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LIVE-REPORT - Profanatica + Spiter + Matavitatau (D.V.G. Club - Courtrai)

  • Photo du rédacteur: Axl Meu
    Axl Meu
  • 6 déc. 2025
  • 5 min de lecture

Le 10 Novembre, nous avions rendez-vous au D.V.G. à l’occasion de la dernière date européenne des Américains de Profanatica , accompagnés de leurs concitoyens, Spiter. Une soirée Black Metal pour laquelle l’équipe de Heretik Magazine se devait d’être là.

Par Flavien Minne / Photos : Moris DC (Retrouvez plus de photos sur nos réseaux sociaux)

Retour au De Verlichte Geest club de Courtrai. Mais, ce soir, l’événement se fera dans la petite salle. A peine après avoir validé notre entrée, les organisateurs nous proposent de nous servir en bonbons mis à la disposition (“een snoepje ?”). Et la salle se montre accueillante comme nos hôtes : malgré son côté cossu, des bidons aménagés en mange-debout ainsi que des chaises à profusion nous attendent à notre gauche, le reste destiné à l’auditoire debout, venu écouter le premier groupe au nom bizarre : Matavitatau.

Outre cette petite particularité, les Gantois en ont une autre : le chant en latin. Malgré une moyenne d’âge plus proche des 30 ans que des 20, la jeune formation n’a à son actif qu’une démo, uniquement produite en cassette avec quatre titres, nommée Numen Nescio, sortie le 14 Février dernier.

Le décorum est mis en place : un crâne, de l’encens, des bougies noires et un pupitre guindé de satin noir. La petite estrade est ainsi bien chargée. Si la mise en scène paraît travaillée, les quatre protagonistes arrivent en jean baskets, juste le visage noirci. Et, aux vues de ce qu’on attendait, c’est une première petite déception.

Pendant trente minutes, Matavitatau va tenter de s’en sortir avec ses quatre longs titres que le blond chanteur semblait ne pas connaître (à se demander si c’est bien le chanteur), coincé derrière son autel, manipulant maladroitement une faux, au point de manquer de se blesser. La surprise vient du fait que le quatuor commence le set par un nouveau titre “Aliter Lachesi”, marqué par un martèlement de sticks, de gros riffs et de cris stridents pendant plus de neuf minutes. “Elicior Tenebris”, le deuxième item de la prestation, est marqué par un texte proclamé, chanté avec écho, un rythme plus soutenu et changeant ainsi qu’un duo de voix entre le frontman et Sparakter, le guitariste. Sans aucune transition, c’est à grands coups de cymbales et de double-caisse que Leimos entame “Mundo Casuro” sous les incantations. Le titre est caractérisé par de nombreux changements de rythme que le chanteur a bien du mal à suivre. Et c’est timidement qu’il lève le crâne à la fin du morceau. Son calvaire s’achève avec, encore, un nouveau morceau “Ex Imo Specu”... Fini, Parti,...Ouf !

Heureusement que Spiter est d’une autre trempe. Le groupe, créé en 2020 à Philadelphie, nous déverse un Black Metal horrifique, teinté de Punk. Avec, donc, seulement cinq ans d’existence, Spiter compte un album et deux EP dont le dernier Enter The Gates Of Fucking Hell est sorti en 2024. Une courte vie mais le combo a déjà subi un changement de line-up. Désormais le malingre chanteur-guitariste, Richard Spider, habillé de vinyle, aux ailes de chauve-souris, et de bracelets et de guêtres à clous est accompagné de la très dévêtue bassiste Mastory et du talentueux batteur Executor, âgé de seulement 22 ans. Le frontman apparaît sur notre gauche, sa guitare noire, ornée de toiles d’araignée agrippée à son épaule, la bassiste à droite et, traditionnellement la batterie centrale au fond. Si les trois artistes sont rivés à leurs postes, le show n’est pas du tout ennuyeux. Mastory se déhanche autour de sa basse, Executor déglingue son kit quant à Richard, à l’américaine, discute beaucoup avec le public, mettant en scène chaque morceau, le remettant dans son contexte, tout en jouant de sa cape chiroptérienne.

Concernant le set justement, le dernier EP évoqué plus haut est largement représenté, en commençant par le titre éponyme et “Drowing In Darkness”. Trois morceaux de l’album Bathe The Baby In Bat’s Blood (beaucoup de B là-dedans !) viennent s’incorporer dont “Tortured Soul” et “Living Nightmare” pendant lequel le frontman fixe l’auditoire dans les yeux à lui glacer le sang. Pendant ce titre aux nombreux changements de rythme, Richard vomit littéralement son chant.

Une courte pause et Bim ! C’est reparti avec la batterie de “Reflexion Of A Vampire”, un morceau super énergique, plaisant, presque drôle où se mêlent cris d’horreur aigus, gros riffs et accords inquiétants, la grosse caisse nous déchirant les tympans. Spider, au chant frénétique devient complètement dingue. Jouant avec sa cape, c’est dos au public et au centre de la scène qu’il annonce “666 On The Crucifix”, reprenant sa place, son chant et son attitude délirante. Pendant le refrain presque enfantin, “666” est scandé, Richard slamme en risquant à chaque mouvement de se prendre le micro en pleine tronche.

La fin du show est monstrueuse pendant “Cursed Eternal” pendant lequel le frontman fait des allers-retours sur scène, laissant le batteur faire son solo. 
Malgré l’accoutrement et les thèmes évoqués, Spiter arrive à éviter les pièges des clichés et de la caricature en offrant un concert absolument génial, sous le regard bienveillant de Paul Ledney au milieu du public.

Paul Ledney… Justement. Il est l’unique survivant des origines de Profanatica composé de trois membres fondateurs d’Incantation. Il faut dire que le combo en a subi des affres : créé en 1990, stoppé en 1992, repris en 2001, un bassiste actif de 2001 à 2006, puis revenu en 2024… la vie de Profanatica n’est pas un long Styx tranquille. Peu importe, aujourd’hui, le trio, vêtu et encapuchonné comme des moines malveillants, le corpse paint en larme, est à Courtrai pour achever le “Wrathed in Dead Angels European Tour”, commencé en Suède et passé par la Lituanie, la Pologne, Slovénie, Italie et Suisse.
C’est en suivant la même configuration de ses prédécesseurs sur scène que Paul “Mayhemic Slaughter Of The Heavens” et ses deux acolytes se présentent à nous. D’un geste tourbillonnant du doigt, ,il entame le show. Bien évidemment, avec un auteur-compositeur batteur-chanteur, la batterie, qui se fait matraquer dès le début, est l’élément central du tableau.

La discographie de Profanatica est aussi chaotique que son histoire avec des EP, des albums, des lives, mais en tout cas, elle est plutôt bien fournie. Et le public ne gâche pas son plaisir quand le groupe entame “Final Hour Of Christ” de 1992, puis les quatre premiers titres de Profanatitas de Demonatia de 2007, dont “Mocked, Scourged and Spit Upon” avec son rythme lent et son chant profond pendant lequel le guitariste Destroyer of Holy Hymens (ça ne s’invente pas, ce nom !) slamme comme un dingue. Puis arrivent “Conceived In Sin” de 2018, accompagné de battage caisse claire/double pédale, les changements de rythmes de “Sacramental Cum” de l’album Rotten Incarnation of God (2019).

Après une courte pause, Paul présente le dernier EP Wrathed In Dead Angels, sorti le 25 avril dernier avec “Hung In Golgotha” et “The Sixth Hour”, ainsi que ”Take Up The Cross” du dernier album de 2023 et finit en détruisant son kit par un titre du premier EP comme Le groupe a commencé le show.



Malgré la simplicité du jeu de scène, Profanatica nous a offert un concert énorme pour une dernière prestation de la journée. Paul le sait et, à peine après avoir quitté la scène, c’est au milieu du public qu’il vient profiter de ses derniers instants sur le Vieux Continent, signant des autographes sur les disques et posant pour les photos souvenirs. Une fois de plus, le D.V.G. nous a régalé de cette programmation pointue. Vivement la prochaine fois !



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