SOUTH OF HEAVEN (Part. 2)
- Axl Meu
- il y a 4 jours
- 4 min de lecture
Après deux journées réussies, le South Of Heaven Open Air propose un programme riche et varié pour conclure en beauté une édition déjà marquante.
Par Franck Lasselle / Photos : Moris DC
L'entame est musclée avec Rectal Smegma. Le nom délicat du groupe laisse deviner le style des Néerlandais. Cela se vérifie dès les premières notes. Les musiciens balancent un goregrind intense. Le chant évoque le cri d'un cochon en colère, le rythme sauvage ne fait pas dans la dentelle et tout cela réveille instantanément le public. Les titres s'enchaînent à toute vitesse et la boucherie est totale, laissant la foule scotchée sur place. Rectal Smegma livre un concert violent, sauvage et terriblement fun.

Avec Flotsam And Jetsam, le niveau monte encore d'un cran. En matière de thrash, les Américains demeurent une valeur sûre et ils le prouvent d'entrée avec "Hammerhead". Le rythme galopant, porté par des riffs et des soli inspirés, est irrésistible tandis qu'Eric A.K. hurle avec une hargne intacte. "Dreams Of Death", "Iron Maiden", "Brace For Impact" ou "Demolition Man" sont autant de véritables claques thrash. Le final sur "Desecrator" est incandescent et achève un public conquis. Flotsam And Jetsam signe un concert de haute volée et mérite assurément une reconnaissance bien plus importante.
Death To All permet de retrouver l'héritage de Death avec Max Phelps, Gene Hoglan, Steve DiGiorgio et Bobby Koelble. "Living Monstrosity" lance idéalement les hostilités. Max impressionne au chant tandis que la virtuosité de l'ensemble saute immédiatement aux oreilles. "Zombie Ritual", "Lack Of Comprehension", "The Philosopher" et "Spiritual Healing" rappellent toute la richesse du répertoire de Chuck Schuldiner. L'accueil est royal et chaque musicien brille, notamment Steve DiGiorgio et sa basse vrombissante. La leçon se poursuit avec "Symbolic", "Zero Tolerance" ou "Pull The Plug", taillés dans le meilleur du death metal. Death To All rend un hommage exemplaire au génie de Chuck Schuldiner.

Dès son introduction majestueuse, Septicflesh entraîne le public dans son univers. "Portrait Of A Headless Man" impressionne par sa puissance death autant que par sa dimension symphonique. Spiros Antoniou dégage un charisme immense grâce à sa voix grave et puissante. "Necromancer", "The Vampire From Nazareth", "Coming Storm" ou "Martyr" dégagent une force impressionnante. Les passages en voix claire fascinent tandis que les orchestrations se marient parfaitement avec la violence du death metal. Après un "Virtues Of The Beast" sombre, épique et incantatoire, le groupe déroule tout son savoir-faire. "Enemy Of Truth", "A Desert Throne", "Anubis" et "Dark Art" affichent une intensité remarquable. Septicflesh frappe très fort, enflamme le public et rappelle qu'il demeure l'un des plus grands créateurs d'ambiances de la scène metal.

Avec Corrosion Of Conformity, le festival accueille un monument de la scène stoner/sludge. L'ouverture sur "Asleep On The Killing Floor" est pachydermique. Le son gras et heavy prend immédiatement aux tripes. Le chant rocailleux de Pepper Keenan impose naturellement son autorité tandis que le groove sudiste fait merveille. "My Grain" et "Who's Got The Fire" sont écrasantes et portées par des refrains fédérateurs. "Gimme Some More", "Paranoid Opioid" ou "Loss For Words" maintiennent cette lourdeur irrésistible. Le classique "Vote With A Bullet" fait mouche tandis que "Clean My Wounds" conclut le set de manière idéale. Corrosion Of Conformity affiche une forme impressionnante et livre un concert d'une classe folle.

La foule est dense pour accueillir Cavalera. Pour cette tournée, Max, Igor et leurs compagnons interprètent l'intégralité du légendaire "Chaos A.D.". L'ambiance est bouillante et tout explose dès "Refuse/Resist". Max Cavalera est affûté, hurle avec conviction et le refrain déclenche immédiatement un immense circle pit. "Slave New World" est une véritable claque thrash portée par un Max toujours aussi charismatique. "Amen", "Propaganda" et "Nomad" s'enchaînent et dévastent tout sur leur passage.
"We Who Are Not As Others" et "Clenched Fist" mettent en valeur toute la puissance de frappe d'Igor Cavalera. Pour "Kaiowas", les percussions sont de sortie et offrent un grand moment tribal. "Biotech Is Godzilla" fait également sensation grâce à son refrain imparable. En rappel, "Territory" déclenche une nouvelle explosion de joie. "Symptom Of The Universe" permet au groupe de rendre un vibrant hommage à Ozzy Osbourne avant qu'un monumental "Chaos B.C." ne conclue cette démonstration de force. Cavalera ne fait pas de quartier et embrase une foule totalement extatique.

Après cette tempête, Black Label Society a l'honneur de clôturer le festival. L'introduction sur "Whole Lotta Sabbath" est idéale pour chauffer le public avant que "Funeral Bell" n'envoie un énorme riff. Le hard rock enfumé du groupe fait immédiatement mouche. La voix éraillée de Zakk Wylde apporte toute sa personnalité tandis que les riffs et les soli débordent de groove. Avec "Name In Blood", le groupe démarre tout en retenue avant de faire exploser toute sa puissance. Le résultat est irrésistible.
Black Label Society poursuit sur sa lancée avec "Destroy & Conquer", morceau énergique et accrocheur. Zakk Wylde rayonne de charisme et entraîne facilement le public. La suite est tout aussi séduisante. La reprise de "No More Tears" prend une coloration très sudiste qui fonctionne parfaitement. Puis "In This River" apporte un moment d'émotion grâce à son rythme posé, son chant voilé et un solo débordant de feeling.
Dans le final, "Fire It Up" et "Stillborn" font parler toute la puissance du groupe. Entre les deux, "Ozzy's Song" donne des frissons. Véritable déclaration d'amour à Ozzy Osbourne, le morceau est porté par un Zakk Wylde particulièrement inspiré, aussi bien au chant qu'à la guitare. Black Label Society fait honneur à son statut de tête d'affiche. Zakk et ses camarades livrent un concert puissant, chaleureux et inspiré qui ravit une foule venue assister à une véritable leçon de hard rock.

Cela achève en beauté un riche week-end. En seulement deux éditions, le South Of Heaven Open Air se montre déjà à la hauteur de festivals bien plus anciens. Grâce à une affiche particulièrement solide, un cadre très agréable et une organisation irréprochable, il donne déjà envie de revenir pour de nombreuses autres éditions.



