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DIMMU BORGIR

  • Photo du rédacteur: Axl Meu
    Axl Meu
  • il y a 2 jours
  • 5 min de lecture

Avec The Great Serpent Rising, Dimmu Borgir met enfin un terme à plus de huit ans d’absence discographique. Jamais avare en mélodies symphoniques et en puissance, la formation norvégienne nous livre un album particulièrement dense, construit autour des notions de reconstruction et de renaissance. En amont de sa sortie, nous avons rencontré Silenoz, emblématique guitariste du groupe.

Propos recueillis par Axl Meu

La rédaction d’Heretik Magazine a vu Dimmu Borgir se produire à de nombreuses reprises ces dernières années, notamment au Wacken Open Air sous une pluie battante… mais avec un son absolument colossal. À l’inverse, votre passage à l’Alcatraz Festival avait été marqué par plusieurs soucis techniques. 

Oui, c’est vrai. On a joué sur quelques festivals l’année dernière, mais on n’a pas énormément tourné ces dernières années. On avait d’autres choses à gérer. Et concernant l’Alcatraz… notre musique demande un vrai soundcheck pour fonctionner correctement. En festival, ce n’est pas toujours possible. Même avec la meilleure équipe technique du monde, certaines choses échappent à ton contrôle. Ce soir-là, il y a eu des problèmes. Ça arrive. Ça ne devrait pas arriver, mais c’est malheureusement la réalité quand tu joues des shows de cette ampleur.


Après l’été, vous partirez en tournée avec Behemoth, avec notamment une date au Zénith de Paris le 16 octobre prochain. À quoi faut-il s’attendre ?

J’ai vraiment hâte de cette tournée. Ça faisait longtemps qu’on échangeait avec Behemoth pour essayer de faire quelque chose ensemble, mais ça ne se concrétisait jamais. Cette fois, les planètes se sont enfin alignées. Pour le reste… on donnera le meilleur de nous-mêmes. Mais je préfère garder quelques surprises.


Huit ans se sont écoulés entre Eonian et The Great Serpent Rising. Beaucoup de choses ont changé au sein du groupe, notamment avec le départ de Galder. Comment avez-vous vécu cette période ?

Il voulait simplement se consacrer à d’autres projets, donc on s’est séparés. L’histoire n’est pas aussi dramatique que certains voudraient le croire. Et au final, son départ nous a même aidés à avancer plus rapidement sur l’album. Pour le remplacer, on a fait appel à Damage, un musicien qu’on connaît depuis longtemps. On voulait quelqu’un avec qui il y ait une vraie connexion, autant humainement que musicalement.


Que faut-il comprendre de The Great Serpent Rising ? Votre musique a toujours eu cette dimension très conceptuelle et cinématographique.

On n’a jamais vraiment eu de formule précise. Après autant d’années, autant d’albums et autant de morceaux, on continue à fonctionner de manière très instinctive. On assemble des idées, puis on regarde ce qui fonctionne naturellement. On ne décide jamais à l’avance du type d’album qu’on veut faire.


L’équilibre entre les morceaux les plus violents et les passages plus mid-tempo semble particulièrement naturel sur ce disque.

Parce que ça l’est justement. Quand on a décidé qu’il était temps d’enregistrer, on s’est rendu compte qu’on avait énormément de matériel. Au final, treize morceaux ont été retenus. Et je pense que cet album reflète vraiment toutes les facettes de Dimmu Borgir, y compris certaines références à nos premiers disques.




"Le serpent reste un symbole très ancien lié à la transformation et à la renaissance. Chaque nouvel album, chaque nouvelle chanson, c’est une manière d’abandonner une ancienne peau pour évoluer vers quelque chose de différent."


La dimension symphonique reste évidemment centrale. Comment avez-vous abordé les orchestrations cette fois-ci ?

On a utilisé un véritable orchestre symphonique uniquement sur quelques morceaux, pas sur l’ensemble du disque. Pareil pour les vrais chœurs. Aujourd’hui, la frontière entre un orchestre réel et des orchestrations programmées est devenue extrêmement fine. Mais sur certains titres, on avait besoin de cette dynamique organique qu’un vrai orchestre peut apporter.


Vous avez travaillé avec le Bratislava Symphony Orchestra sur plusieurs titres. Lesquels exactement ?

“Ascent”, “A Sin & Jansin”, notre premier single “Ulviel & Bloods Odel”, et probablement aussi l’introduction de l’album. Pour le reste, ça vient principalement de nos claviers et de notre manière habituelle de travailler.


Pourquoi cette imagerie du serpent ? Certains y voient des références à la Kundalini et à une forme de spiritualité plus ésotérique.

Je ne parlerais pas d’album-concept, mais plusieurs morceaux tournent autour des mêmes thématiques. Cela dit, on préfère laisser une part d’interprétation aux auditeurs. Aujourd’hui, tout le monde veut des explications immédiates : “ce morceau parle de ça”, “celui-là signifie ça”… Personnellement, je trouve ça épuisant.

Le serpent reste un symbole très ancien lié à la transformation et à la renaissance. Chaque nouvel album, chaque nouvelle chanson, c’est une manière d’abandonner une ancienne peau pour évoluer vers quelque chose de différent.


Pour ceux qui ne connaissent pas forcément cette notion, comment définirais-tu la Kundalini ?

Ça touche à l’idée des chakras et de la transformation intérieure. L’objectif, c’est de révéler son véritable potentiel. Dans ma vie personnelle, j’essaie justement d’avoir une approche plus détachée de l’existence et de m’éloigner du matérialisme.


Ce discours et cette imagerie paraissent presque “positifs”, ce qui peut surprendre venant d’un groupe associé au black metal.

Oui, mais faire face à sa propre obscurité — ce que j’appelle l’illumination — n’a rien de joyeux. C’est quelque chose de brutal. Ça détruit tous les filtres inutiles qu’on accumule depuis l’enfance. Plus on avance, plus on se dépouille de tout ça. Au fond, il s’agit surtout de se rappeler qui l’on est réellement.

Je vois la vie comme un passage dans une enveloppe physique. L’énergie ne naît pas et ne disparaît jamais : elle change simplement de forme.


Vous avez également retravaillé avec Fredrik Nordström pour la production. Qu’apporte-t-il encore aujourd’hui à Dimmu Borgir ?

On avait déjà retravaillé ensemble pour le remix anniversaire de Puritanical Euphoric Misanthropia, et tout s’est fait très naturellement. Ça faisait d’ailleurs dix ans qu’il voulait refaire un album avec nous.

Quand on compose, les démos sont déjà extrêmement détaillées. Moi et Shagrath sommes les véritables producteurs du disque. Fredrik intervient surtout pour nous aider à atteindre exactement le son qu’on imagine. Il travaille davantage sur les textures et les ambiances que sur la structure des morceaux. Quand on entre en studio avec lui, les chansons sont déjà terminées.


Plusieurs morceaux sont chantés en norvégien. Pourquoi ce retour plus marqué à votre langue natale ?

Nos deux premiers albums étaient entièrement en norvégien. Ensuite, on a continué à utiliser cette langue ponctuellement au fil des années. Cette fois, ça s’est fait naturellement. Ce n’était absolument pas calculé.


Depuis les années 90, Dimmu Borgir est devenu un nom incontournable du metal extrême. Quel regard portes-tu aujourd’hui sur l’héritage du groupe ?

Très tôt, on a décidé de suivre notre propre voie. Je pense que ça a ouvert certaines portes pour beaucoup de groupes après nous. Bien sûr, on vient du black metal, mais on a toujours voulu dépasser cette simple étiquette. Et si aujourd’hui les gens ne savent toujours pas exactement comment définir notre musique… alors c’est probablement le plus beau compliment qu’on puisse nous faire.

DIMMU BORGIR 

ORIGINE : Oslo

LINE-UP : Shagrath (chant), Silenoz (guitare), Galder (guitare), Victor Brandt (basse), Dariusz “Daray” Brzozowski (batterie), Geir Bratland (claviers)

FACEBOOK : Dimmuborgir



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