MOTOCULTOR
- Axl Meu
- il y a 8 heures
- 4 min de lecture
Véritable rendez-vous incontournable de l'été, le Motocultor Festival s'illustre cette année avec une affiche particulièrement éclectique et généreuse, réunissant notamment Judas Priest, Arch Enemy et Airbourne. À quelques semaines du coup d'envoi, nous sommes allés à la rencontre de son organisateur, Yann Le Baraillec, afin d'évoquer l'évolution du festival et les défis de cette nouvelle édition.
Par Axl Meu
En 2016, beaucoup craignaient la disparition du Motocultor. Dix ans plus tard, le festival n'a jamais été aussi populaire et accueille désormais des groupes comme Judas Priest, Airbourne et même Emperor. Peut-on parler d'une véritable renaissance pour vous ?
Clairement. Certaines choses prennent simplement plus de temps. Emperor, par exemple, nous essayions de les faire venir depuis plusieurs années. Ce n'était pas forcément une question de budget, mais surtout de disponibilité : ils jouent très peu de festivals.
Pour d'autres groupes, c'est pareil. Au fil des années, les opportunités finissent par se présenter. Airbourne aurait déjà pu venir auparavant, mais les calendriers ne coïncidaient pas. Judas Priest, en revanche, représente une autre dimension. Il y a encore deux ans, ce type de groupe n'était pas envisageable pour nous.
L'an dernier, avec Machine Head, nous avions franchi un cap. Cette année, Judas Priest confirme cette évolution. Mais il faut aussi savoir saisir les opportunités. D'ailleurs, Judas Priest a bien failli ne pas venir. Notre première offre avait été refusée. Puis, plusieurs mois plus tard, le groupe est revenu vers nous parce que la tournée passait finalement par la Bretagne. Heureusement, nous avions gardé le contact. Sans eux, l'affiche aurait été très différente.
Depuis votre installation à Carhaix en 2023, la disposition des scènes évolue régulièrement. Avez-vous enfin trouvé la formule idéale ?
Oui, je pense. Cette année, nous allons conserver une implantation très proche de celle de l'an dernier. Les deux grandes scènes extérieures côte à côte ont très bien fonctionné. Les deux autres retrouveront leur implantation sous chapiteau, comme cela était prévu initialement.
L'année dernière, l'un des chapiteaux n'avait finalement pas pu être installé à cause des intempéries. Cette fois, tout est rentré dans l'ordre. Les principaux changements concerneront davantage le camping que les scènes. Nous avons trouvé une nouvelle organisation qui permettra de conserver une implantation cohérente tout en améliorant l'accueil des festivaliers.
Le site de Carhaix est beaucoup mieux aménagé. On aimait bien le site de Kerboulard, mais ici, nous disposons de davantage de réseaux d'eau, de réseaux électriques et de nombreuses possibilités d'aménagement. Chaque année, nous investissons pour améliorer les conditions d'accueil des festivaliers. On ajoute régulièrement de nouveaux équipements et davantage de confort. C'est un axe de travail permanent !
Aujourd'hui, les questions liées aux violences sexistes et sexuelles occupent une place importante dans les festivals. Le Motocultor travaille depuis plusieurs années avec des associations spécialisées…
Depuis le Covid, nous avons renforcé notre collaboration avec des associations spécialisées dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Cette année, nous travaillerons avec Equinox. L'an dernier, c'était Nous Toutes 29. Les équipes sont sensiblement les mêmes, seule la structure a changé.
Nous formons également nos équipes en interne avant chaque édition. Les salariés, les chefs de poste et les responsables suivent régulièrement ces formations afin de mieux accompagner les victimes et savoir réagir dans ce type de situation.
Bien sûr, personne ne pourra garantir qu'il n'y aura jamais aucun incident. La seule façon d'avoir zéro problème serait... de ne pas organiser de festival. En revanche, nous faisons tout notre possible pour limiter les risques et améliorer la prise en charge.
Nous travaillons aussi depuis 2013 avec Atlantique Sécurité, qui intervient notamment au Hellfest. C'est une société très investie sur ces questions. À cela s'ajoutent nos équipes de sécurité, nos bénévoles qui effectuent des maraudes et tout un travail de prévention réalisé en amont et pendant le festival.
Cette année, nous avons également harmonisé nos procédures avec la gendarmerie. Désormais, nous utilisons un formulaire commun afin que les victimes n'aient pas à raconter plusieurs fois les mêmes faits. Les gendarmes présents sur le festival seront eux aussi spécialement formés à la prise en charge de ces situations. C'est une avancée importante qui permettra un meilleur accompagnement du début à la fin de la procédure.

"L'an dernier, avec Machine Head, nous avions franchi un cap. Cette année, Judas Priest confirme cette évolution. D'ailleurs, notre première offre avait été refusée. Puis, plusieurs mois plus tard, le groupe est revenu vers nous parce que la tournée passait finalement par la Bretagne. Sans eux, l'affiche aurait été très différente."
Depuis plusieurs années, le Motocultor affirme également son identité bretonne en intégrant davantage d'artistes issus de la culture locale. C'est important pour vous...
Oui, dès notre première édition en plein air, en 2010, nous avions déjà programmé Plantec. Ensuite sont venus Alan Stivell, Denez Prigent ou encore Excalibur Opera Rock. Cette identité existe depuis longtemps.
En Bretagne, certaines musiques bretonnes s'accordent parfaitement avec l'univers du rock et du metal. Alan Stivell a d'ailleurs été repris par de nombreux groupes de metal. Il y a une vraie cohérence artistique. Cette année encore, nous poursuivons cette démarche avec plusieurs propositions autour de la culture bretonne.
Les affiches du Motocultor sont toujours très travaillées. Vous alternez régulièrement entre Førtifem et Vade Retro. Comment travaillez-vous avec ces artistes ?
Nous leur donnons carte blanche. Depuis plusieurs années, nous alternons effectivement entre Førtifem et Vade Retro. On s'entend très bien avec eux et chacun apporte sa propre identité graphique. Personnellement, j'aime les affiches colorées, un peu décalées. En 2023, nous étions partis sur quelque chose de plus sombre, plus « metal pagan », et c'était intéressant de changer. Mais je préfère quand les visuels restent très colorés. Ça permet aussi de se distinguer des autres festivals européens.
Quel est le groupe dont tu es le plus fier d'avoir réussi à programmer cette année ? Judas Priest, Airbourne... ?
Judas Priest, sans hésiter. On avait fait une offre, mais on n'y croyait plus vraiment après le premier refus. Puis ils sont finalement revenus vers nous plusieurs mois plus tard. Quand une opportunité comme celle-là se présente, il faut savoir la saisir.
Nous avons même dû réorganiser une partie de la programmation du dimanche pour pouvoir les accueillir. Voir Judas Priest, Airbourne et Arch Enemy sur la même journée, c'est quand même quelque chose. Il y a 110 groupes cette année, mais Judas Priest reste sans doute la plus grande satisfaction.
MOTOCULTOR FESTIVAL :
QUAND ? 13, 14, 15 & 16 Août 2026
OÙ ? Carhaix (Bretagne)
QUI ? Judas Priest, Within Temptation, Airbourne, Arch Enemy, Emperor, Godsmack, Mass Hysteria, Primus...
PACK BUS ON TOURS : https://www.ontours.fr/motocultor-festival-p4676.html

