SOULFLY + VIOLENCE (The Black Lab - Wasquehal)
Lorsqu’une légende du Metal comme Max Cavalera est annoncée dans la région, les places s’arrachent en quelques minutes et laissent forcément des fans déçus sur le carreau. D’autant plus que la venue de Soulfly le 1er septembre dernier était programmée à The Black Lab, dont la jauge est limitée à 666 places. Il fallait donc être à l’heure pour venir applaudir une formation qui nous avait laissée perplexe cet été lors de l’Alcatraz Festival et que nous attendions de pied ferme pour une prestation plus intime en salle.
Par Fred VDP / Photos : Meli Vas
On sent une véritable effervescence en ce jour de rentrée scolaire, et pas seulement devant les établissements d’enseignement. Du côté de la rue des Champs à Wasquehal, les voitures affluent en masse et le parking est déjà plein lors de notre arrivée, 1h30 avant le début des concerts. Il faut dire que la venue de Soulfly dans l’enceinte de The Black Lab, qui fête ses cinq ans cette année, est un événement qui dépasse le monde du Metal, à tel point qu’une équipe de France 3 s’est déplacée pour un reportage exceptionnel et inédit !
C’est donc avec une certaine fierté que Violence, jeune groupe parisien que nous avions déjà entendu à Le Splendid en 2024, débarque sur scène pour une première partie énervée et à point pour une belle mise en bouche. La formation allie Hardcore, Dubstep et Trap habilement, à travers des titres soignés et un brin provocateurs, le tout emmené par Niveau Zero à la prod, aux machines et au chant secondaire. Très rapidement le public adhère au son de Violence, déclenchant les premiers pits et autres slams. Le set est efficace et on sent une progression dans le jeu de scène grâce notamment à des musiciens qui ne tiennent pas en place et qui expriment avec volubilité l’étendue de leur talent. Le groupe idéal pour démarrer une telle soirée !

Malgré la chaleur, le parterre reste bien fourni pendant le changement de plateau. Et c’est de la sortie de secours que Max Cavalera apparaît aux alentours de 21h10, sous les acclamations du public, avant de déclencher les hostilités sur « Back to the Primitive ». L’ambiance est chaleureuse et on sent que les fans sont ravis de communier avec le groupe. Très vite, Soulfly dégaine les tubes et ne laisse aucun moment de répit en enchainant « Seek’n’Strike », « No Hope=No fear », « Prophecy » et « No pain=No Power ». Mais si l’attitude positive du groupe et du public sont bel et bien au rendez-vous, la qualité sonore et surtout celle de la setlist le sont beaucoup moins. En effet, comme nous l’avions constaté cet été, le groupe peine à homogénéiser ses titres, et l’on s’ennuie rapidement sur certaines séquences dont on aurait pu se passer (notamment lorsque Max nous fait une piètre démonstration de berimbau, instrument traditionnel brésilien). Max semble fatigué (malade ?) et ne chante plus vraiment. Fort heureusement, les musiciens viennent compenser cette absence par une énergie et une palette instrumentale riche et talentueuse. Quelques points forts viennent cependant embellir le set : la venue de Richie Cavalera sur « Bleed », le cover de Deftones sur « Headup » et la longue séquence finale reprise par le public sur « Eye for an Eye ». Avec tout le respect que nous avons depuis de longues années pour Max Cavalera, les dernières prestations de l’emblématique frontman de Sepultura nous inquiètent, et ce soir encore, malgré l’énergie communicative, le concert est loin de nous convaincre.
Il est toujours difficile pour nous d’admettre qu’un groupe dont nous avons été fans n’est plus au top de sa forme. Espérons juste qu’il ne s’agissait là que d’un moment de fatigue et que nous retrouverons Soulfly, et particulièrement Max Cavalera, sous de meilleures auspices dans quelques temps.




