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DEVILDRIVER

  • Photo du rédacteur: Axl Meu
    Axl Meu
  • il y a 22 heures
  • 6 min de lecture

Connu pour son implication au sein de Coal Chamber pour les uns et pour son leadership au sein de DevilDriver pour les autres, Dez Fafara n'en reste pas moins un nom incontournable dans le domaine des musiques extrêmes. Après avoir traversé un véritable temps mort en raison de problèmes de santé, l'Américain est de retour avec DevilDriver, auteur d'un nouvel opus, Strike & Kill, sorti dernièrement chez Napalm Records. En amont de sa sortie, nous l'avions interviewé.

Par Axl Meu

La dernière fois que nous nous sommes parlé, tu traversais une période compliquée à cause de tes problèmes de santé. Comment te sens-tu aujourd'hui ?

Je vais très bien, merci. J'ai effectivement traversé une période assez difficile. J'ai été victime de violents vertiges qui m'ont conduit directement aux urgences. C'est arrivé sans prévenir... Le plus étonnant, c'est qu'en discutant avec d'autres musiciens, je me suis rendu compte que plusieurs avaient vécu la même chose récemment. Je ne sais pas si cela vient du rythme des tournées, des festivals, du fait de voyager constamment ou simplement de la fatigue... Certains ont même estimé même que ça pouvait être lié à des problèmes d'oreille interne... Aujourd'hui je vais très bien. Après tout ce qui s'est passé ces dernières années, je suis simplement heureux de pouvoir continuer à faire ce que j'aime.


Près de trois ans séparent la deuxième partie de Dealing With Demons et Strike & Kill. Dans quel état d'esprit as-tu abordé ce nouvel album ?

J'ai enregistré ce disque comme si c'était le premier album de ma carrière... mais aussi comme si c'était le dernier que j'allais laisser derrière moi. Je pense que beaucoup de groupes finissent par enregistrer des albums parce qu'il le faut. Ils connaissent la recette, ils entrent en studio, font leur travail et passent au suivant. Moi, je refuse cette façon de penser. À chaque chanson, je me suis demandé : « Si c'était mon premier album, est-ce que je serais prêt à tout donner pour convaincre les gens ? Et si c'était le dernier que j'enregistrais avant de mourir, est-ce que j'en serais vraiment fier ? » C'est cette mentalité qui a donné naissance à Strike & Kill. Je voulais retrouver cette urgence, cette faim, cette rage.

Même les prises de chant ont été faites de manière très instinctive. Beaucoup sont des premières ou des deuxièmes prises. Je n'ai jamais aimé passer quatre ou cinq heures à enregistrer trois minutes de musique. À moins d'écrire des chansons pop calibrées pour la radio, je trouve que cela tue complètement l'émotion. La musique doit rester vivante.


Le retour de ton bassiste d'origine, Jon Miller, et l'arrivée de Gabe Mangold ont profondément modifié le line-up de DevilDriver...

Le retour de Jon a été déterminant. Il a coécrit avec moi les cinq premiers albums de DevilDriver et connaît parfaitement l'identité du groupe. Le seul nouveau membre est Gabe, qui a également produit le disque. Dès le début, je leur ai dit une chose très simple : « Écrivez pour le logo. » Je ne voulais pas que chacun compose en fonction de ses envies personnelles ou de ce qu'il rêverait de faire dans un autre projet. Quand on écrit pour DevilDriver, on écrit pour DevilDriver. Les gens savent ce qu'ils viennent chercher chez nous, et il faut respecter cette identité. Je pense qu'à un moment, certains membres avaient perdu cette vision. L'un d'eux - qui est resté plus de vingt ans dans le groupe - essayait de prendre de plus en plus de place dans la composition, mais il n'écrivait plus pour DevilDriver. Il écrivait pour lui-même. Pour moi, c'était devenu un vrai problème. Je ne voulais pas revenir au son des débuts, parce qu'on ne peut pas refaire le passé.

En revanche, je voulais que tout le monde comprenne ce qu'est DevilDriver aujourd'hui. Nous sommes un groupe de groove. Les fans parlent désormais de Dark Groove, et je trouve cette définition assez juste. Mes influences viennent autant du punk que du rock gothique, et j'ai toujours aimé les groupes qui avaient une véritable personnalité. À partir du moment où tout le monde s'est remis à écrire avec cet état d'esprit, tout est redevenu naturel. Strike & Kill est probablement l'album qui représente le mieux ce qu'est DevilDriver aujourd'hui.



"Mes influences viennent autant du punk que du rock gothique, et j'ai toujours aimé les groupes qui avaient une véritable personnalité. À partir du moment où tout le monde s'est remis à écrire avec cet état d'esprit, tout est redevenu naturel. Strike & Kill est probablement l'album qui représente le mieux ce qu'est DevilDriver aujourd'hui."


"Seven Shadows" est sans doute le morceau le plus surprenant de l'album...

Oui, c'est probablement celui qui reflète le plus mes influences gothiques. Lorsque j'ai écouté la démo pour la première fois, j'ai immédiatement pensé à Bauhaus ou à The Sisters of Mercy. L'introduction est très sombre, presque hypnotique, avant que le morceau ne bascule dans quelque chose de beaucoup plus lourd. J'adore ce contraste. Les paroles, elles, sont nées dans des circonstances assez particulières. Il devait être deux heures du matin. J'étais seul dans mon studio. Les rideaux étaient noirs. Les murs aussi. Toute la pièce baignait dans une obscurité totale.

Pendant que j'écrivais, j'ai eu la très nette impression qu'une présence se trouvait derrière moi. C'est étrange à raconter parce que je ne suis pas quelqu'un qui invente ce genre d'histoires, mais c'est exactement ce que j'ai ressenti. J'en ai encore des frissons en en parlant. À un moment, je me suis presque surpris à dire : « S'il y a vraiment quelque chose dans cette pièce, alors viens... montre-toi. » C'est cette sensation qui a donné naissance à "Seven Shadows". Une chanson qui parle autant de l'invisible que de nos propres démons.


Tes textes semblent souvent très personnels...

Mes textes parlent parfois de moi, mais ils parlent surtout de nous tous. J'aime écrire des paroles dans lesquelles chacun peut y trouver un peu de soi à l'intérieur. Par exemple, "Dig Your Own Grave". Tout le monde peut creuser sa propre tombe. Il suffit parfois d'une mauvaise décision pour perdre son travail, sa famille ou tout ce qu'on a construit. C'est une réalité universelle.

En revanche, "Sanctified In Scars" est beaucoup plus personnelle. Cette chanson parle de mes trente années passées dans cette industrie. Les succès, les échecs, les albums qui ont été acclamés, ceux qui ont été sévèrement critiqués... Toutes ces expériences m'ont façonné. Les cicatrices font partie de mon identité. Je pense aussi que mon écriture est différente parce que je ne viens pas du monde du Heavy Metal.

Je suis probablement l'un des rares chanteurs de metal à dire ça, mais mes influences sont ailleurs. J'ai grandi avec Black Flag, Dead Kennedys, GBH, The Germs, Wasted Youth... puis avec toute la scène gothique comme Bauhaus ou The Sisters of Mercy. Quand on mélange ces influences à un groupe de metal, on obtient forcément quelque chose d'un peu différent. Je n'ai jamais voulu ressembler aux autres. Je préfère que les gens écoutent DevilDriver et se disent : « Je ne sais pas exactement dans quelle case les mettre... mais je reconnais immédiatement que c'est eux. »


Toi qui as failli mourir du COVID, as-tu une seule fois envisagé de mettre un terme à ta carrière ?

Le COVID a failli me tuer. Pendant un moment, je ne pouvais même plus traverser la rue pour aller chercher mon courrier. Je devais m'asseoir pendant vingt ou vingt-cinq minutes avant de pouvoir rentrer chez moi. Aujourd'hui, je vais beaucoup mieux. Je fais du skate presque tous les jours. Je surfe. Je roule à moto. Je marche constamment.

Je suis incapable de rester assis sans rien faire. Alors, forcément, je me suis demandé si la vie n'essayait pas de m'envoyer un message. Peut-être qu'elle voulait simplement me dire : « Ralentis un peu. Tu tournes depuis trente ans. Tu n'es pas obligé d'être toujours à cent à l'heure. » Mais je suis incapable de vivre autrement. La route est ma maison. Si je devais mourir quelque part, ça sera sans doute dans un tour-bus. Beaucoup de musiciens finissent par se lasser, ils n'ont plus envie de voyager, de monter sur scène ou de reprendre la route. Moi, c'est tout l'inverse. J'aime toujours autant tourner, jouer et rencontrer les fans. Cette passion ne m'a jamais quitté.

DEVILDRIVER

ORIGINE : Californie (États-Unis)

LINE-UP : Dez Fafara (chant), Jon Miller (basse), Alex Lee (guitare), Gabe Mangold (guitare), Davier Pérez (batterie)

FACEBOOK : DevilDriver



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