LIVE-REPORT - Monkeys On Mars (The Black Lab)
- Fred Vdp
- 28 avr.
- 3 min de lecture
Le public des Hauts-de-France a été habitué à voir Mars Red Sky et Monkey 3 de manière séparée, en concert et lors des nombreux festivals de la région. Mais depuis que les deux formations ont splité sous le nom de Monkeys on Mars pour un EP aux couleurs Stoner, l’annonce de la venue de cette union à The Black Lab en mars dernier a fait l’effet d’une bombe. Accompagnés de Grandma’s Ashes pour l’occasion, la soirée ne pouvait qu’être de qualité.
Par Fred VDP / Photos : Axl Meu
Pour un mardi soir, le parking de la désormais célèbre salle de la banlieue lilloise s’est très vite remplie, et le monde afflue rapidement devant la scène afin de ne pas rater l’entrée en scène de Grandma’s Ashes, premier groupe à inonder les lieux de riffs lourds et puissants. Le trio 100% féminin marque rapidement sa présence par un jeu collectif efficace sur lequel les voix de Eva et Myriam alternent de manière toutefois assez déséquilibrée. En effet, on peine à entendre Myriam au chant, heureusement sauvée par ses prouesses à la guitare avec une dextérité remarquable et un charisme apprécié du public. Le set est essentiellement centré sur le deuxième album du groupe, Bruxism, au milieu duquel les filles se permettent une étonnante reprise du « Army of Me » de Björk. C’est donc avec beaucoup de ferveur que le public lillois acclame Grandma’s Ashes que l’on se délecte déjà de réentendre à nouveau pour un set, on l’espère, plus long et consistant. Une belle entrée en matière !

Monkeys on Mars, c’est donc la réunion de deux formations qui ont fait leurs preuves depuis quelques années. D’un côté les Suisses de Monkey 3, dont la musique essentiellement instrumentale nous canalise depuis plus de vingt ans et sept albums explosifs ; de l’autre, les Bordelais de Mars Red Sky que l’on avait eu plaisir à entendre, entre autres, lors du Betiz Fest 2024, et qui nous avaient laissé une très belle impression. Ce sont les Suisses qui débarquent en premier sur la scène pour une prestation qui va placer la barre très haute, enchainant “Collapse”, “Kali Yuga” et “Icarus” avec une facilité déconcertante, et démontrant tout le talent des trois musiciens, avec, avouons-le, une préférence pour Boris De Piante à la guitare, écœurant de talent. En guise de passerelle, les Mars Red Sky rejoignent leurs compagnons sur “Through the Desert” avant de prendre la scène pour leur set personnalisé.

Très vite, des problèmes techniques (câble défectueux) impactent fortement le set des français qui vont peiner à maintenir le cap d’un concert qui avait pourtant bien commencé. Le son est plus tendu, les titres s’enchainent difficilement et clairement la machine Mars Red Sky a du mal à nous convaincre ce soir. La faute à ces soucis techniques ? Dommage car Mars Red Sky propose des morceaux iconiques de leur répertoire, entre “Arcadia”, “Collector” et “The Final Round”, nous avions de quoi nous délecter. Le trio fait pourtant le maximum pour relever le défi, mais lorsque les gars de Monkey 3 reviennent pour “The Light Beyond”, on sent nettement la différence et le show reprend toute sa saveur.
Pour terminer le concert, les formations réunies proposent les deux titres de leur EP commun, « Seasonal Pyres » et « Hear the Call », qui prennent une ampleur majeure en live. Le son est revenu à la hauteur de nos espérances et la dextérité de chacun fait un peu oublier les désagréments qui ont précédé le final. En guise de rappel, Monkeys on Mars nous offre un étonnant « Once Upon a Time in the West », morceau emblématique de Ennio Morricone, dans une version électrique et tonique qui nous comble de bonheur.
Loin de nous l’idée de comparer les deux formations réunies ce soir, mais force est de constater qu’après la prestation proposée, Monkey 3 a fait l’unanimité. Le public ressort de The Black Lab avec une belle impression, espérons à présent que Monkeys on Mars nous comblera vite d’un nouvel EP ou, pourquoi pas, d’un premier album.



