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GLOWSUN

Il est des retours que l’on n’attend plus vraiment, et celui de Glowsun en fait clairement partie. Figure incontournable de la scène stoner psyché des Hauts-de-France dans les années 2000, le groupe semblait pourtant avoir définitivement disparu des radars depuis près d’une décennie. Mais contre toute attente, Glowsun a refait surface presque sans prévenir, avec dans ses bagages un nouvel album, Novæ, et une belle promesse, celle de renouer avec la scène. Quelques jours après leur passage au BetiZFest, nous sommes allés à la rencontre de Johan Jaccob, principal artisan de cette renaissance inattendue.

Par Théophile Dumont

Salut Johan, la forme ? 2026 est marqué par le retour surprise de Glowsun. Comment expliques-tu ce comeback ?

Ça va bien ! Je suis dans une période un peu étrange. J’ai 48 ans maintenant, je commence à sentir que je vieillis un peu — j’ai mal aux genoux ! — mais dans ma tête, je suis toujours resté un adolescent. Pendant des années, j’ai vécu comme tel, et aujourd’hui je me recentre davantage sur moi-même. Le retour de Glowsun vient justement de cette remise en question. Avec les anciens membres, on n’était plus totalement alignés. Chacun a évolué de son côté, on a pris des chemins différents, et à un moment donné, ça devenait compliqué d’avancer ensemble naturellement.


Pour ce nouveau départ, tu t’es entouré de nouveaux musiciens. Qui sont-ils et qu’ont-ils apporté à cette nouvelle dynamique ?

J’ai rappelé Yann Duvivier, le batteur avec qui j’ai commencé la musique quand j’avais 16 ans. Lui en avait 13 à l’époque ! On jouait dans mon garage avec des cymbales posées sur des boîtes à outils… C’est vraiment les débuts. Et puis il y a François Hannecart à la basse. Avec eux, j’ai retrouvé l’énergie des premières années : un côté très spontané, un peu “à l’arrache”, rock’n’roll, sans pression inutile. Aujourd’hui, il y a une vraie osmose créative entre nous. Parfois, j’arrive avec un morceau quasiment terminé, comme « Change », et eux viennent y ajouter leur touche personnelle. D’autres fois, c’est une idée de Yann ou François qui déclenche quelque chose chez moi. Ce qui compte, c’est cette interaction permanente.


Vous avez également surpris tout le monde avec cette date secrète en ouverture de Birds of Nazca. Comment est née cette idée ?

On voulait revenir à quelque chose de plus authentique, plus proche de ce qu’on vivait avant. Un concert intimiste, sans gros budget ni grosse machine promo derrière. Avec Antoine de Roaring Tubes, on a construit ça autour de l’idée du mystère : ne pas annoncer que Glowsun ouvrait la soirée. Bien sûr, ça crée du buzz, mais l’objectif était surtout de redonner aux gens le goût de la découverte. Quand j’avais 25 ans à Tournai, on allait à des concerts sans forcément savoir qui jouait. On tombait sur un flyer, on tentait l’expérience. Aujourd’hui, avec les algorithmes, on nous propose toujours les mêmes choses. On est rarement surpris. Moi, j’ai envie de recréer cette sensation-là.


Dans la foulée, vous dévoilez Novae. Comment présenterais-tu cet album ?

Novae est un concept album autour de la vie, de ses cycles d’extinction et de renaissance. L’idée était vraiment de créer une œuvre complète, un voyage à écouter du début à la fin. Chaque morceau possède sa propre identité pour emmener l’auditeur ailleurs. J’ai composé cet album pour les gens qui aiment encore prendre le temps de s’asseoir et d’écouter un disque dans son intégralité, pas simplement consommer des playlists Spotify. D’ailleurs, on n’est même pas présents sur la plateforme. Musicalement, il y a des morceaux entièrement instrumentaux et d’autres avec des paroles, comme "Change", qui parle notamment d’écologie et de véganisme. C’est une nouveauté pour Glowsun. J’avais envie d’aborder des sujets qui me touchent personnellement, sans donner de leçons, simplement en invitant les gens à réfléchir.



"Novæ est un concept album autour de la vie, de ses cycles d’extinction et de renaissance. L’idée était vraiment de créer une œuvre complète, un voyage à écouter du début à la fin. Chaque morceau possède sa propre identité pour emmener l’auditeur ailleurs."


Justement, on reconnaît immédiatement la patte Glowsun, mais l’approche vocale semble beaucoup plus présente qu’avant…

Oui, complètement. Pendant longtemps, l’instrumental me suffisait parce que je considérais que si tu n’as rien à dire, tu te tais. Mais aujourd’hui, j’ai des choses à exprimer. « Change », par exemple, parle autant d’écologie que de condition animale. Je suis devenu vegan, j’ai des convictions fortes, mais je veux rester subtil dans ma manière de les partager. Je préfère susciter une réflexion plutôt que culpabiliser les gens.


Il y a également ce morceau assez singulier : « Charly le chien ». Quelle est son histoire ?

Il y a trois ans, on est partis quelques jours en résidence dans une ancienne ferme transformée en gîte, au cœur de l’Avesnois. On voulait composer ensemble, apprendre à mieux se connaître humainement aussi. Sur place, il y avait un chien, Charly, qui vivait un peu seul dans la cour. Il faisait presque partie du décor. On s’est attachés à lui et on a eu envie de lui rendre hommage à travers un morceau. On pense qu’on ne prête pas assez attention aux animaux qui nous entourent, alors qu’ils font pleinement partie de nos vies.


Sur « Dementia », beaucoup penseront entendre des cuivres au début du morceau…

(Rires) Eh non ! Ce n’est pas du tout des cuivres. C’est un effet trouvé dans mon nouveau multi-effet Zoom. J’adore expérimenter avec ce genre de sons improbables et essayer ensuite de les intégrer dans une composition. C’est aussi ça qui nourrit l’univers de Glowsun.


Quels sont les projets du groupe désormais ?

On avance tranquillement. L’album est disponible gratuitement sur Bandcamp, et on propose aussi un pressage physique via un financement participatif (https://fr.ulule.com/glowsun/). On fera des concerts, évidemment, mais plus du tout dans l’état d’esprit d’avant. À une époque, je partais en tournée toutes les semaines. Physiquement, ce n’est plus possible aujourd’hui. Par contre, on a déjà des discussions pour 2027, avec notamment des dates prévues en Belgique et aux Pays-Bas. Et puis on verra où tout ça nous mène. Si l’album trouve son public, tant mieux. Sinon, ce n’est pas grave. L’essentiel, c’était de créer cette œuvre.


Vous avez récemment annoncé un partenariat avec une agence de booking. Pourquoi ce choix maintenant ?

Tout simplement parce qu’on a tous une vie à côté de Glowsun. On travaille tous, donc gérer toute l’organisation des concerts devient vite compliqué. Le fait d’être accompagnés par Yves nous aide énormément. Entre les contacts avec les salles, les organisateurs et toute la logistique, ça représente un énorme travail. Pouvoir déléguer une partie de ça, c’est vraiment précieux pour nous.

GLOWSUN

ORIGINE : Marchiennes (59)

LINE-UP : Johan Jaccob (guitare/chant), Yann Duvivier (batterie), François Hannecart (basse)

FACEBOOK : glowsunmusic




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