LIVE-REPORT - Patriarkh + Arkona + Hate + supports (DVG Club - Courtrai)
- Fred Vdp
- 20 janv.
- 3 min de lecture
A peine sortie des fêtes, des bulles et de ses effets (parfois) indésirables, l’équipe de Heretik a très vite repris le chemin des concerts, direction la Belgique et le DVG Club pour cette première de l’année 2026. Une soirée à tendance Black Metal avec la tournée The Prophet’s Source 2026, réunissant Patriarkh (c’est-à-dire Batushka sans son guitariste), Arkona (la formation russe), Hate, ainsi que deux autres formations allemandes : Halls of Oblivion et Sanity. De quoi redémarrer une nouvelle année métallique sur les chapeaux de roue !
Par Fred VDP / Photos : Moris DC
C’est la grande salle du DVG Club qui nous accueille ce soir, avec toujours cette bonne humeur significative et cet esprit de convivialité qui nous plaisent tant chez nos voisins flamands. L’affiche est alléchante, et pourtant le public ne s’est pas déplacé en masse, la date étant sans doute trop proche des fêtes de fin d’année. Grand bien nous fasse car nous aurons le plaisir d’assister aux sets des cinq groupes sans être bousculés et en ayant le plaisir de respirer dans ce souterrain suffoquant qu’est en général le DVG.

C’est Sanity, une formation allemande inconnue de notre équipe qui se présente en premier sur scène. Autant être transparent tout de suite, le Black Mélodique proposé par les Berlinois ne nous emballe guère : manque de cohérence et de précision dans l’enchainement des morceaux, un son qui sature rapidement, et un chanteur dont la voix ne nous fait pas vibrer. Sanity a ses fans, nous n’en faisons pas partie, c’est ainsi !
En revanche, nous le serons un peu plus de Halls of Oblivion, formation allemande elle aussi, qui propose un Melodic Death/Black riche, aux accords développés, avec une finesse d’écriture qui alerte très vite nos oreilles. Le set s’articule essentiellement autour de leur deuxième album, Eighteen Hundred and Froze to Death, qui immerge le public dans une musique sombre, aux titres parfois Doom, interprétés par quatre musiciens impliqués et soucieux de produire une musique attractive et dénuée de facilité. Une très belle découverte !

Après ces deux hors-d’œuvre plus ou moins digestes, place à la première tête d’affiche tout droit venue de Pologne : Hate et son Black Metal sulfureux. Le groupe, formé en 1991, est loin d’être novice en la matière, et l’on se demande d’ailleurs pourquoi il est placé si tôt dans le running order. Hate déroule un set colossal, digne de ce que les Polonais savent faire : du son massif, des effets de scène impressionnants sans toutefois en faire trop, et des titres qui écrasent tout sur leur passage. Les fans de la première heure regretteront sans doute que Hate n’ait joué aucun “vieux” titre, se contentant des trois derniers albums et de “Erebos”, extrait de l’album du même nom, mais nous ne bouderons pas notre plaisir d’avoir entendu un set costaud de la part des Polonais, sans doute le meilleur de la soirée.
Arkona était attendu par ses nombreux fans venus en masse (tout est relatif au vu de la jauge). Le groupe emmené, depuis sa création en 2002, par l’énergique Masha déverse un Pagan Folk qui tranche avec ce que proposent les autres formations invitées sur scène. Mais la formule fonctionne bien : des riffs dansants et éclectiques, des mélodies riches et variées, et une énergie positive distillée tout au long d’un set apprécié et fortement applaudi.

En seulement deux albums, Patriarkh a presque réussi à faire oublier la période Batushka (néanmoins toujours actif) et ses controverses au sein de la formation polonaise. Dans un décorum quasi similaire à celui de ses homologues, les membres de Patriarkh nous emmènent dans une longue et hypnotique messe orthodoxe (croix, encens et psaumes à l’appui), au son de titres issus de leurs deux œuvres dont mon très mauvais polonais vous épargnera les noms. La performance est abrupte et le son monte en puissance au fil du show. Même si le mystère plane toujours autour de l’identité des musiciens, aucun doute n’est possible sur leurs qualités artistiques tellement le set est propre et plaisant à entendre. Un vrai moment de communion musicale.

L’année aura donc commencé de la plus belle des manières, en Belgique, avec, c’est à souligner, un concert qualitatif dont le prix reste très abordable. Et en ces temps d’après-fêtes, ça n’est pas négligeable !



