MONNEKŸN
- Axl Meu
- il y a 2 jours
- 4 min de lecture
Né d’une amitié et nourri par la culture skate et les grandes heures du Neo Metal, Monnekÿn s’impose aujourd’hui comme un nouveau visage de la fusion en France. Avec son EP, The Hundredth Night, le groupe présente une identité plus sombre et affirmés, où la puissance sonore, l’introspection et l’énergie de la scène s’assemblent.
Par Antoine Souchet
Monnekÿn est né d'une amitié. On imagine que cette complicité fait votre principale force aujourd'hui ?
Oui, clairement. Pour pouvoir créer de manière générale mais surtout artistiquement, si vous êtes plusieurs sur un projet, cela demande de la confiance et de la synergie, alors de pouvoir composer avec des gens que tu connais depuis longtemps, c’est un plus, car on se connait, et on sait qui aime quoi. Et puis sur scène c’est pareil, tu t’éclates avec tes potes et les gens apprécient. Donc tout le monde est gagnant !
Le projet s'est arrêté une première fois avant de renaître dix ans plus tard. Qu'est-ce qui a changé pour que ce retour soit le bon ?
La maturité. À l’époque, on s’est arrêté à la suite d’un départ dans le groupe, et on n’a jamais su trouver de remplaçant. Et puis la vie à continuer son cours on s’est consacré à nos boulots, nos vies. Sonny et moi – Gubs – nous nous sommes retrouvés sur un projet, et de là nous avons rencontré Kron, le batteur. Lorsque ce projet s’est terminé, on avait envie de refaire du son ensemble, et nous avons rappelé les anciens membres et reformé le groupe. Et on s’est dit avec ce nouveau line up complet : si on se lance dedans, on le fait à fond ou pas du tout !
Vos influences vont de Korn à Wu-Tang Clan en passant par Deftones et Dr. Dre. Comment réussissez-vous à faire cohabiter des univers aussi différents ?
Les influences sont aussi bien musicales que dans l’énergie que ces groupes proposent. C’est aussi de trouver des sonorités qui nous plaisent. Ce qui fait qu’on va trouver de l’inspiration aussi bien dans un riff de guitare, que sur un sample ou d’une façon de poser. En bref, on fait de la musique qui nous inspire et on le rend comme on le sent, ce qui donne ce mélange et cette énergie qui est en fait notre propre reflet et ce que l’on aime.
Parlons à présent de ce nouvel EP. Pourquoi avoir choisi le titre "The Hundredth Night" ? Que représente cette "centième nuit" pour vous ?
Au début, c’était un nom de démo, et puis on s’est rendu compte qu’il collait à ce qu’on voulait raconter dedans : les riff, l’ambiance sombre, les thèmes abordés, et comme il y a eu beaucoup de temps entre chaque piste, et parfois des nuits blanches, c’était assez logique de rester sur ce nom.
Cherchez-vous davantage à raconter votre histoire ou à permettre aux auditeurs de se reconnaître dans vos textes ?
On cherche à raconter nos propres histoires, au lieu de vouloir absolument chercher à se faire comprendre. Car vouloir absolument plaire à ton public sans passer par ce qui te parle à toi, c’est le meilleur moyen de le décevoir.
Le but principal est de générer des émotions. Donc sur une même chanson, il y en a qui vont y voir de la mélancolie, d’autre de la colère… ce qui compte c’est l’émotion.

"On fait de la musique qui nous inspire et on le rend comme on le sent, ce qui donne ce mélange et cette énergie qui est en fait notre propre reflet et ce que l’on aime."
Comment travaillez-vous l'équilibre entre nostalgie des années 2000 et sonorités plus modernes comme la trap ?
On travaille d’abord la structure du morceau qui peut rappeler le coté 00’, et ensuite voir si on peut rajouter des sonorités ou des codes plus modernes. Par exemple, Louis est au fait des nouveautés techniques et musicales. Il peut donc nous proposer des choses que l’on ne connaît pas et on essaye de le mixer pour en faire un cocktail à la Monnekÿn.
Vos concerts sont présentés comme de véritables spectacles inspirés de la culture skate. Comment cette culture influence-t-elle vos prestations ?
Tout d’abord, merci car c’est comme ça que l’on imagine nos prestations. Ceux qui nous ont déjà vu savent qu’en fonction de la taille de la scène on fait venir des breakers, ils nous accompagnent depuis le début et ça ajoute une ambiance et un vrai plus au spectacle. Les metalhead ne sont pas habitués à voir des mecs taper des saltos ou tourner sur la tête. Le métal et le break se marie très bien, mais pour ça faut venir nous voir.
Que souhaitez-vous que le public retienne en sortant d'un concert de Monnekÿn ?
Qu’ils aient passé un bon moment et qu’ils aient envie de revenir ! Ce qui est fou avec ce projet, c’est qu’à travers toutes les scènes qu’on a faites, on a croisé des gens tellement différents qui ont été conquis : que ça soit la jeune ado qui « n’écoute jamais de Metal », au papa barbu grisonnant avec une veste à patch, ou le coreux qui n’aime que les trucs archi-violent. À chaque fois on est toujours surpris par cet éclectisme et c’est génial !
Si vous pouviez partager l'affiche avec un groupe qui vous a inspirés, lequel choisiriez-vous et pourquoi ?
Je pense que Korn serait vraiment un truc de malade, la lourdeur de ce groupe, le coté brut qui est quasi similaire à l’époque, c’est clairement une énorme inspi pour nous, donc jouer avec nos pères fondateurs, ça serait un honneur mais avec une grosse pression avant de monter sur scène.
Est-ce que la Simian Nation est avant tout une communauté de fans ou une véritable philosophie qui reflète les valeurs du groupe ?
C’est un peu les deux, car le but était de fédérer un public mais pas que, c’est de faire sortir le coté animal – simien - aussi bien par l’énergie qu’ils peuvent avoir lors de nos concerts et même par les différences de chacun. On est tous des simiens : grands, petits, femmes, hommes, peu importe ta couleur, ta religion, fan de métal ou simple curieux… C’est ça le peuple simien !
MONNEKYN
ORIGINE : France
LINE-UP : Gubs et Louis Emrys (chant), Sonny et Cédric (guitare), Nash (basse), Meder (sample), Kron (batterie)
FACEBOOK : Monnekyn



