ALCATRAZ FESTIVAL 2026 (PART. 1)
- Axl Meu
- il y a 17 heures
- 6 min de lecture
Depuis 2008, l’Alcatraz Festival s’est progressivement imposé comme l’un des rendez-vous incontournables de la scène metal européenne. Au fil des éditions et des décisions prises par l’organisation, le festival belge a considérablement évolué pour devenir un point de chute de choix pour les amateurs de metal, qu’ils viennent du Nord de la France, de Belgique ou plus loin encore.
De notre côté, on continue de constater le chemin parcouru en une dizaine d’années, depuis la première fois que la rédaction a été amenée à couvrir l'événement. C’était en 2015 avec Overkill, Nightwish, ou encore Sabaton. Il n’y avait qu’une scène à l’époque, et le festival ne s’étendait que sur deux jours pour vingt groupes. L’Alcatraz propose aujourd’hui près de 120 groupes répartis sur quatre jours, quatre scènes, tout en multipliant les animations et les expériences proposées aux festivaliers.
Par Axl Meu / Photos : Moris DC
Si le heavy metal traditionnel reste évidemment au cœur de l’identité du festival, avec des formations comme Savatage, Dirkschneider ou Wings Of Steel, le thrash metal continue de trouver également une place de choix avec Testament, Death Angel, Municipal Waste ou encore Insanity Alert. Le Death Metal classique est toujours à l’honneur avec Immolation, Left to Die ou encore Deicide… Mais l’affiche s’ouvre aussi à des sonorités plus modernes, à l’image d’Imminence ou de Paleface Swiss. Ce qui nous laisse croire ou même espérer à la programmation de notre fierté hexagonale, Landmvrks, tôt ou tard.

L’Alcatraz est donc en phase avec son époque et peut aujourd’hui se targuer d’avoir affiché complet pour cette édition 2026, avec près de 20 000 festivaliers présents chaque jour. Autant dire que les retardataires ont parfois dû prendre leur mal en patience pour tenter de récupérer un pass sur les plateformes de revente, notamment TicketSwap où les tarifs ont, parfois, explosé.

Pour nous, chez Heretik Magazine, couvrir un festival comme l’Alcatraz permet également de prendre conscience de l’importance grandissante de cet événement dans le paysage metal des Hauts-de-France, car nombreux sont les Nordistes à franchir la frontière pour découvrir des groupes, retrouver des connaissances ou simplement profiter de l’ambiance particulière qui règne durant ces quatre journées.

Pas de révolution majeure cette année du côté des infrastructures, hormis l’arrivée d’une tyrolienne venue compléter un décor toujours aussi marqué par cet univers post-apocalyptique façon Mad Max. Figurants en tenue de policiers, quads, animations enflammées : l’Alcatraz est fort cette identité visuelle qui fait sa singularité.

Et puis, il y a les habitudes. Celles des festivaliers comme les nôtres. Lorsque les concerts s’arrêtent, direction le Presidio, le bar emblématique du festival, véritable point de rendez-vous pour une bonne partie du public.
Il faut néanmoins admettre une difficulté récurrente : impossible de voir tout le monde. Avec quatre scènes et des horaires qui se chevauchent, les choix sont parfois particulièrement cruels. Le chevauchement Death Angel / Saxon du dimanche en sera encore un parfait exemple. Il faut donc accepter de faire des sacrifices… Et pourtant, finalement, de se plaindre tant la programmation propose autant de belles choses.
JEUDI 6 AOÛT :
Pour cette première journée, plusieurs formations particulièrement appréciées par la rédaction d’Heretik figuraient au programme, avec notamment Soulfly, Left To Die, Der Weg Einer Freiheit ou encore Sacred Reich.
Parmi les belles surprises de cette journée d’ouverture, Wings Of Steel aura particulièrement retenu notre attention. Les Américains proposent un univers qui n’est pas sans rappeler certaines grandes heures du genre, entre influences à la Queensrÿche et et surtout Crimson Glory, que nous retrouverons un peu plus tard durant le festival. Une prestation qui aura parfaitement rempli son rôle. De l’autre côté, Sacred Reich, monstre du thrash américain, a livré un set particulièrement classique, mais vraiment efficace (tous les classiques étaient au rendez-vous), avec un son énorme sur la Swamp, marqué la superbe reprise de « War Pigs ». Même constat pour Der Weg Einer Freiheit, venu clôturer notre journée sous la Morgue devant une salle totalement blindée, réceptives aux nouveautés de Innern, dernier album en date.

Toutes les prestations ne nous auront cependant pas convaincus. Soulfly, notamment, nous aura laissé une impression très mitigée à quelques semaines de son concert à The Black Lab (Wasquehal). Le concert nous a semblé quelque peu bâclé, avec un Max Cavalera qui donne aujourd’hui le sentiment de se disperser entre ses différents projets et apparitions. Quelle déception… Peut-être avions-nous placé trop d’attentes dans ce passage de Soulfly à l’Alcatraz. Toujours est-il que nous avons préféré prendre la direction de la Morgue pour assister au concert des dignes héritiers de Chuck Schuldiner, Left to Die, sont venus défendre leur nouvel album, Initium Mortis, tout en ponctuant leur set de plusieurs classiques issus comme le génial « Zombie Ritual ».


VENDREDI 7 AOÛT :
Première grosse journée, celle du vendredi 7 août, qui sera marquée par plusieurs annulations, notamment celles de Ill Niño, Revocation ou encore The Ruins of Beverast.

Cela dit, cela ne nous a pas empêchés d’apprécier cette journée à sa juste valeur, avec le thrash & fun d’Insanity Alert, que nous avions déjà vu au Hellfest en juin dernier. D’autres groupes sont venus compléter notre journée, notamment Crimson Glory, que nous n’avions encore jamais vu, de retour avec un nouveau chanteur, Travis Wills, venu respecter les gros classiques du groupe de l’album culte du groupe, Crimson Glory (1986).
Niveau culte, difficile de ne pas penser à Savatage, actuellement acteur d’un énorme come-back, porté par Zak Stevens, en voix, qui n’oublie pas de rendre au défunt guitariste phare, Criss Oliva, lors d’une video diffusée voyant Jon Oliva, reprendre « Believe » pour son frère. Placée sous le signe de l’émotion, la prestation visitera également d’autres classiques, tels que « Jesus Saves », « Strange Wings » ou encore « Hall of the Mountain Kings ». Petit bémol toutefois : les illustrations nous semblent déjà dépassées ou simplement de mauvais goût. Cela n’enlève toutefois rien à la qualité de la performance livrée par les Américains.

La claque de la journée revient naturellement à Body Count et d’Ice-T, les patrons du Crossover, qui ont littéralement volé la vedette à bon nombre de formations. C’était tout simplement énorme, avec une setlist consacrée aux gros classiques (sans oublier les clins d’oeil à Slayer et The Exploited) et une posture politique toujours aussi assumée, notamment sur les questions raciales et sociales (le public ne s’y est pas trompé en critiquant également la politique migratoire de Trump), avec un discours parfois très critique envers les États-Unis. Le combo parfait, et une belle communion marquée par une setlist riche et poignante.

D’autres formations ont également tiré leur épingle du jeu ce vendredi, à commencer par Igorrr, qui a rendu la Swamp totalement dégoulinante de monde. On ne présente plus ce projet qui mélange musique électronique et musique extrême, avec un J.B. Le Bail au chant toujours plus percutant. Une nouvelle chanteuse, Gerda Iguchi, lyrique une fois encore, assure également parfaitement son rôle…

Niveau déceptions, on peut en revanche mentionner Coven, qui n’aura pas spécialement retenu notre attention, malgré le statut culte que l’on peut accorder au groupe. Une prestation qui nous aura finalement laissés quelque peu, si ce n'est beaucoup, sur notre faim : le son n'y est pas, l'attitude, critiquable. L'arrivée en cercueil a finalement fait "plouf".

Autre déception qui n'en est pas vraiment une : la performance de Dirkschneider - la voix historique d'Accept - qui nous a laissés mi-figue, mi-raisin. La setlist est énorme certes, le son est correct, mais le chanteur, aujourd'hui âgé de 74 ans, n'est plus aussi juste et s'appuie beaucoup (trop ?) sur son public lors d'interminables "sing-along" ("Metal Heart", "Balls to the Wall", "Princess of the Dawn")... Au final, huit morceaux, et c'est fini.

Enfin, parmi les autres bonnes surprises de cette journée, on pourra également citer Armored Saint, auteur d’un nouvel album, qui - même s’il remporte quelques suffrages grâce à John Bush - reste finalement un bon groupe à voir l’après-midi, un très bon outsider, comme on pourrait le dire, qui n’a jamais réellement obtenu l’accueil qu’il aurait mérité...
Niveau bonne surprise, Monolord, revenu dernièrement avec un nouvel album, s’est également bien défendu comme il se doit sous la Swamp avec une excellent leçon de Doom. Même constat du côté des ultra-locaux d'Amenra, venu défendre sa névrose en pleine nuit : bel avant-goût de ce qui nous attend en septembre prochain à l'Aéronef...




