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LEX LEGION

  • Photo du rédacteur: Axl Meu
    Axl Meu
  • il y a 24 heures
  • 7 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 13 heures

Aujourd'hui, le nom de Mikkey Dee est avant tout associé à Motörhead et, plus récemment, à Scorpions. Pourtant, le batteur suédois a également été l'un des artisans des débuts de King Diamond, aux côtés d'Andy LaRocque. Ensemble, ils reviennent aujourd'hui avec Lex Legion, un nouveau projet 100 % heavy metal, qui vient de publier un premier album éponyme. À la veille du concert de Scorpions à l'Accor Arena, Mikkey Dee s'est entretenu avec la rédaction.

Par Axl Meu.

Lex Legion rassemble quatre anciens membres de King Diamond. Quand avez-vous décidé de vous retrouver ? 

Depuis notre séparation à la fin des années 80, nous sommes tous restés en contact. Andy LaRocque, Pete Blakk et Hal Patino et moi sommes restés amis. Nous avons partagé tellement de choses ensemble qu'il nous semblait naturel de continuer à échanger... Un jour, Pete m'a envoyé quelques riffs qu'il venait d'écrire. Dès la première écoute, je me suis dit : « C'est exactement ce qui nous faisait vibrer dans les années 80 ! » Je lui ai alors proposé d'appeler Andy et Hal pour voir s'ils seraient partants à l’idée de composer à nouveau ensemble, sans pression, juste pour le plaisir. Tout le monde a immédiatement adhéré au projet.


Et puis il a fallu trouver un chanteur, votre choix s'est finalement porté sur Nils K. Rue de Pagan’s Mind. 

Nous avions plusieurs noms en tête, notamment quelques chanteurs américains et britanniques. Mais Andy m'a parlé de Nils K. Rue, avec qui il avait travaillé en studio. Je connaissais un peu Pagan's Mind, mais pas suffisamment pour avoir une opinion arrêtée. Nous lui avons envoyé deux morceaux sans vraiment savoir à quoi nous attendre. Lorsqu'il nous les a renvoyés avec sa voix, nous avons tous eu exactement la même réaction : c'était le chanteur qu'il nous fallait. Il possédait cette puissance, et surtout, il ne cherchait pas à imiter qui que ce soit.


Et pourtant, les premières écoutes de ce premier album éponyme m’ont forcément fait penser à King Diamond…

La comparaison est inévitable, c'est clair. Après tout, nous avons tous les quatre marqué l'histoire de King Diamond. Comment ne pas faire le rapprochement ? Mais nous ne nous sommes jamais dit : « Faisons un nouvel album de King Diamond. » Notre objectif était simplement d'écrire la musique qui nous vient naturellement. En revanche, nous souhaitions des morceaux plus fluides, plus groovy, avec moins de cassures rythmiques et moins de démonstration technique.



"King Diamond fait encore partie de son quotidien. Pour lui, il était important de faire la part des choses : Il était essentiel pour lui (Andy LaRocque, NDLR) de repartir d'une feuille blanche et de composer des morceaux exclusivement pour Lex Legion."


Ce n'était pas trop difficile pour Andy LaRocque de s'éloigner de l'univers de King Diamond sachant qu’il fait toujours partie du groupe ?

En effet, je pense que c'était très compliqué pour lui. King Diamond fait encore partie de son quotidien. Pour lui, il était important de faire la part des choses : Il était essentiel pour lui de repartir d'une feuille blanche et de composer des morceaux exclusivement pour Lex Legion.


L’album est relativement court : il dure un peu plus de 35 minutes...

... Nous travaillons déjà sur la suite. C'est vrai : nous aurions pu ajouter une ou deux chansons supplémentaires, mais nous avons préféré sortir rapidement ce premier disque et prouver au public l'existence de Lex Legion.

Aujourd'hui, beaucoup de groupes publient des EP de quatre ou cinq morceaux. En ce qui nous concerne, nous avions neuf titres solides : nous étions satisfaits de leur qualité et nous avons estimé que c'était le bon moment de lancer le projet. Surtout, nous sommes déjà en train de travailler sur le deuxième album. Lorsque les deux disques seront disponibles, plus personne ne trouvera le premier opus trop court ! (Sourires) 


Justement, quelle est la suite pour Lex Legion ?

L'objectif est très clair : enregistrer un deuxième album dès que possible et partir en tournée. Nous donnerons d’ailleurs un premier concert à Göteborg le 28 novembre ! Ensuite, tout dépendra évidemment de mon emploi du temps avec Scorpions, mais nous espérons tourner dès l'année prochaine, notamment dans le cadre des festivals.


Aujourd’hui, tu continues d’être associé à Motörhead et désormais à Scorpions. Cependant, il est impossible pour les fans de King Diamond de faire l’impasse sur toi, toi qui as contribué aux quatre premiers albums de King Diamond…  

Quand j'ai rejoint King Diamond à la fin de l'année 1984, tout était nouveau pour moi. Nous étions jeunes, ambitieux et nous avions envie de construire quelque chose d'unique. Nous avons énormément tourné et enregistré des albums qui, aujourd'hui encore, continuent d'influencer de nombreux musiciens.

Ces années m'ont façonné, aussi bien humainement que musicalement. Elles m'ont permis de développer un style de batterie très personnel et de me faire connaître auprès des fans de heavy metal. Sans cette aventure, ma carrière n'aurait certainement pas pris la même direction.



"Fatal Portrait restera toujours un opus très important à mes yeux. Tout était nouveau. Nous découvrions les grandes tournées américaines et nous étions en train de construire quelque chose d'énorme. Puis est arrivé Abigail, qui nous a fait franchir un gros cap !"


D’ailleurs, penses-tu que King Diamond ait écouté le premier album de Lex Legion ?

Je suis quasiment certain qu'il l'a écouté. Après, je ne sais absolument pas ce qu'il en pense, parce qu'il ne m'en a jamais parlé. Mais je serais très surpris qu'il ne l'ait pas écouté. J'espère évidemment qu'il l’a apprécié. (Sourire) 


Quel est l'album de King Diamond qui compte le plus pour toi ?

C'est difficile d'en choisir un seul, parce que chacun représente une période très différente. Fatal Portrait restera toujours un opus très important à mes yeux. Tout était nouveau. Nous découvrions les grandes tournées américaines et nous étions en train de construire quelque chose d'énorme. Puis est arrivé Abigail, qui nous a fait franchir un gros cap ! Ensuite, Them est lui aussi très important. À cette époque, nous étions au sommet de notre créativité.

Après, il y a eu Conspiracy. J'adore cet album, je pense que les chansons sont excellentes, mais je n'ai malheureusement pas pu y consacrer autant de temps que sur les précédents. À l’époque, j'avais déjà quitté le groupe. King Diamond et les autres m’avaient finalement rappelé pour enregistrer les parties de batterie. Ils avaient essayé plusieurs batteurs, mais rien ne fonctionnait comme ils le souhaitaient. À cette époque, nos relations étaient alors assez tendues entre King et moi. Malgré cela, j'ai accepté de revenir, simplement parce que je voulais que le disque soit réussi.

La différence avec Abigail ou Fatal Portrait, c'est que sur ces albums nous avions travaillé les morceaux pendant des semaines. Pour Conspiracy, je suis arrivé pratiquement au dernier moment. J’ai dû apprendre les titres très rapidement avant d'entrer en studio. Malgré ces conditions, je reste fier du résultat.


Au fil de ta carrière, tu as joué avec King Diamond, Dokken, Motörhead et aujourd'hui Scorpions. Les quatre groupes n'ont pas tout à fait la même approche du Heavy Metal !

Pour moi, un batteur ne doit jamais chercher à imposer sa personnalité au détriment du groupe. Au contraire, il doit comprendre ce dont la musique a besoin. Quand j'ai quitté King Diamond, Dokken m'a permis de revenir à quelque chose de plus direct, plus rock. Ensuite, lorsque Lemmy m'a demandé de rejoindre Motörhead, j'ai compris qu'il fallait encore changer d'approche. J’aurais pu jouer des solos de batterie sur chaque morceau, faire des dizaines de variations... mais cela aurait complètement détruit l’identité musicale de Motörhead. Motörhead, c'est un coup de poing en pleine figure. C'est puissant, ça va droit au but, c’est sans fioritures. Je pense avoir réussi à apporter quelque chose en plus, notamment sur « Sacrifice » ou « Over Your Shoulder », mais toujours en restant au service de la musique.



"C'est aussi cette philosophie qui a permis à Lex Legion de voir le jour. Pas d'ego, pas de rivalité, pas de star. Si cet état d'esprit n'avait pas existé, je n'aurais jamais lancé ce projet."


Lorsque j'ai rejoint Scorpions, il y a maintenant 10 ans, je me suis posé la même question qu'avec Motörhead : comment apporter quelque chose sans dénaturer un groupe qui possède déjà son identité depuis des décennies ? Là encore, j'aurais pu arriver avec un jeu très démonstratif. Mais non. J'ai préféré écouter, comprendre la musique et trouver la bonne manière d'y intégrer ma personnalité. Aujourd'hui, je pense que la musique de Scorpions est devenue plus lourde, plus compacte. L'énergie sur scène est formidable et nous prenons énormément de plaisir à jouer ensemble. C'est aussi cette philosophie qui a permis à Lex Legion de voir le jour. Pas d'ego, pas de rivalité, pas de star. Si cet état d'esprit n'avait pas existé, je n'aurais jamais lancé ce projet.


Lex Legion est vraiment le fruit d’une belle histoire d’amitié. 

Absolument. C'est même quelque chose dont je suis très fier. D’ailleurs, lorsque nous avons créé Lex Legion, nous avons naturellement fait appel à plusieurs personnes qui travaillaient déjà avec Motörhead depuis de nombreuses années. Notre manager Todd J. Singerman est là, Neil Warnock aussi. Ce sont des gens en qui nous avons entièrement confiance. Ils connaissent notre manière de travailler et partagent les mêmes valeurs que nous. Finalement, Lex Legion s'appuie sur cette grande famille que Motörhead a construite au fil des décennies…


Tu continues également à jouer les morceaux de Motörhead avec Mikkey Dee & Friends, que l’on a dernièrement vu au Hellfest Open Air...

Il est très important pour moi de préciser une chose : nous ne cherchons absolument pas à remplacer Motörhead. Personne ne remplacera jamais Lemmy, ni Phil Taylor, ni Eddie Clarke. Avec Mikkey Dee & Friends, nous jouons simplement ces chansons parce que nous les aimons profondément et parce que nous savons qu'elles continuent de faire vibrer le public. Après chaque concert, beaucoup de jeunes viennent nous voir parce qu'ils n'ont jamais eu la chance de voir Motörhead sur scène. Certains étaient trop jeunes, d'autres ne les ont découverts qu'après la disparition de Lemmy. C'est ma manière de faire vivre cet héritage.

LEX LEGION

ORIGINE : Suède / États-Unis / Norvège

LINE-UP : Nils K. Rue (chant), Andy LaRocque (guitare), Pete Blakk (guitare), Hal Patino (basse), Mikkey Dee (batterie)

FACEBOOK : OfficialLexLegion



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