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ITW - Yü

À peine un an après sa formation, YÜ, duo rouennais, vient de sortir son premier EP, The Calling. Salué par les critiques, le groupe, qui qualifie sa musique d’arty punk / grunge, ne laisse pas indifférent, que ce soit pour sa musique ou pour ce qu’il dégage. Ici, on a affaire à un son brut et organique, sans séquences, couplé à une direction artistique très personnelle. Curieux, avec Heretik Magazine, nous avons voulu en savoir plus sur ce duo atypique.

Propos recueillis par Chris Kilmister

Bonjour à vous et merci de nous accorder ce petit moment. Pour commencer, pouvez-vous nous faire, en quelques mots, un petit historique du groupe ? Et que signifie YÜ ?

YÜ est né de l’envie de faire du rock de manière brute, sans artifices, sans machines, juste batterie, guitare et voix. On voulait un projet viscéral, incarné, presque physique. YÜ est l’entité qui veille au-dessus de nous, une sorte de chimère inspiratrice, une force qui nous guide, affamée et bienveillante.


Pourquoi évoluez-vous en duo ? Est-ce un choix définitif ou y aurait-il possibilité de voir un jour un troisième membre dans le groupe ?

Cela nous oblige à aller à l’essentiel, à prendre toute la place sonore et émotionnelle. Pour l’instant, YÜ est pensé comme ça : un bloc, deux personnes, beaucoup de bruit. On ne ferme pas la porte à des collaborations, mais l’ADN du groupe restera le duo.


Il est assez rare de voir un groupe avec un batteur/chanteur, surtout accompagné d’un seul autre musicien. N’est-ce pas trop frustrant en live, Yoann étant seul, avec sa guitare, à pouvoir occuper la scène ?

Au contraire, c’est une configuration très intense. Il n’y a personne pour se cacher, donc chacun doit occuper l’espace à 100 %. Yoann ne fait pas « que » de la guitare : il remplit l’espace, il envoie le son, et la batterie/voix apporte quelque chose d’assez physique et unique visuellement. C’est une véritable performance.

Le groupe possède une esthétique bien à lui, qui complète parfaitement la musique. Comment vous est venue cette idée du maquillage et des tenues de Noémie ? Il y a un petit côté théâtral.

Noémie vient du théâtre, donc la mise en scène fait partie intégrante du projet. On ne voulait pas juste « jouer des morceaux », mais proposer un univers. Les costumes, le maquillage, les matières, les masques, c’est une façon de raconter autre chose, de créer des personnages, presque des rituels. On veut que YÜ soit autant à voir qu’à écouter.


Quelles sont vos influences, aussi bien musicales que dans d'autres formes d’art (cinéma, théâtre, peinture, écriture…) ?

Musicalement : Queens of the Stone Age, Babes in Toyland, The Dead Weather ou encore Chelsea Wolfe. En dehors de la musique : le cinéma (Lynch, Aronofsky, Julia Ducournau), le théâtre, la photographie, la peinture symboliste… Nous sommes très inspirés par les univers un peu sombres, étranges et poétiques.


Parlons un peu de votre EP sorti en février dernier. Comment présenteriez-vous The Calling à nos lecteurs pour donner envie de le découvrir ?

The Calling, c’est un EP qui parle de l’appel : l’appel intérieur, l’appel à changer, l’appel à se réveiller. C’est un mélange de tension, de douceur, de colère et d’espoir. C’est un disque assez intense, qui passe par plusieurs états émotionnels. Si on devait le résumer : c’est un EP qui se vit plus qu’il ne s’écoute.


Qui a composé la musique et comment s’est passé le processus de composition ?

Nous composons tous les deux. Souvent, cela part d’un riff de guitare, puis nous construisons le morceau ensemble, un peu comme un dialogue. Nous explorons beaucoup les dynamiques : le calme, la montée, l’explosion. Nous voulons que chaque morceau raconte une histoire.



YÜ est pensé comme ça : un bloc, deux personnes, beaucoup de bruit. On ne ferme pas la porte à des collaborations, mais l’ADN du groupe restera le duo.


Qui s’est occupé des textes ? Ceux-ci sont plutôt engagés (véganisme, féminisme, santé mentale, …). Est-ce important pour vous de parler de ces thèmes de notre société ? Cela fait-il partie de l’identité de YÜ ?

Oui, c’est très important. On parle de sujets comme la santé mentale, la condition animale, la place des femmes, la pression sociale… Ce ne sont pas des thèmes « marketing », ce sont des sujets qui nous touchent personnellement. YÜ, ce n’est pas juste de la musique, c’est aussi une manière de regarder le monde et d’y réagir.


Où l’EP a-t-il été enregistré et qui était derrière les manettes ?

L’EP a été enregistré par Pierrick Noël (assisté de Pierrick Benhafaied, Harmonya Studio Rouen, pour les prises de batterie), puis mixé et masterisé par Pierrick Noël (Atelier Mastering).

La volonté était de garder quelque chose de très live, très organique, peu retouché. On voulait que l’énergie reste brute, qu’on entende presque la pièce, l’air, les amplis, les respirations.


Les diverses chroniques sont plutôt élogieuses, de quoi vous booster. Cela doit vous faire sacrément plaisir de lire tout cela, dès la première sortie du groupe. Aviez-vous confiance en The Calling ? Vous vous y attendiez un peu ?

On ne savait pas du tout à quoi s’attendre. On a fait cet EP très sincèrement, sans calcul. Donc lire des retours aussi positifs, surtout pour une première sortie, c’est assez incroyable. Ça nous conforte dans l’idée qu’on doit continuer dans cette direction.


Votre style est assez atypique, avec ce mélange des genres, ces passages parfois calmes puis soudainement sauvages, le chant tantôt lyrique, tantôt hargneux. Pensez-vous avoir trouvé le style « YÜ » dès ce premier enregistrement ?

On pense que le style YÜ est en train de naître, mais il va encore évoluer. Ce qui est sûr, c’est qu’on a déjà l’identité : le contraste entre douceur et violence, le côté très incarné, très visuel, et le mélange des influences. La suite sera sûrement encore plus affirmée.


Le groupe n’existe que depuis environ un an et pourtant, vous avez déjà sorti un EP : c’est plutôt rapide. Des titres existaient-ils déjà avant la formation du groupe ou êtes-vous particulièrement prolifiques ?

On avait déjà beaucoup de matière et on compose assez vite. Quand on a créé le groupe, tout s’est enchaîné très naturellement. On a beaucoup travaillé, mais tout s’est fait de manière assez fluide.


Comment êtes-vous arrivés chez M&O aussi rapidement, alors qu’il est assez compliqué, pour un nouveau groupe, de trouver un contrat, qui plus est avec un tel label ?

Ils ont écouté le projet, ils ont aimé l’univers global — pas seulement la musique, mais aussi l’image, la direction artistique, l’identité. Ils ont compris ce qu’on voulait faire, et ça, c’était important pour nous.


Quand je disais que votre style était assez atypique… Il n’y a pas que votre musique : il y a aussi le fait que vous tourniez vos clips dans des décors déjà existants, avec une équipe réduite, en utilisant de la récupération. Votre merchandising est aussi créé par des artistes en upcycling, avec impressions en linogravure sur T-shirts recyclés. Il y a tout un style de vie autour du groupe ?

Oui, clairement. On essaie d’être cohérents entre ce qu’on dit, ce qu’on fait et ce qu’on fabrique. Les clips avec peu de moyens, la récupération, le merchandising en upcycling, ce n’est pas juste esthétique : c’est aussi une manière de faire les choses différemment, plus librement, et plus en accord avec nos valeurs.



Ce qui est sûr, c’est qu’on a déjà l’identité : le contraste entre douceur et violence, le côté très incarné, très visuel, et le mélange des influences.


Noémie, ton CV est assez impressionnant, chanteuse de comédie musicale, performeuse, animatrice, autrice, journaliste TV, musicienne, chanteuse… Ton principal projet actuellement est de te consacrer à YÜ, ou est-ce un projet parmi tant d’autres ?

est aujourd’hui mon projet principal, celui dans lequel je mets le plus d’énergie et de cœur. Tous mes autres projets nourrissent , mais est vraiment le projet le plus personnel et le plus important pour moi aujourd’hui.


Yoann, tu es passé de tondeur de pelouse à compagnon charpentier, puis à musicien, d’abord de cover, avant de te lancer dans tes projets persos. Qu’est-ce qui a fait que tu as décidé de te consacrer à la musique ?

Parce qu’à un moment, tu te rends compte que c’est ce que tu as envie de faire tous les jours. J’ai commencé à bosser à 14 ans, mais la musique a toujours été là. Un jour, j’ai décidé d’arrêter de la mettre à côté et de la mettre au centre.


Quels sont vos projets pour l’année 2026 (concert, vidéo,...) ?

Des concerts, clairement, le plus possible. On vient juste de faire le Bataclan et c’était une énorme étape pour nous. Sinon on joue le 23 mai pour l’Open Fest Printemps à Quittebeuf, le 19 juin pour la Fête de la Musique au Grosteil, le 21 juin au Jardin des Plantes de Rouen, le 26 juin pour le festival R4 à Revelles et le 27 juin pour le festival d’Écretteville-sur-Mer… On a aussi de belles annonces à venir mais c’est encore secret pour le moment… Mais aussi de nouveaux clips. Et de nouveaux morceaux… On a déjà pas mal d’idées en préparation. 2026 va être une année pour défendre The Calling sur scène et continuer à développer l’univers de YÜ.


Un petit mot pour les lecteurs ?

Merci de prendre le temps de découvrir de nouveaux groupes, de lire des interviews, d’écouter des EP. La scène Rock vit grâce aux gens curieux. À bientôt sur scène !

YÜ, c'est : Noémie Alazard : chant, batterie

Yoann Laven : guitare, choeurs


Discographie : The Calling (2026)



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