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Savage Lands

  • Photo du rédacteur: Axl Meu
    Axl Meu
  • 5 sept. 2025
  • 4 min de lecture

Face à la déforestation grandissante du Costa Rica et la mise en danger des écosystèmes, Sylvain Demercastel (artiste activiste) et Dirk Verbeuren (batteur de Megadeth) ont décidé d'agir en créant l'ONG Savage Lands en 2022. Très vite, ils réunissent de nombreux artistes et groupes autour d'eux : Andreas Kisser (Sepultura), John Tardy (Obituary), Gojira, Heilung... Sylvain Demercastel nous en dit un peu plus !

Par Céline De Beer-Wozniczka et Elise Formanczak

Savage Lands a été créée il y a deux ans pour lutter contre la déforestation grâce à la musique... 

La défense de l’environnement a toujours fait partie de mon quotidien, que ce soit en tant qu’artiste par les textes ou publications, ou en tant que militant. L’idée, en créant Savage Lands, était surtout de trouver une nouvelle façon d’être efficace, et de relier les mondes de la musique et de la forêt. Face à l’accélération de la destruction de la biodiversité après le Covid, j’ai eu envie de faire quelque chose de plus gros et de plus efficace que ce que je faisais seul au Costa Rica. D’où l’idée d’appeler Dirk Verbeuren et de lui proposer ce projet. 


Vous êtes associés au label Season Of Mist. Comment cette collaboration s’est-elle mise en place ? 

Très simplement : on avait un album à sortir et l’idée de ne pas signer un groupe mais une ONG. Season a été très réceptif et ils avaient envie de faire quelque chose pour l’environnement également. Donc on a tout de suite parlé le même langage !


De nombreux musiciens ont rejoint le projet. Comment avez-vous réussi à les convaincre et les réunir afin de sensibiliser le public à la cause écologique ? 

Ça, c’est le job de Dirk puisqu’il a beaucoup de contacts dans le milieu. Il est très respecté et les gens ont eu envie de soutenir le projet. Il y a aussi eu des artistes qui ont pris un peu plus de temps à accepter, mais c’était histoire de vérifier que le projet est sérieux… Je pense qu’aujourd’hui, tout le monde a compris que Savage Lands est là pour une bonne raison et qu’on ne va pas s’arrêter de sitôt ! Il y a tellement de boulot et de projets à défendre ! On est bien occupé !


Chaque écoute participe à la vie de l’ONG. Comment cela fonctionne-t-il et à quoi sert concrètement l’argent récolté  ? 

C’est l’originalité de ce projet ! Habituellement, les artistes peuvent reverser un pourcentage quand ils souhaitent soutenir une ONG. Là, c’est directement l’ONG qui reçoit 100% des revenus liés à la musique ! Et tout ça vient financer des opérations de reforestation, ou l’acquisition de terres pour créer des sanctuaires intouchables. En gros, il suffit de headbanger en écoutant Savage Lands et c’est déjà une forme de soutien. Même si on sait que l’argent généré par la musique ne ligne est infime, le symbole est cool ! Tout le monde peut donc nous soutenir, même sans consacrer de temps sur le terrain ou d’argent !


Savage Lands était présent au Hellfest 2024, cela a dû être une expérience incroyable...

En fait, ça a été le fruit de deux années de construction. Ben Barbaud a observé ce que nous faisions et a écouté ce que nous avions à dire. Il a choisi de travailler sur un projet durable avec nous, et comme il ne fait pas les choses à moitié, voilà ! Il nous a dit : « Ok ! On s’y met sérieusement ! » 



Le Hellfest a d’ailleurs décidé d’investir de façon importante dans l’ONG et pendant 5 ans. Sous quelle forme ce partenariat va-il se concrétiser ?

Il y a une donation annuelle qui va permettre de financer de plus gros projets et de professionnaliser Savage Lands. Il va y avoir également des rapprochements avec d’autres ONG car on est toujours plus forts à plusieurs. Il y aura aussi une présence de Savage Lands sur le Hellfest avec un stand, des actions ludiques et pédagogiques, des artistes et sûrement d’autres surprises pour tenter de créer une véritable dynamique avec la communauté Metal.


Quelle vision as-tu de la prise de conscience écologique actuelle des concerts et festivals ? 

Je pense qu’il se passe un truc et notre accord avec le Hellfest est un super signal. J’espère que d’autres évènements souhaiteront nous rejoindre. Nous ne sommes pas dans une logique de moralisation, en disant aux festivals comment gérer techniquement leur prod par exemple. Par contre, on essaie de les embarquer dans un projet qui met la biodiversité au centre de la pensée environnementale. C’est, pour nous, la base si on veut ensuite progresser et arriver à évoluer correctement en arrêtant de tout détruire autour de nous.


Est-ce suffisant aujourd’hui pour toi ? 

Tant que les écosystèmes seront en déclin, on ne pourra pas se satisfaire d’annonces ou de mesures symboliques. Mais il faut commencer quelque part, et si chacun tente de faire avancer les choses, on passera peut-être à une étape supérieure plus rapidement.


Quels sont les projets de Savage Lands pour ces prochains mois ?

On vient de monter Savage Lands France (vous pouvez adhérer !). Il y a aussi un album à sortir pour lequel on finalise un clip avec un invité surprise… Evidemment, il y a aussi beaucoup de boulot sur le terrain : là, je sors juste d’une journée de plantation et on est en train de mettre en place un projet de création de forêt sur une zone publique au Costa Rica... On va également monter des projets sur le territoire français et européen. Et on a validé un accord avec Heilung qui va entrer dans notre comité d’orientation aux côtés de scientifiques du CNRS pour choisir les projets les plus pertinents. Heilung a d’ailleurs également pris la décision de nous reverser 1€ par billet vendu pendant leur tournée. Tout comme le fait le FuriosFest depuis deux ans déjà. Ça nous donne un énorme coup de boost ainsi qu’une grande responsabilité ! Dirk et moi sommes bien contents d’avoir pris la décision de monter cette ONG ! J’en profite aussi pour dire merci à la communauté Metal qui est vraiment une belle communauté ! Je le remarque d’autant plus que je ne l’avais pas revue depuis une quinzaine d’années ! (Sylvain Demercastel, en plus d’être un activiste, un vidéaste et un surfeur, a aussi été à la tête du label indépendant Wet Music et du groupe Artsonic de 1992 à 2004...avec un certain Dirk à la batterie ! Ndlr) 


Internet : www.savagelands.org



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