ITW - Deliverance
- Axl Meu
- il y a 7 minutes
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Le 22 mai prochain sortira le quatrième opus de Deliverance, The Voyager Gold Banquet : un opus immersif décrit comme un véritable voyage interstellaire. À l'occasion de sa sortie, nous avons discuté avec deux de ses têtes pensantes, à savoir Etienne Sarthou (guitare) et Pierre Duneau (chant).
Par Axl Meu
The Voyager Golden Banquet marque une évolution assez nette par rapport à Neon Chaos In A Junk-Sick Dawn. Comment est née cette direction plus spatiale et psychédélique ?L’idée était de partir de Neon Chaos In A Junk-Sick Dawn sans refaire le même disque. Neon Chaos In A Junk-Sick Dawn était un album très urbain, très enfermé, presque claustrophobique. Là, on avait envie de décoller, de partir ailleurs. Le changement de batteur a aussi énormément influencé la direction du disque. Avant le départ de Fred, on avait quasiment composé un autre album, qui ne ressemblait pas du tout à The Voyager Golden Banquet. Quand Viken est arrivé, les morceaux ont pris une autre tournure. Les premiers morceaux composés avec lui ont immédiatement donné une autre tournure. On s’est dit qu’il fallait repartir de zéro pour vraiment construire quelque chose de nouveau tous ensemble.
The Voyager Golden Banquet donne l’impression d’un véritable voyage interstellaire. Était-ce pensé comme un concept album ?
Oui, progressivement. Musicalement, on a commencé à imaginer une continuité entre les morceaux, comme un voyage qui ne s’arrête jamais. L’idée était presque que l’album puisse tourner en boucle. Pour les textes, l’inspiration principale vient du Voyager Golden Record (The Sounds of Earth), ce disque envoyé dans l’espace par la NASA à la fin des années 70. Il contenait des morceaux de musique, des sons, des traces de l’humanité. On trouvait ce concept fascinant et un peu mélancolique aussi. C’est devenu le fil conducteur du disque.
On ressent énormément d’influences psychédéliques sur certains morceaux, notamment “Turn On, Tune In, Drop Out”.
Oui, complètement. Ce morceau a vraiment donné le ton du disque. L’idée de départ était très simple : faire tourner un thème quasiment tout le long du morceau et faire évoluer tout ce qu’il y a autour. C’est une approche très psyché finalement. Les groupes des années 70 faisaient beaucoup ça : garder une base répétitive mais transformer constamment les textures, les sensations, les arrangements. La deuxième moitié du morceau, c’est presque un fantasme assumé de groupe de rock psychédélique. On adore jouer ce passage.
L’album mélange sludge, doom, black metal et rock psyché. Comment gardez-vous une cohérence malgré toutes ces influences ?
Honnêtement, on ne réfléchit pas vraiment en termes de styles quand on compose. On avance surtout à l’instinct. Si une idée plaît à tout le monde dans le groupe, on la développe. On sait que ça peut être déroutant pour certaines personnes, mais ce n’est pas grave. On préfère ça plutôt que de s’imposer des limites artificielles. Comme chacun écoute des choses différentes, ça crée forcément des mélanges un peu atypiques. Mais c’est aussi ce qui donne notre identité aujourd’hui.

"Musicalement, on a commencé à imaginer une continuité entre les morceaux, comme un voyage qui ne s’arrête jamais. L’idée était presque que l’album puisse tourner en boucle."
Pourquoi avoir séparé “The Banquet” en deux parties ?
On adore cette tradition des groupes des années 70 qui faisaient des morceaux découpés en plusieurs parties. Il y a quelque chose de mystérieux là-dedans. Et surtout, musicalement, les deux morceaux sont liés. Certains thèmes reviennent d’une partie à l’autre sous des formes différentes. C’est presque caché parfois, mais tout est connecté. On aime beaucoup cette idée de rappels et de motifs qui reviennent discrètement tout au long du disque.
Quel morceau représente le mieux l’évolution actuelle de Deliverance ?
Probablement “Space Collapse”. Il résume assez bien tout ce qu’on essaie de faire aujourd’hui. Il passe de moments très calmes à quelque chose de totalement chaotique, tout en gardant une vraie continuité. C’est sûrement notre morceau le plus ambitieux jusqu’ici.
Vous préparez maintenant la tournée. À quoi ressemblera le nouveau live de Deliverance ?On veut pousser beaucoup plus loin l’aspect visuel. Jusqu’à maintenant, on était très minimalistes, parfois même avec presque aucune lumière sur scène. Là, on travaille avec une ingénieure lumière pour développer quelque chose de beaucoup plus immersif et coloré, en lien avec l’univers cosmique et psychédélique du disque. Évidemment, il faut aussi gérer toutes les contraintes logistiques, mais on veut vraiment que les concerts prolongent l’expérience de l’album.
Vous serez présents au prochain Tyrant Fest en octobre prochain. Ce n’est pas votre première fois dans le cadre de ce festival !
On est très contents d’y participer à nouveau. La première fois s’était super bien passée, donc on est vraiment heureux qu’Alex nous refasse confiance. C’était une des très belles dates qu’on avait faites sur l’album précédent. C’est un super festival et on est fiers d’être encore sur l’affiche. Cette année, tout sera centralisé à l’Aéronef de Lille, donc ce sera encore une nouvelle formule !
Enfin, comment présenteriez-vous Deliverance à quelqu’un qui ne connaît pas encore le groupe ?
Si vous aimez le metal aventureux qui sort des sentiers battus, il y a des chances que ce disque vous parle. On mélange sludge, black metal, psychédélisme et plein d’autres influences sans se fixer de barrières. Le plus simple, c’est encore d’essayer et de se laisser embarquer dans le voyage.
DELIVERANCE
ORIGINE : Paris (75)
LINE-UP : Pierre Duneau (chant, synthétiseurs), Sacha Février (Basse), Etienne Sarthou (guitare, backing vocals), Viken Poulain (batterie)
FACEBOOK : deliveranceband



