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MYRATH

Deux ans après Karma et des fuites qui ont entravé sa promotion, Les franco-tunisiens de Myrath ont sorti, en mars dernier, un septième opus plus personnel, et axé davantage vers le grand public. Nous avons voulu en savoir un peu plus sur l’évolution et les projets du groupe.

Par Fred VDP et Axl Meu

Que tirez-vous de l'expérience Karma ?

 On s'est fait pourrir la sortie parce qu'il a fuité six mois avant. On a fait quelques dates, mais le leak a eu un impact énorme parce que ça a dévalorisé la primeur que pouvaient avoir certains médias sur la sortie. On a essayé tant bien que mal de tenir une promo pendant six mois, mais ce genre de conneries tue un groupe. Il a donc fallu recomposer un album très vite, parce qu’on a des choses à dire et on a tenu à les exprimer de suite.

 

Comment s’est passée la tournée en Amérique Latine ?

Il y a eu une énergie incomparable avec le reste du monde. Le volume est à 130 DB dans la salle, les gens sautent, crient, pleurent et ils chantent tes chansons du début jusqu'à la fin, pendant 1h30. Et entre les paroles, ils chantent les thèmes, donc en fait c'est le public qui fait tout le concert (rires). Il y a même eu une date en Argentine où on a modifié la setlist, on a fait un morceau qu'on ne devait pas faire, chose qui n'est jamais arrivée. Il y a une proximité inexplicable dans ces pays. Lorsque tu te balades dans les rues, le nombre de t-shirts de groupes de Metal que tu croises est incroyable, le pourcentage est gigantesque par rapport à Paris.

 

Que faut-il lire dans la symbolique des miroirs, The Wilderness of Mirrors, votre nouvel album ?

On voit des choses qui peuvent sembler être des vérités à travers un miroir. La manière dont on a appréhendé la cover, c'était pour affirmer cette phrase Wilderness of Mirrors, qu'on n'a pas inventée. Le groupe Fish aussi avait déjà repris cette expression. Ça vient d'un double agent de la CIA qui avait fait une mission en Russie et qui avait expliqué à sa team que ce qu'on lui laissait entendre n'était pas forcément la réalité. Quand j'ai lu cet article, ça a fait écho aux paroles qu'on était en train d'écrire avec Zaher. Lorsqu’on parle de fake news, on peut parler de plein de choses du monde dans lequel on vit. Il y avait une connexion tellement forte entre ce qu'on voulait exprimer et cette expression qu'on a décidé de l’utiliser.

  

Comment avez-vous rencontré Elize Ryd de Amaranthe, qui apparaît sur « Until The End »  ?

On s'est croisés plusieurs fois en festival. On a fait part de notre intérêt commun pour nos groupes et nos musiciens. Puis Zaher souhaitait vraiment faire un duo avec elle, parce que sa tessiture collait avec certains de nos morceaux. On l’a appelée et nous a dit qu’elle était notre fan n°1 depuis Tales of the Sands. On lui a laissé toutes les parties instrumentales, on savait qu'elle aurait l'intelligence et la sensibilité musicale pour apporter quelque chose, et la démarche artistique a été fabuleuse parce que ça s'est passé exactement comme on le voulait.

 

De quoi parle « Soul of My Soul » ?

C’est l’histoire d'un grand-père dont le bébé a été fusillé dans une voiture en Palestine. Quand on est parent, on ne peut pas être insensible à ce genre de choses, des enfants qui crèvent pour des raisons politiques. Ce titre peut être considéré comme une balade, mais je le considère plutôt comme un véhicule d'expression avec une harmonie assez simple et touchante.

"Il y a la culture du Maghreb qui est prégnante avec des chants internationaux, en arabe, en français et en anglais. Myrath n'a jamais été un groupe de Metal oriental. La presse nous a mis cette étiquette parce que c'est plus facile à expliquer aux gens qu’il y a deux styles mélangés"


Qui sont les enfants qui chantent sur « Les enfants du soleil » ?

C’est une chorale de Saint-Rémy-de-Provence, à 500 mètres de chez moi. C'est un morceau qui est plus progressif que les autres, avec une construction atypique, parce que d'habitude on centre l'écriture à partir de la musique. Cette fois on a essayé de faire quelque chose de différent qui nous sort de notre zone de confort.

 

Pouvez-vous me parler de « The Clown » ? 

La musique n'est pas importante sur « The Clown », elle sert de support à quelque chose de minimaliste. L'idée de départ était de parler de la dépression de Zaher, du fait qu'il se considère comme un clown sur scène et de son mal-être en sortant. La dépression est quelque chose de latent, je pense qu'on est un peu tous dépressifs, avec des problèmes de rapport à l'autre, comme beaucoup de musiciens. On le fait sans complexe parce que c'est quelque chose que Zaher essaie de soigner.

 

Diriez-vous que Myrath a évolué vers un côté plus pop, plus accessible, loin du métal traditionnel ?

Bien sûr, il y a la culture du Maghreb qui est prégnante avec des chants internationaux, en arabe, en français et en anglais. Myrath n'a jamais été un groupe de Metal oriental. La presse nous a mis cette étiquette parce que c'est plus facile à expliquer aux gens qu’il y a deux styles mélangés Mais en fait, depuis le début, c'est une évolution en fonction de notre bagage de musiciens, que l'on essaye d'enrichir album après album. Les premiers albums étaient vraiment focalisés sur Zaher ou Elyes, notre ancien claviériste, de par leurs influences tunisiennes et orientales. Ces influences ont toujours été mélangées avec les miennes, très françaises. Très jeune, j’étais fan d'artistes comme Véronique Sanson ou William Sheller, et tu trouveras d’ailleurs énormément d'influences dans toute la discographie de Myrath. Wilderness Of Mirrors n'est que l'évolution de notre aboutissement en tant que musiciens.

 

Quels sont les projets scénographiques de Myrath ?

On revient d’une première tournée en Europe de l'Est, puis une deuxième tournée démarrera en septembre en Europe de l'Ouest, dont la France et un passage à Lille à The Black Lab le 13 octobre. En revanche on ne fera aucun festival cet été pour bien préparer la rentrée.

MYRATH

ORIGINE : Tunisie/France

LINE-UP : Zaher (chant), Anis (basse), Malek (guitare), Morgan (batterie), Kévin (claviers).

FACEBOOK : myrathband


 

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