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MESSALINA

Comprenant en son sein plusieurs membres d’Igorrr, Messalina est un projet parallèle qui mérite d’être mis en avant comme il se doit. Auteur d’un premier EP, Golden Wounds, le groupe emmené par JB Le Bail a accepté de nous le présenter.

Par Axl Meu


Avant de parler de Messalina, comment vas-tu ? J'ai l'impression que tu vis à 200 à l'heure. Entre Igorrr, NovaLux, les festivals… trouver un moment avec toi n'a pas été simple !

(rires) C'est vrai qu'il y a énormément de travail en ce moment. On prépare la tournée estivale d'Igorrr, le Hellfest arrive, il y a aussi la programmation du Nomad Headbang Festival, la sortie de l'EP de Messalina… C'est une très belle période avec beaucoup de projets qui avancent en parallèle.


Messalina est un projet récent. Peut-on le considérer comme la suite logique de Dirty Black Summer après la fin du groupe ?

Oui, en partie. Il y a déjà un membre de Dirty Black Summer dans Messalina, mais je vois surtout ce groupe comme la continuité de plusieurs envies artistiques que j'avais depuis longtemps. Il y a des éléments que j'avais explorés sur la fin de Svart Crown, notamment des morceaux plus introspectifs et solennels, auxquels viennent s'ajouter certaines choses développées avec Dirty Black Summer. Tout cela se retrouve aujourd'hui dans Messalina, mais avec une identité propre et de nouvelles ambitions.

J'ai toujours eu besoin d'avoir un projet personnel dans lequel je peux m'exprimer totalement.


D'où vient le nom Messalina ?

À l'origine, ce n'était même pas censé être le nom du groupe. C'était simplement le titre provisoire d'un morceau. Je connaissais surtout la figure historique : une femme puissante, fascinante, presque inquiétante, capable d'exercer une véritable emprise. Le morceau parlait justement de ce type de personnalité. Lors d'une résidence d'écriture, Aymen, notre chanteur, cherchait un nom pour le groupe. Il a proposé Messalina. Ça nous a immédiatement semblé évident et nous ne lui avons jamais trouvé de meilleur remplaçant.


Depuis le groupe existe-t-il exactement ?

Les premières recherches de son remontent au début de 2024. Nous avons passé plusieurs mois à chercher notre identité. Nous avons même composé beaucoup de morceaux que nous avons finalement abandonnés parce qu'ils restaient trop proches de Dirty Black Summer. Les premiers titres qui nous ont vraiment convaincus sont arrivés durant l'été 2024. L'enregistrement de l'EP a débuté en janvier 2025 et s'est terminé à la fin de l'été.


En écoutant votre premier EP, Golden Wounds, on ressent une véritable volonté d'explorer quelque chose de plus expérimental, presque dans l'esprit Roadburn. Comment définirais-tu la musique de Messalina ?

J'ai toujours du mal avec les étiquettes. Nos influences vont du post-grunge à Deftones, jusqu'à Nine Inch Nails ou Crosses. On adore aussi Dool, Amenra, Hangman's Chair, Massive Attack, Portishead, le trip-hop, le post-rock ou encore Neurosis. Tout cela se mélange naturellement dans notre musique. Si je devais résumer l'intention de départ, je dirais qu'on voulait créer un groupe qui pourrait parfaitement trouver sa place au Roadburn.


"Le fil conducteur est clairement la renaissance. L'EP parle de ce qu'il reste après un drame ou une période difficile : comment on se reconstruit, comment on accepte ses cicatrices et comment on parvient à les transformer en quelque chose de beau."


Il n'y a que six morceaux, mais déjà trois invités prestigieux. Pourquoi ces collaborations ?

Parce qu'il s'agissait de vraies collaborations artistiques. Pour Raven de Dool sur "Born Again", j'avais déjà sa voix en tête lorsque j'ai composé le morceau. Je lui ai laissé une totale liberté sur la dernière partie, et elle a apporté quelque chose de magnifique, avec des influences très Dead Can Dance ou Lisa Gerrard. Pour Tim, nous lui avons simplement expliqué le thème du morceau avant de lui donner carte blanche. Il a immédiatement apporté sa personnalité. Enfin, Kælan Mikla... enfin Kabel, je l'ai découvert grâce à notre manager commun. J'avais été bluffé par sa voix sur une reprise de Depeche Mode avec Perturbator. Nous avions justement un morceau très dark wave qui lui correspondait parfaitement. Là aussi, il s'est véritablement approprié sa partie et a enrichi le morceau.


Au-delà des différentes couleurs musicales, quelles sont les grandes thématiques qui traversent Golden Wounds ?

Le fil conducteur est clairement la renaissance. L'EP parle de ce qu'il reste après un drame ou une période difficile : comment on se reconstruit, comment on accepte ses cicatrices et comment on parvient à les transformer en quelque chose de beau. Nous avons énormément été inspirés par le travail de Stéphanie Di Domenico, dont les photographies mettent en valeur des corps marqués par les blessures ou les opérations. Cette idée de réparation correspondait parfaitement au message du disque. Les textes parlent de dépression, de résilience, de vulnérabilité, mais sans jamais tomber dans le pathos. L'objectif n'est pas de s'apitoyer, mais d'expliquer comment on avance malgré tout.


Peut-on espérer voir Messalina défendre cet EP sur scène ?

Oui. Évidemment, Igorrr reste une priorité et plusieurs membres jouent dans les deux groupes, ce qui complique la logistique. Mais lorsque je m'investis dans un projet, je le fais à fond. Nous avons vraiment envie de défendre Messalina en live. Nous allons essayer de trouver les créneaux nécessaires pour développer le groupe sur scène.


Enfin, parlons aussi de NovaLux Productions. À l'origine, la structure servait essentiellement à accompagner tes projets. Aujourd'hui, elle semble avoir beaucoup évolué.

Exactement. À la base, NovaLux était la structure juridique qui accompagnait Svart Crown. Ensuite, je l'ai transformée en label afin de sortir mes propres projets sans dépendre d'une maison de disques. Aujourd'hui, nous faisons beaucoup de conseil stratégique et de management pour différents groupes. Nous travaillons aussi sur la programmation de festivals comme le ***Headbang, nous organisons des conférences, des stages et nous accompagnons de nombreux artistes, souvent dans l'ombre. Nous préférons limiter le nombre de groupes suivis afin de pouvoir nous investir totalement auprès de chacun.


Pour conclure, quel message aimerais-tu adresser à ceux qui découvriront Messalina ?

Cet EP m'a énormément aidé à traverser une période compliquée de ma vie. J'ai l'impression qu'il marque la fin d'un chapitre personnel. Si cette musique peut aider d'autres personnes à traverser leurs propres difficultés, à se reconnaître dans les textes ou simplement à retrouver un peu d'espoir, alors elle aura rempli son rôle.

MESSALINA

ORIGINE : Cannes

LINE-UP : JB Le Bail (Guitare / Chant), Aymen Mahjoubi (Guitare / Chant), Alexis Fedunizin (Basse), Rémi Serafino (Batterie)



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