ROCK HARD FESTIVAL (Part. 2)
- Axl Meu
- 11 juil.
- 5 min de lecture
Après une deuxième journée chargée et intense, le Rock Hard Festival lance une dernière journée prometteuse avec un programme riche et varié.
Par Franck Lasselle / Photos : Moris DC
Smorrah propose une entame musclée. Dès "Hope Dies Last", le groupe remue la foule avec un bon thrash groovy. Le timbre éraillé et puissant de Marius est impressionnant et, derrière, "No Positive Sides", "Age Of Decay" et "Death Awaits" font taper du pied grâce à un groove remuant. Marius fait aussi dans le chant death pour un résultat abrasif. Le final avec "Welcome To Your Nightmare" achève un public qui a apprécié l’énergie dégagée. Avec sa fougue, Smorrah a lancé la journée de manière idéale.

The Neptune Power Federation intrigue avec son décor et sa chanteuse, Screaming Loz Sutch, superbement costumée. Le plongeon dans un hard 70's psychédélique est total, porté par le timbre habité de Loz, digne de Janis Joplin. Le côté direct de la musique est prenant et la suite est flamboyante. Il y a du blues, du hard rock, du groove 70's avec un côté hypnotique. Loz en impose par la force de sa voix et par son charisme. Le final avec la reprise explosive de "Metal Health" de Quiet Riot est intense. The Neptune Power Federation frappe un grand coup avec un concert riche, frais et généreux.

Avec Nailed To Obscurity, le death mélodique est à l’honneur. L’intro mélancolique installe l’ambiance puis "Glass Bleeding" fait son effet. Raimund alterne entre growl et chant clair ; il dégage un timbre digne d’Insomnium avec un côté doom. La suite avec "Overcast", "Spirit Corrosion" ou "Deadening" est exquise. Puissance, force doom et mélodie se mêlent avec un côté mélancolique porté par un chant clair proche de Swallow The Sun ou Katatonia. Nailed To Obscurity propose un bel équilibre entre force et délicatesse.
L’alliance entre Ronnie Romero et Gus G donne le frisson aux amateurs de heavy mélodique. L’entame sur "Steel Burning" et "Force Majeure" est splendide. Ces instrumentaux permettent à Gus de briller avec une vitesse de jeu bluffante. "Bring The Rock" voit débarquer Ronnie, qui fait merveille avec son timbre éraillé. Le concert alterne reprises de classiques ("The Mob Rules", "Kill The King", "Highway Star") et compositions personnelles comme "Frenemy" et "My Premonition". Le résultat est divin : Gus bluffe tandis que Ronnie brille avec un timbre digne de Dio. Le final avec "Bark At The Moon" et "War Pigs" est une ode à Ozzy Osbourne. Ronnie assure tandis que son compère impressionne. Ronnie Romero & Gus G ont proposé un concert en forme de leçon de hard mélodique.

Les Allemands de Lucifer plongent la foule dans un heavy inspiré des années 70. Porté par la charismatique Johanna, le groupe démarre fort avec "Anubis". Le son est lourd et puissant, la voix profonde et habitée de Johanna est hypnotique. "Ghosts", "Wild Hearses", "Lucifer" ou "Slow Dance In A Crypt" sont impressionnantes. Il se dégage une énorme force heavy doom dans laquelle ressort l’esprit de Black Sabbath. Le final est savoureux et transporte dans les années 70. "The Dead Don’t Speak", "Bring Me His Head" et "Goin’ Blind", emprunté à Kiss, sont portés par la voix ténébreuse de Johanna. Lucifer a donné un concert envoûtant, noir et hypnotique.

Uli Jon Roth met à l’honneur Virgin Killer pour son cinquantième anniversaire. "Pictured Life", "Catch Your Train", "Backstage Queen", "Polar Nights" ou "Sun In My Hand" fascinent. Uli brille sur chaque riff et solo avec ce toucher aérien si particulier qui le caractérise. Le chant est bluffant, au niveau de Klaus Meine, à la fois éraillé et accrocheur. Après l’interprétation de l’album, "We’ll Burn The Sky" et "In Trance" mettent le feu en parfaits classiques hard rock. La reprise de Bob Dylan à la sauce Jimi Hendrix, "All Along The Watchtower", est pleine d’un feeling 70's hypnotique. Uli Jon Roth a proposé un concert nostalgique exceptionnel, parfait plongeon dans l’âge d’or du hard rock.

Mikkey Dee met Motörhead à l’honneur en proposant un concert consacré à des titres moins connus. "Love Me Like A Reptile" est une entame parfaite, portée par un refrain vénéneux. Le rythme ne retombe jamais. "Iron Fist", "Killers", "Shoot You In The Back", "In The Name Of Tragedy" ou "I Got Mine" rappellent à quel point Lemmy et Motörhead savaient proposer des titres variés. Le petit mot pour Phil Campbell est touchant ; on ressent le profond amour de Mikkey pour Motörhead.

La dernière partie met les classiques à l’honneur. "Orgasmatron", "Sacrifice", "Born To Raise Hell" ou "Killed By Death" cartonnent, portés par des riffs et des refrains fabuleux. "Shine" et son côté boogie hard remuent la foule. Le final avec "Ace Of Spades" et "Overkill" donne le frisson ; la puissance dégagée par Mikkey derrière ses fûts ne laisse personne indemne. Mikkey Dee a proposé un concert frais et sincère, parfait hommage à Motörhead et à son légendaire chanteur.

Saxon a l’honneur de clôturer le festival. L’entame sur "Hell, Fire And Damnation" est une claque heavy metal. Biff est en forme et, à ses côtés, on apprécie la classe de Brian Tatler à la guitare, qui accompagne parfaitement Doug Scarratt. Puis les moments de bravoure s’enchaînent. "Power And The Glory" cartonne, porté par un refrain fabuleux. Plus typés hard rock, "Backs To The Wall" et "And The Band Played On" remuent efficacement. Biff est bavard et heureux de l’accueil chaleureux du public.

Avec "Solid Ball Of Rock", Saxon balance un missile heavy porté par un refrain fédérateur qui permet à Biff de jouer avec la foule de manière espiègle. Les classiques sont ensuite de sortie. "Heavy Metal Thunder", "Dallas 1 PM", "Strong Arm Of The Law" et "Motorcycle Man" ravissent une foule heureuse de savourer de si grands titres interprétés par des musiciens en grande forme. "Denim And Leather" voit Uli Jon Roth rejoindre Saxon. Le moment est prenant et met la foule en feu, heureuse de voir une si belle collaboration.

"Never Surrender" et "747 (Strangers In The Night)" cartonnent méchamment. Saxon ravit une foule bouillante qui profite de chaque instant avec délectation. La version longue de "Wheels Of Steel" est un grand moment. Le refrain est repris en chœur tandis que la partie instrumentale fait son effet. En rappel, le groupe balance du lourd. "Crusader" est un immense moment, une véritable claque heavy épique. "Princess Of The Night" constitue un final parfait, porté par un refrain fédérateur fabuleux.
Saxon a été une tête d’affiche parfaite. La légende britannique conserve une forme éclatante, portée par un Biff d’une classe fabuleuse, parfait frontman charismatique. Cela achève en beauté une nouvelle très belle édition du Rock Hard Festival. Le festival conserve cette taille humaine et familiale qui fait vraiment du bien.




