GROS ENFANT MORT
- Fred Vdp
- 23 juin
- 5 min de lecture
Gros Enfant Mort, c’est avant tout le projet solo de Alexis Sebastian, un jeune poitevin passionné de musique. Après un EP en 2019 et un premier album, La Banalité du Mal en 2022, le "one-man-band", étoffé de quelques musiciens et amis en concert, a sorti début 2026 Le Sang des Pierres, un second opus plein d’énergie, de souffrance et de vérités. Nous avons voulu en savoir davantage sur Alexis et Gros Enfant Mort lors d’un échange en toute simplicité.
Par Fred VDP
Peux-tu présenter Gros Enfant Mort ?
À la base, je suis batteur. J’ai joué très jeune dans plusieurs groupes de Punk-Rock, mais j'ai rapidement eu l’envie de monter mon propre projet : musique, composition et textes. Je n'avais jamais chanté auparavant et je me suis dit que c'était aussi le moment d’essayer. J'ai donc commencé par l’écriture d’un EP un peu en mode blague. J'ai toujours aimé les noms stupides, et vu que j'étais tout seul, je savais que personne ne s’opposerait au nom de Gros Enfant Mort (rires). Puis on a commencé à tourner avec ce nom et c’est resté tel quel.
Comment définirais-tu l'identité musicale du groupe ?
J'ai un peu de mal avec les étiquettes. Je ne saurais pas vraiment classer le projet. C'est vrai que les gens qui aiment le Screamo et le Post-Hardcore vont s’y retrouver. C'est pour ça que je mets ces termes sur les biographies. Mais j'ai pas mal d'influences différentes : il y a des titres très Punk, d’autres un peu plus Mathcore, et surtout beaucoup de chansons chaotiques, c'est un peu un mélange de tout. Mais ce qui fait l'identité du projet aussi, c'est la voix et la façon de chanter. Au début du projet j'avais pas mal d'influences de groupes comme Daïtro, Amanda Woodward et bien sûr Birds in Row. Je voulais essayer de mélanger tout ça avec des influences de groupes de Hardcore Mélo comme Defeater par exemple.
Comment s’est passé l’enregistrement du Sang des Pierres ?
Je l’ai enregistré en avril 2025. Ça faisait un moment que je le composais seul. J'ai fait appel à un ingé son qui est en fait le batteur du groupe lors des concerts. On a fait les prises batterie et guitare dans son studio dans les Deux-Sèvres, et j'ai fait le reste dans ma chambre. Pour le mixage, c'est un ami qui s’en est occupé, comme pour tous les autres disques de Gros Enfants Mort, et les albums de mes anciens groupes. En revanche le master a été confié à un ami de Poitiers, Thibaut Chaudon, qui a, entre autres, mixé pour Carpenter Brut.

"Au début du projet j'avais pas mal d'influences de groupes comme Daïtro, Amanda Woodward et bien sûr Birds in Row. Je voulais essayer de mélanger tout ça avec des influences de groupes de Hardcore Mélo comme Defeater par exemple."
Quels y sont les thèmes évoqués ?
Lors de la sortie de La Banalité du Mal, j'étais en pleine reconversion professionnelle, et ma vie perso était compliquée. J'étais dans un stade dépressif un peu dur. J'ai commencé à écrire tout ce qui me passait dans la tête, ce qui a produit beaucoup de matière. J'ai lu pas mal de philosophies qui m'ont vraiment aidé à m'en sortir.
Le sang des Pierres est une synthèse de tout ça. Je prenais pas mal de notes que j’ai compilées pour en faire un truc cohérent sur les états dépressifs et comment on en sort. Ca n'est pas la seule matière, mais c’est l’essentiel de l’album. L'écriture a été thérapeutique quoi qu’il en soit. Dans les chansons, j'essaie de traiter la dépression pas forcément comme un problème individuel, mais comme une approche plus matérialiste. Si on individualise trop le problème, généralement, c'est là où on tombe dans des spirales, où on culpabilise parce qu'on n'arrive pas à aller mieux. On dépense énormément dans les psychologues. Si tout est aussi absurde en ce moment dans ta vie, le sens que tu peux y trouver, c'est en te révoltant contre ces absurdités, et avancer petit à petit en traitant tous ces troubles dépressifs comme un problème systémique dû à l'environnement toxique.
Est-ce que tu peux parler de ta collaboration avec Gillian Carter sur « Saigne ! Saigne ! Saigne ! » ?
C'est l’un des premiers morceaux que j'ai écrits pour l'album et qui n'était pas spécialement destiné à un featuring. Il parle des normes sociales et à quel point on peut s’y enfermer. Suite à une vidéo postée sur Instagram, Logan, chanteur de Gillian Carter avec qui on avait tourné l'été précédent, m’a contacté et proposé de poser sa voix sur une chanson. Étant donné que nous avions beaucoup discuté de la thématique évoquée sur « Saigne ! Saigne ! Saigne ! », on s'est dit que ce serait le morceau idéal. J’ai une partie du texte en français et j'en ai traduit une autre en anglais pour lui. Nous avons fait les prises chacun de notre côté mais nous ne l'avons jamais chanté ensemble. Mais cet été on joue dans un festival à Toronto où il sera présent avec un de ses autres groupes. Ce sera donc surement l’occasion de la jouer en live !
Comment travailles-tu ta voix et la scansion des textes ?
Je pense que mes cordes vocales sont sollicitées en permanence. Pour le coup, c'est toujours un peu compliqué car lorsque j'ai commencé le projet j'étais complètement débutant. Et ça s'entend sur le premier album. J’ai vraiment essayé de travailler vocalement pour éviter de me fatiguer trop vite. Lors des premières tournées, au bout d'une semaine, c'était très dur de garder les cordes vocales en bonne santé. Concernant la scansion, si le débit est parfois un peu rapide, je n'ai jamais vraiment travaillé ça. Le texte se pose un peu naturellement sans que je réfléchisse au placement rythmique, comme on pourrait le faire quand on compose du hip-hop. Mais je n’ai pas les codes suffisants pour maitriser le phrasé du Rap ou du Hip-Hop, alors je fais à ma manière !
Avez-vous des dates de concert prévues ?
On sort d'une petite tournée dans l'Ouest de la France avec Fall Of Messiah. Quelques dates au Canada sont prévues pour la fin de l'été. On n'a pas de date pour le moment dans les Hauts-de-France mais je sais qu'il s'y passe beaucoup de belles choses. On espère bien sûr être programmé un jour dans l'une de vos salles ou l'un de vos festivals.
GROS ENFANT MORT
ORIGINE : Poitiers
LINE-UP : Alexis Sebastian (chant ; tous les instruments studio) ; Louis (batterie en concert) ; Arthur (guitare en concert) ; Quentin (basse en concert) ; Camille (guitare en concert).
MERCH : grosenfantmort.bandcamp.com
FACEBOOK : grosenfantmort



