ANGINE DE POITRINE (Salle de l’UBU - Rennes)
- Axl Meu
- il y a 7 heures
- 2 min de lecture
Véritable phénomène actuel, Angine de Poitrine à déposer ses deux énergumènes dans l’enceinte de l’UBU de Rennes ce lundi 18 mai pour une soirée des plus éclectiques et des plus captivantes, dans le cadre des soirées « Happy Monday » de l’UBU.
Par Antoine Souchet
Découverts en décembre dernier au moment des Trans Musicales de Rennes, le duo de musiciens - Khn de Poitrine à la guitare-basse microtonale et Klek de Poitrine à la batterie - confirment ici qu’ils ne sont pas une simple curiosité de festival. Leur proposition artistique, difficile à enfermer dans une case (nous sommes bien d’accord !) continue de fasciner autant qu’elle désarçonne. Deux véritables ovnis sonores, capables de naviguer entre tension, absurdité, intensité scénique et moments presque hypnotiques.
(Malgré une salle pas forcément idéale dans sa configuration — l’UBU garde les traces évidentes de son ancienne vie de boîte de nuit — l’ambiance prend immédiatement. Quand le lieu affiche complet, la circulation devient vite compliquée et certains recoins offrent une visibilité assez limitée. Mais honnêtement, une fois le concert lancé, on oublie rapidement ces petits défauts.)
Bref, fermons cette parenthèse et revenons à cette expérience musicale proposés par cet « Orchestre Rock Microtonal Dada-pythago-cubiste » (Oui, c’est leur façon de se définir et de se présenter !) Pendant plus d’une heure, Angine de Poitrine déroule un set dense, s’appuyant largement sur les morceaux issus de leurs deux EP sobrement intitulés Volume I (2024) et Volume II (2026). L’occasion de découvrir des titres parfois étirés en live (comme Fabienk, Mata Zyklek ou Utzp par exemple), gagnant en ampleur et en respiration par rapport à leurs versions studio. Le groupe prend le temps d’installer des ambiances, de laisser les morceaux vivre et évoluer, sans jamais perdre l’attention du public.
Et que dire du public, venu en nombre pour (re)découvrir ce groupe unique en son genre ?
La diversité saute immédiatement aux yeux : habitués des scènes alternatives rennaises, curieux attirés par le bouche-à-oreille, amateurs de rock bruitiste, de son expérimental ou simples spectateurs venus découvrir « le phénomène ». Une hétérogénéité qui aurait pu créer une distance, mais qui semble au contraire nourrir la dynamique du concert. Très vite, la salle accroche à l’univers du duo. Les réactions fusent, les sourires aussi, et l’on sent une vraie adhésion collective à cette proposition atypique.
Il faut dire que le groupe sait y faire. L’interaction avec le public se révèle constante, naturelle, presque instinctive. Entre prises de parole décalées, proximité assumée et jeu scénique particulièrement habité, les deux musiciens installent une forme de connivence qui dépasse le simple cadre du concert. Avec Angine de Poitrine, on vient participer à une expérience, parfois absurde (on ne va pas se le cacher), souvent intense (c’est vrai), mais toujours et surtout avec une véritable sincérité en live.
Angine de Poitrine réussit finalement ce que peu de groupes émergents parviennent à faire : transformer la curiosité en adhésion durable. De plus, une captation qui a fait le buzz lors des Trans Musicales (14 millions de vues au compteur !), le duo semble déjà avoir trouvé son public, et ce dernier, à Rennes, lui a bien rendu.




