon Lord de Deep Purple, puis Richard Wright de Pink Floyd. J’aime aussi beaucoup Kerry Minnear de Gentle Giant, un groupe de Rock Progressif assez méconnu mais excellent.
Rick Wakeman ?
Rick Wakeman, je l’ai découvert assez tard, il y a seulement cinq ou six ans. À l’époque, j’étais surtout dans Pink Floyd et Deep Purple. Wakeman est plus un soliste virtuose, alors que, moi, je me vois davantage comme un claviériste rythmique, un peu comme un guitariste rythmique mais aux claviers.
Penses-tu que Panorama soit une bonne introduction à l’univers de Hällas ?
Oui, je pense. C’est notre album le plus abouti jusqu’à présent, même s’il est assez différent des précédents. Les premiers EPs ou Excerpts from a Future Past sont plus simples. Mais Panorama, Conundrum ou Excerpts from a Future Past sont de bonnes portes d'entrée à notre univers.
Nous allons vous voir sur la scène du Black Lab (Wasquehal) le 12 mars prochain. Allez-vous jouer des morceaux de Panorama sur scène ? Même « Above The Continuum » ?
Oui ! Nous allons jouer presque tout l’album, y compris « Above the Continuum ». Le show a beaucoup évolué : meilleure production, plus de lumières, et même trois claviéristes sur scène à certains moments... On peut dire que ce sera notre tournée la plus ambitieuse !
Hällas, c'est :
Tommy Alexandersson : chant, basse
Rickard Swahn : guitare
Marcus Petersson : guitare
Nicklas Malmqvist : orgue, synthé
Kasper Eriksson : batterie, percussion
Discographie :
Excerpts From a Future Past (2017)
Conundrum (2020)
Isle of Wisdom (2022)
Panorama (2026)



