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LIVE-REPORT - Rock Hard Festival 2023 (Part. 2)

La première journée du Rock Hard Festival a été sympathique. La deuxième s’annonce aussi intéressante avec un solide programme variée avec en point d’orgue deux légendes de la scène métallique.

Par Franck Lasselle / Crédit photo : Moris DC

 

C’est en fin de matinée que les hostilités démarrent. L’amphithéâtre est bien rempli pour accueillir Midnight Rider. Formée en 2004, la formation allemande évolue dans un heavy à l’ancienne à la croisée de Judas Priest, Riot et Saxon. "I Wanna Be A Prowler" démarre fort avec un gros riff Heavy. Derrière on savoure un ton rapide et mélodique porté par un chant aigu aiguisé. Le délicieux jus Heavy fait mouche et ravit la foule. "No Man’s Land" fait effet avec le chant haut perché et un côté 70’s dans les riffs et soli. L’accueil est excellent et avec "Majestic Warfare" et "Beyond The Blood Red Horizon", on retrouve un ton heavy qui fait taper du pied. Les refrains sont excellents et sur la deuxième le côté épique et mélodique évoque Rainbow. "Heroes And Speedfreaks" a un côté hard rock à la Motörhead avec une mélodie agréable. "Intruder, Demons" et "Opium Trail" ravissent avec un ton Heavy galopant dans l’esprit des années 80 avec de bons refrains plein de charme. Le final avec Midnight Rider est parfait avec un ton 70’s proche de Black Sabbath. Midnight Rider a lancé la journée idéalement avec un concert frais et sympathique.





Avec Knife, le ton va être plus méchant. Cette jeune formation allemande a été bercée par Midnight et Bütcher dans un esprit black punk speed hérité de Venom. Avec "Chromium Prayer", le groupe ne fait dans la dentelle. Le son est cru et crade et les hurlements de damné de Vince font effet. Le côté rapide scotche avec un côté barge. Après ce solide début la pression ne va pas retomber. Avec "Inside The Electric Circus" ou "Black Leather Hounds Knife", le ton se fait intense. Riffs et soli sont balancés à toute allure avec un côté mélodique ultra rapide. Les refrains sont efficaces et parfaitement hurlés et la foule apprécie. L’accueil est excellent et la suite va être du même acabit. Le côté dément de titres comme "Sword Loser" ou "I Am Loser" est contagieux auprès d’un public déchaîné. Jamais le rythme ne va baisser et il va même s’accélérer. "Knife", "Demon Wind" ou "Sacrifice" sont des claques d’une férocité digne des anciens. Le groupe apprécie l’ambiance et cela se ressent au détour d’un speech enjoué. Avec "Behold The Horse Of War" et "White Witch Black Death", le groupe reste en mode méchant en parfait représentant du son speed black 80’s. Avec "Sacrifice", la cérémonie s’achève avec une reprise Bathory jouissive tant elle est monstrueuse d’intensité. Knife a donné un concert sauvage et a fait plaisir à la frange old school du public.




Après cette tempête un revenant s’annonce. Disparu depuis 1998 les allemands de Depressive Age sont revenus en 2022 et donnent leur premier concert depuis plus de 25 ans. La formation garde de l’époque Jochen Klemp et Jen Lubitzki dans ses rangs. Véritable Ovni la formation était à part avec un thrash technique chargé de mélancolie dans un esprit dépressif. Avec "Lying In Wait", le ton est donné. Le ton se fait tantôt mélodique tantôt costaud et au dessus plane la voix grave et sombre à fleur de peau d’un Jan plongé dans son univers. Il se fait aider par Brutus au ton Thrash puissant. La suite se fait dans un esprit brut de décoffrage, le côté Thrash technique s’impose. "We Hate Happy Ends", "Berlin" et "World In Veins" montrent une certaine folie avec un décalage entre la violence et un chant grave profond. Il y a du désespoir, en forme de fin des temps, qui plane avec un Jam possédé et une force technique impressionnante. Porté par les deux chanteurs Cairo Crabat amène un grain de folie. Violence et mélancolie ne font plus qu’un et l’intensité prend à la gorge . Avec des percus sur scène "Electric Scum" est un déchaînement de rage. Par intermittence les percus et le chant grave calment le jeu. Tout cela impressionne et War est une autre tarte puissante avec toujours les chants en adéquation. "Inondent In Detention" démarre en mode ballade porté par un Jan au ton gothique. Puis le ton change pour devenir rageur avec un splendide solo techno Thrash. "Eternal Twins" achève le concert entre Thrash et mélancolie avec un côté violent mettant le feu à la fosse. Depressive Age a réussi son retour, il n’a rien perdu de son charme et la suite de ses aventures sera guettée de prêt.





Une pause est bienvenue car la folie va encore être au rendez-vous avec Voivod qui remplace Discharge . Retrouver la légende Techno Thrash canadienne est un plaisir, surtout que le groupe est en tournée anniversaire. D’entrée avec "Killing Technology", le groupe dégaine un classique. Véritable tourbillon technique le titre est fou et intense porté par le chant habité de Snake. Les soli et riffs sont hallucinants de maîtrise, le côté hypnotique dégagée fait effet sur une foule ravie. "Obsolete Beings" est toute aussi barge et confirme que le groupe reste un monstre technique impressionnant. La folie est totale et le break calme amène un côté sombre. Le public est ravi, le groupe évoque ses 40 ans et derrière va faire mal avec des titres rarement joués. "Macrosolutions To Megaproblems" et "Rise" sont fabuleuses de classe avec une technique hors normes. Tout cela scotche sur place, la force dégagée est énorme avec un Snake impérial sur des refrains fous. L’histoire est devant nous et Snake se souvient de Piggy, évoque la venue de Jason Newsted pour Voivod sorti en 2003 puis balance "Rebel Robot". Lourd et méchant, le titre est une claque intense qui a été plaisante à redécouvrir. "Thrashing Rage" plonge vers 1986 avec un côté rageur méchant. Le public apprécie et accueille les récents "Holographic Thinking" et "Sleeves Off" avec un plaisir certain. Portés par la voix robotique de Snake, ils collent au mur avec la même force technique. Entre les deux le chanteur se souvient de ses jeunes années et remercie chaleureusement le public pour son soutien. C’est dans une ambiance amicale que Voivod achève le concert. Intense et rageur le titre demeure un classique que l’on ne se lasse pas d’entendre. Voivod a fait honneur à sa légende avec une setlist variée et a montré une belle forme.





Avec Brian Downeys’ Alive And Dangerous, le festival effectue un plongeon dans le passé. Le légendaire batteur de Thin Lizzy a monté un groupe pour rendre hommage à Phil Lynott. D’entrée de jeu, avec "Are You Ready?", le groupe est convaincant. Downey est en forme et en avant dans le mixe. À ses côtés, c’est une réussite, Matt Wilson a le feeling vocal idéal très proche de la voix de Lynott. Musicalement, avec Michal et Jo aux guitares, le travail est fait de manière impeccable en forme de parfaite relecture "Jailbreak" est toute aussi réussie. L’interprétation est parfaite et le public est ravi de retrouver un classique. Le speech met Downey à l’honneur dans une belle ambiance. Les perles vont s’enchaîner pour notre plus grand plaisir. "Emerald", "Rosalie" et "Warriors" sont splendides et confirment le talent du groupe pour retranscrire les chansons à la perfection. "Still In Love With You" est toujours aussi belle et sensible et fait chavirer chaque spectateur, Matt se montrant au top sur un titre si délicat. Avec "Dancing In The Moonlight", "Massacre" et "Cowboy Song", le groupe est toujours au point. Ces classiques du hard mélodique font un tabac auprès d’un public qui participe à la fête et savoure un feeling remarquable. La chaleur de l’époque est là et le final va être somptueux. Premier classique "The Boys Are Back In Town" fait un tabac et reste un des plus grands titres de hard rock de l’histoire avec un refrain fabuleux. Teinté celtique et irlandais "Roisin Dubh (Black Rose)" colle le frisson avec sa mélodie légendaire. "Whiskey In The Jar" achève les hostilités avec son refrain et sa mélodie traditionnelle imparable. Brian Downey’s Alive And Dangerous a été parfait. Le batteur a montré une belle forme et a su bien s’entourer de musiciens respectueux de la légende irlandaise.



Nestor était attendu plus tôt dans la journée mais a du être reprogrammé suite à un retard. La formation suédoise avait fait un passage éclair à la fin des années 80 avec juste deux EP. Elle a fait un retour inattendu et a enfin rencontré le succès grâce à des singles efficaces sur son album de 2021 taillé dans un pur Hard FM. La foule attend de pied ferme et l’intro emprunté à l’Exorciste fait effet. "Kids In A Ghost Town" est idéal pour débuter, le ton FM sucré est savoureux tout comme la voix qui évoque Journey. Il s’y ajoute un excellent solo et tout cela se fait entraînant. Derrière, le groupe va se faire séduisant et efficace. "Stone Cold Eyes", "These Days", "Perfect 10" et "On The Run" cartonnent auprès d’un public qui mange dans la main du groupe. Les mélodies FM sont superbes, le clavier est en avant et les refrains accrocheurs marchent à fond. Le groupe a un sens de la mélodie imparable et fait mouche. Il distille quelques bons riffs Heavy et tout cela est efficace. La ballade "Tomorrow", est efficace avec un côté crapuleux irrésistible, le duo vocal fonctionnant à merveille. La suite va retrouver le ton Hard mélodique et accrocheur. "Signed In Blood", "Firesign" et "1989" sont typiques du son de l’époque avec des refrains repris en chœur. Après la photo traditionnelle, le groupe a le temps pour un rappel. Il propose une version dynamique du "I Wanna Dance With Somebody" de Whitney Houston. Le duo vocal est de retour et tout cela fait un carton grâce à un refrain irrésistible. Nestor a proposé un concert frais et dynamique et a mit une sacrée ambiance dans l’amphithéâtre.





Il accueille ensuite le premier gros morceau de la journée avec Sodom. Invité surprise en 2022, le groupe allemand est de retour pour tabasser l’audience avec son Thrash incisif. Avec "Silence is Conscient", le concert démarre de manière sauvage. Le court brûlot est brut de décoffrage et défonce avec un Tom furieux en mode abrasif. "Nuclear Winter" ne laisse pas souffler. Tout aussi barbare, le titre est une leçon de Thrash au rythme d’une rare intensité. Derrière, Sodom ne lâche rien et balance du lourd décidé à faire mal. "Sodom & Gomorrah", "Outbreak Of Evil" et "Conflagration" sont des leçons Thrash. La charge est impressionnante avec un côté rapide en forme de tartine dans la gueule. Quasi à la maison Tom apprécie l’accueil et l’ambiance chaleureuse. Avec "Sodomy And Lust", l’ambiance monte d’un bon cran. Ce classique au refrain énorme et dotée d’une vitesse de jeu intense fait un carton. "Book Burning" est une autre courte claque d’une rare intensité. Autre classique total, "Agent Orange" et sa fumée rencontrent un accueil royal. Le refrain fait effet et la complicité entre le groupe et le public est totale dans un esprit fun. Emprunté à Tank "Don’t Walk Away" ravit avec sa force Heavy Thrash puis "Equinox" et "Caligula" dépotent avec une force de frappe énorme. L’antique "Blasphemer" est d’une rare sauvagerie avec un ton speed black 80. Porté par un refrain énorme de puissance, "Incest" fait mal avec un Tom en grande forme qui hurle avec une force remarquable. "Bombenhagel" démolit tout en mode boucherie d’une rare puissance. Sodom a été grand, il a proposé une prestation d’une intensité dingue et confirmé qu’il restait un des grands noms du Thrash.




Après une pause bienvenue c’est un autre grand du Thrash qui s’annonce. Testament est attendu par la foule. Dépanné par Phil Demmel en l’absence d’Alex Skolnick, le groupe démarre à l’heure devant respecter le strict couvre feu. Après une bonne intro pour mettre l’ambiance, Chuck balance un gros cri. Avec "Rise Up", le public reçoit une bonne tranche de Thrash porté par un gros refrain et la vox aiguisée de Chuck. Le rythme est costaud et tout cela dépote. Derrière, le groupe va donner la leçon avec de gros classiques. "The New Order", "The Preacher" et "Children Of The Next Level" font mal. Chuck est en forme et affiche un charisme énorme. Demmel assure et cela fait un carton auprès d’un public ravi de retrouver ces classiques. Avec "Practice What You Preach", c’est un autre classique qui fait bouillir la fosse en forme de bonne claque. "WWIII" fait aussi mal avec des soli de haute volée. Puis "D.N..R" renvoi" en 1995 avec un ton ultra violent, quasi Death porté par un refrain énorme. "3 Days In Darkness", "The Haunting" et "Night Of The Witch" se font féroces et rencontrent un franc succès. Porté par un refrain splendide "More Than Meets The Eye" est une claque qui confirme le talent de Chuck pour se faire à la fois puissant et accrocheur. Le final ne va pas faire dans la demi-mesure. "Over The Wall" et "Into The Pit" mettent le feu à la fosse en mode Thrash Old School. "Disciples Of The Watch" et "Alone In The Dark" achevant une foule ravie de la tarte reçue avec un effet bœuf intense. Le couvre feu est là et l’outro sur du Iron Maiden permet de finir le concert idéalement. Testament a été énorme, il a proposé un récital Thrash parfait et montré qu’il gardait une forme olympique.





Cela achève une deuxième journée variée. Les concerts ont été de grande qualité, le public au rendez-vous et cela promet une dernière journée de haute volée.





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