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SCORPIONS (Accor Arena - Paris)

Nouvelle série de concerts pour Scorpions qui, un an après son dernier passage à Paris, décide une nouvelle fois d'investir l'Accor Arena dans le cadre de sa tournée anniversaire célébrant ses 60 ans de carrière. Pour cette nouvelle date parisienne, l'Accor Arena affichait complet plusieurs jours avant le jour J. Une nouvelle preuve, s'il en est encore besoin, que Scorpions a réussi à conserver sa popularité, voire à l'accroître, année après année.

Par Axl Meu

Mais un étrange sentiment flotte toujours dans les airs à chaque fois que nous voyons les Allemands sur scène. C'était déjà le cas ces trois dernières années, au Wacken Open Air en 2024, au Hellfest en 2025, et de nouveau cette année : celui d'assister à l'une des dernières performances de Scorpions. Toutes les raisons sont bonnes pour aller saluer – une dernière fois ? – Klaus Meine, Rudolf Schenker ou encore Matthias Jabs.


Pour cette nouvelle série de dates françaises, Adam Bomb a été chargé d'ouvrir les hostilités. Adam Bomb, c'est un peu la rockstar américaine méconnue qui a toujours côtoyé les plus grands sans jamais réellement percer. Pourtant, son heure semble être venue grâce à cette belle opportunité. Épaulé par le batteur nordiste Léonard Cakolli, Adam Bomb dispose d'une demi-heure pour faire ses preuves, guitare lumineuse à la main, devant un public qui ne connaît pas vraiment son répertoire, si ce n'est son unique classique, « Je t'aime bébé ». Le show réserve quelques surprises amusantes, comme plusieurs démonstrations de guitare (inutiles ?) basées sur "La Marseillaise", ou encore une reprise d'un autre hymne français, « Antisocial » de Trust. Rien d'inoubliable au final, mais une belle mise en lumière pour son batteur nordiste.

À 21 h précises, les lumières s’éteignent et une rétrospective retraçant soixante ans d’histoire défile sur les écrans, avant que « Coming Home » n’ouvre les hostilités. C’est parti pour une belle célébration de l’immense carrière des Allemands. Bien sûr, à 78 ans, Klaus Meine suscite forcément quelques interrogations : les aigus sont parfois difficiles à atteindre, mais difficile de lui en tenir rigueur. Il est en forme et particulièrement communicatif, tout en montrant toute son affection pour le public français.


La setlist de ce soir fait naturellement la part belle à Love at First Sting (1984) (« Bad Boys Running Wild », « Big City Nights », « I’m Leaving You »), tout en gardant de près d’autres classiques comme « Make It Real » ou encore « The Zoo », avec le fameux solo de talk box de Matthias Jabs, ou encore « Blackout » et la guitare fumante de Rudolf Schenker.

Les plus nostalgiques auront également droit à leur moment avec le medley 70's, période Uli Jon Roth, enchaînant coup sur coup « Top of the Bill », « Speedy's Coming », « Steamrock Fever » et « Catch Your Train », rappelant alors la diversité du catalogue des Allemands, bien avant qu’ils ne deviennent des pop stars mondialement connues grâce aux classiques que l’on connaît : « Wind of Change », symbole de la fin de la Guerre Froide et la chute du Mur de Berlin, et enfin « Still Loving You », à priori, selon une légende urbaine, responsable du fameux baby-boom français des années 80.


Car au-delà des artifices (l’énorme Scorpion gonflable en fin de partie) et des démonstrations musicales (le solo de Matthias Jabs sur « Delicate Dance » et le solo de batterie de Mikkey Dee), Scorpions a toujours su parler – à sa manière – aux fans français. Une émotion, une personne, un souvenir, une anecdote : voilà ce qui unit Scorpions et son public français. À la fin du concert, il était une nouvelle fois impossible de ne pas s’incliner devant le roi Scorpions pour cette nouvelle preuve de générosité.

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