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LIVE-REPORT - Cabaret Vert (Deftones, Ultra Vomit, Turnstile, Bodycount...)

2 sept.
4 min de lecture

Dernière mise à jour : 8 sept.

Le 20 août dernier, la rédaction d’Heretik Magazine avait rendez-vous au Cabaret Vert pour sa journée « metal », journée de lancement presque exclusivement réservée aux amateurs de décibels et de grosses guitares, avec en tête d’affiche Deftones, Ultra Vomit, Body Count (feat. Ice-T) ou encore l’étoile montante de la scène hardcore américaine, Turnstile.

Se rendre au Cabaret Vert, c’est aussi l’occasion de se fondre dans l’ambiance décontractée de Charleville-Mézières, son centre-ville qui bat au rythme du festival une fois par an, de flâner dans les espaces verts et colorés du festival, de faire une pause sur l’un de ses points d’eau, essentiels en temps de canicule, en attendant de se fondre dans le décor, notre réflex à la main, le temps d’une journée placée sous le signe des musiques extrêmes.

Par Axl Meu & Hyass / Photos : Axl Meu & Hyass

Car des pogos et autres mosh pits, il y en a eu en ce vendredi 20 août, notamment lors de la performance des Australiens de Speed, qui ont livré une prestation marquée par la gratitude, ce que leur chanteur n’a cessé de montrer tout au long du concert. Quand bien même la musique du groupe peut sembler rébarbative et peu originale, il faut avouer que le public, initié, se prend au jeu des mosh pits lorsque leur temps est venu. Autre formation qui a montré sa gratitude, à sa manière : les Nancéiens de Goya ont proposé un set lourd, marqué par la fausse insolence de leur chanteur, arborant fièrement les couleurs de l’équipe de France. C’est lourd, moderne et vachement prometteur : on ira les voir à la Malterie (Lille) pour la release party de MRWL, le 2 octobre prochain !


Les allers-retours entre la Zanzibar et la Razorback se multiplient et il est déjà l’heure de retrouver Body Count, feat. Ice-T, pour un plongeon dans les années 90 : tout simplement de l’insolence, de la provocation à l’américaine et surtout des tubes qui ont marqué toute une génération, à l’instar des Beastie Boys, Cypress Hill ou encore Suicidal Tendencies. On parle ici de « Talk Shit, Get Shot » ou encore « Cop Killer ».






Basement sur la Razorback, c’est l’assurance de descendre en pression sonore avec une musique plus mélancolique et introspective, quelque part entre le rock alternatif et la scène emo des années 2000, avec comme références Oasis et Fall Out Boy… Une belle découverte. Aujourd’hui, on ne découvre plus Turnstile. Depuis la sortie de Never Enough, l’année dernière, les Américains, à qui l’on peut reprocher d’avoir perdu leur ADN hardcore, ont pris une nouvelle dimension et peuvent se targuer de remplir les plus grandes scènes, à l’instar du Zénith en novembre dernier. Leur recette : un punk/hardcore épuré, devenu de la pop au fil des années. Et le public ne s’y trompe pas : ça jump, ça écoute attentivement, ça donne le « smile » et, surtout, ça fédère autour des géniaux « I Care » ou encore « Holiday ».



Last Train est, sur la Razorback, la formation la plus rock de la journée, et l’occasion de souffler un bon coup avant Deftones. Néanmoins, même si la musique des Alsaciens est ouverte et propice à la joie, le concert est malheureusement interrompu à la suite d’une altercation dans le public : l’occasion pour la formation de réaffirmer à nouveau ses convictions. Il n'y a pas de places à la violence lors de leurs concerts. C’est un bon concert pour les dignes héritiers de Queens of the Stone Age ou encore The Hives.




La scène Zanzibar n’est pas pleine à craquer lorsque nous accueillons Chino Moreno et Deftones. Ce concert est donc placé sous le signe de la presque-confidence, ajoutant alors un cachet presque solennel à la soirée, qui nous rappelle pourquoi Deftones est l’une des références des années 2000. Mélancolie, fausse fraîcheur, lourdeur : les Américains, portés par un Chino Moreno impeccable, déroulent les classiques (« Swerve City », « Around The Fur », « Rosemary », « Sextape », « Change (In the House of Flies) » ou encore « My Own Summer »…) et nous font assurément passer l’un des moments les plus chaleureux du week-end. Le point d’orgue du festival, ni plus, ni moins.



Et donc, difficile de passer après Deftones du côté de la Razorback. C’est Rise of the Northstar qui s’y colle. Choix de scène pour le moins surprenant pour cette formation que nous avions vue se produire sur la MainStage 2 du Hellfest en 2025. Cela dit, avant même notre arrivée, le public est déjà bien amassé aux barrières (quitte à sacrifier quelques morceaux de Deftones) pour apprécier le hardcore aux couleurs nippones des Parisiens. Le décorum, à base de cerisiers et autres visuels japonisants, est toujours placé en évidence. Ça enchaîne les moments forts, comme « Back 2 Basics » avec Flo de Landmvrks en fond, mais nous sommes loin d’être scotchés par la performance « express » livrée par les compagnons de Vithia. La performance est pourtant presque irréprochable sur le plan scénique. Mais il nous faudra bien plus d’un featuring, notamment celui du chanteur d’Enhancer sur « One Love », pour nous convaincre pleinement. C’est ça aussi de passer après les plus grands…



Il est déjà assez tard quand Ultra Vomit arrive sur scène de l’autre côté. Captée par Arte, la performance ardennaise des joyeux lurons nantais a donc pris une autre tournure, surtout quand Nicolas Patra enchaîne les clins d’œil directs aux téléspectateurs. Surtout qu’on nous a vendu un feat. avec Mouss de Mass Hysteria sur « Mass 2 Mouss »… C’est assez pour mettre du piment à cette nuit, finalement marquée par l’humour et la déconnade. Ultra Vomit, ce n’est pas 20th Century Fox, mais on s’en approche. Ses musiciens sont des comédiens et savent mener à bien leurs attractions. Et donc, leur public débranche, sourit bêtement (notamment sur « A.N.U.S. ») et pousse la chansonnette sur les nouveaux classiques, à l’instar de « Doigts de Metal », « Ricard Peinard » ou l’ultime « Je collectionne des Canards (vivants) »... Parfait pour conclure cette belle journée amplifiée, où il aura définitivement fait bon vivre à chaque instant.




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