FURIOUS CIRKUS IV
- Axl Meu
- il y a 2 jours
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Le 2 mai dernier, nous avions rendez-vous à la Maison Folie Beaulieu, dans le quartier des cheminots de la Délivrance à Lomme. Avec un tel nom, le lieu semblait tout trouvé pour accueillir la quatrième édition du Furious Cirkus, organisée par l’association « La Fabrique du Bizarre ».
Par Flavien Minne / photos : Moris DC
La place Beaulieu se remplit peu à peu. Chaises et pupitres sont installés pour accueillir, à 14 h 30, l’École municipale de danse et de musique de Lomme. Sous un soleil de plomb, les jeunes violonistes, violoncellistes et autres musiciens — certains arborant des t-shirts de Nirvana, AC/DC ou Iron Maiden — prennent place sous la direction de Melchior, professeur de violoncelle et directeur de l’école. Pendant une demi-heure, la « Furieuse Symphonie » revisite avec sérieux et bonne humeur des classiques de Metallica, Aerosmith, Bon Jovi ou encore des White Stripes. Parents fiers, festivaliers bienveillants et badauds curieux mêlent leurs applaudissements enthousiastes.
La Maison Folie ouvre ensuite ses portes. Après l’accueil et un stand de tatouage, les festivaliers découvrent un couloir exposant des photos de concerts, dont celles de notre comparse Moris DC. Cette galerie improvisée mène à la salle des exposants : stands de merchandising des groupes, boutique du festival avec bières, badges et accessoires à l’effigie clownesque, présence de la boutique Banshee de Béthune, de l’association de réduction des risques Safe Pit Crew et de vos serviteurs. Les bénévoles du Furious Cirkus assurent le service au bar et à la restauration, où sandwiches, hot-dogs, croques et soupe à l’oignon attendent les festivaliers. À l’extérieur, tables et bancs permettent de souffler, tandis qu’un grapheur réalise une fresque itinérante destinée aux infrastructures municipales. Mais il est déjà temps de rejoindre la salle, où un clown maléfique nous souhaite la bienvenue : « Est-ce que vous êtes prêts à accueillir nos potos de Vector ? »
Entouré de deux calicots aux couleurs de Brain Collector, Vector entre en scène sur l’intro éponyme. Rémi, casquette vissée à l’envers et t-shirt de Nailbomb sur le dos, déborde d’énergie sur « Spiral Of Ants », pendant que David et Aurélien slamment ensemble. Matthieu, le bassiste, reste plus en retrait. Rémi se penche vers le public, mime un geste de gorge tranchée et lâche toute sa rage vocale avec le sourire. « Bonjour à tous, ça fait plaisir ! » Sur « The Carrion’s Age », son growl semble dialoguer avec la foule. « Death of My Soul » sera l’unique extrait de l’EP, tandis que « Lepers of The Depths » et « Anthropocene Disgust » mettent en avant le nouvel album avec leurs riffs massifs et leur batterie écrasante. La chaleur monte dans la salle ; pour une fois, le frontman retire sa casquette. « Merci ! Ce festival est une tuerie ! » « Bring Back The Sun » et « The Needles and the Scythe » achèvent un public déjà en ébullition.

Après une demi-heure de pause pour reprendre son souffle et admirer la fresque en cours dans le jardin, place à Derelicts. Les Nordistes, bientôt programmés à l’Off du Hellfest, plongent immédiatement la salle dans une ambiance sombre et enfumée. Marion, robe longue fendue, dreadlocks fines et regard noirci, impose une présence hors norme. « The Question » ouvre les hostilités dans un déluge sonore. Growls démoniaques, cris de sorcière et voix claires se succèdent tandis que la chanteuse occupe toute la scène. « Shores » confirme l’intensité du groupe : slams, regards hypnotiques et atmosphère suffocante. « Quiet » apporte une fausse accalmie avant un retour brutal à la violence sonore. Puis vient « The Flat Circle », entre danse macabre et wall of death. Le final sur « Derelicts » laisse une salle KO debout. Une prestation magistrale, saluée par un public conquis.

On quitte ensuite les Hauts-de-France avec Naraka. Revenus d’une tournée avec Cradle Of Filth, les musiciens défendent leur deuxième album Born In Darkness. Surprise : Franky Costanza est absent, remplacé par une jeune batteuse tressée, impressionnante de maîtrise. Dès « Cursed », le groupe déploie son death metal mélodique massif. Entre riffs écrasants, orchestrations omniprésentes et attitude de « Metal God », Théo mène la danse tandis que la batteuse martyrise ses fûts sans faiblir. Les titres des deux albums s’enchaînent : « Darkbringer », « The Black », « Mother Of Shadows », puis « The Reign In Red » ou « Hellhound ». Malgré quelques excès d’arrangements enregistrés, Naraka réalise un véritable hold-up dans le cœur du public. La température ne redescend pas. Entre chaleur étouffante et riffs tranchants, deux cracheurs de feu, Jean-Mich et Jean-Luc « l’homme aux loups », viennent divertir les festivaliers à l’extérieur, allant jusqu’à initier certains curieux aux sensations de leur art.

Puis arrive Heart Attack. Les Cannois, portés par le buzz de leur clip tourné sur la tour Eiffel, débarquent masqués avant d’ouvrir avec « Wings of Judgement ». Le thrash explose immédiatement. Kevin Gayer, véritable pile électrique, harangue la foule : « Circle pit ! » et le public obéit. « Burn My Flesh », « Defeat The Veil » ou encore « Refuse To Conform » déclenchent walls of death et circle pits à répétition. Malgré 22 heures de route, le groupe déborde d’énergie et de charisme. Le final sur « Negative Sun » confirme tout le potentiel d’un groupe qui pourrait bien devenir l’une des prochaines sensations françaises du metal.

Destinity prend ensuite le relais. Les Lyonnais, désormais orientés thrash/death mélodique, livrent un set puissant centré sur leurs derniers albums. Dès « Aiming A Fist In Enmity », le son se révèle massif et précis. Zaimar détruit sa batterie tandis que Mick multiplie growls et échanges avec le public. « Reflections », « A Scent Of Scorn », « Silver Shades » ou « Black Sun Rising » s’enchaînent avec une efficacité redoutable. Sans artifices, Destinity prouve qu’il mérite bien plus de reconnaissance.

Après une dernière pause dans le jardin, Wolfheart clôt la soirée. Les Finlandais arrivent sous une intro épique et ouvrent avec « Ancient Cold ». Tuomas Saukkonen impose immédiatement son chant abyssal pendant que Vagelis et Lauri arpentent la scène. Le groupe pioche dans toute sa discographie : « Ghosts Of Karelia », « Burning Sky », « Valkyrie », « Breakwater » ou encore « The Hammer » déclenchent pogos et walls of death. Malgré l’intensité du show, les musiciens prennent le temps de remercier longuement le public et l’organisation avant de rejoindre les festivaliers pour photos et discussions.

Une attitude fraternelle à l’image du Furious Cirkus. Oui, cette édition fut une véritable fête, comme en témoignaient les sourires des festivaliers, artistes, exposants, bénévoles et organisateurs. Le Furious Cirkus confirme sa capacité à mêler metal, arts de rue et univers décalé dans un mélange aussi surprenant que réjouissant. Rendez-vous est déjà pris pour le 15 mai 2027 et une cinquième édition qui s’annonce encore plus folle.




