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HELLFEST OPEN AIR 2026 (Antoine Souchet)

  • Photo du rédacteur: Axl Meu
    Axl Meu
  • il y a 21 heures
  • 6 min de lecture

Quel plaisir de retourner en terre promise pour ce rendez-vous annuel où l'on retrouve les amis, des habitudes, des odeurs de poussière et de bière, des kilomètres parcourus sous un soleil de plomb, des découvertes musicales et cette sensation d'être, pendant quatre jours, dans une bulle hors du temps, loin des soucis du quotidien.

Par Antoine Souchet / Photos : Meli Vas

JEUDI 19 JUIN :

Après être passés chez l'habitant déposer nos affaires et profiter d'un apéro-barbecue de bienvenue, direction le village afin de récupérer le précieux bracelet qui ouvre les portes de quatre jours de bonheur. L'occasion également de découvrir la nouvelle statue monumentale dédiée à Ozzy Osbourne. Une œuvre impressionnante qui trouve naturellement sa place à l'entrée du village. Comme si Ozzy nous attendait et nous accueillait comme un vieil ami. Quel plaisir de retrouver cette scénographie unique inspirée de Camden Town, à Londres. Les décors, les sculptures, les premiers concerts… Même sans entrer sur le site principal, on est déjà dans l'ambiance !



Jeudi matin, passage par le village et l'Extreme Market pour quelques emplettes au stand de l'Atelier du Grand Chic, avant de rejoindre la cathédrale pour lancer véritablement les hostilités.


La Valley s'éveille avec Truckfighters. Impossible de rêver meilleur lancement. Les Suédois délivrent un stoner rock massif, porté par une énergie communicative. Très vite, les premiers slams apparaissent, suivis des premiers pogos. Direction ensuite la Warzone, où Satanic Surfers rappelle pourquoi le skate-punk reste une valeur sûre. Un concert rempli de nostalgie, de bonne humeur et de refrains fédérateurs.



Retour en Valley avec Elder. Les Américains installent leur rock psychédélique dans une ambiance presque hypnotique. Les longues envolées instrumentales permettent presque d'oublier, quelques instants, la chaleur qui règne sur le festival. Quelques minutes sous le célèbre mur d'eau pour se rafraîchir, avant de rejoindre la Mainstage 2 pour The Pretty Reckless. Découvrir enfin Taylor Momsen sur scène est un vrai plaisir. Charismatique, puissante, portée par une voix impressionnante, elle rappelle par moments l'attitude d'une Joan Jett moderne. Direction ensuite l'Altar avec Rivers of Nihil. Leur metal progressif technique trouve parfaitement sa place sous une tente déjà bien remplie. La Warzone reprend ensuite ses droits grâce à Lagwagon. Les Californiens enchaînent les classiques avec cette recette qui fonctionne toujours : un punk rock énergique capable de redonner un second souffle au public avant la soirée.



Le temps d'un passage devant Uncle Acid and the Deadbeats, et il est déjà l'heure de se placer devant la Mainstage 2 pour Alice Cooper qui, comme à son habitude, propose un véritable spectacle musical. Titres iconiques, scénographie travaillée, changements de costumes… Tout est parfaitement maîtrisé. À noter que la nouvelle et très jeune guitariste, Anna Cara, s'intègre parfaitement à l'ensemble.



L'un des moments les plus émouvants survient lors d'un hommage sobre mais sincère rendu au Prince des Ténèbres, accompagné d'un feu d'artifice illuminant les Mainstages. Direction ensuite la Valley pour savourer les Allemands de Kadavar, venus confirmer leur statut de tête d'affiche avec leur stoner vintage qui continue de séduire un public fidèle. La première journée se termine avec Social Distortion, dont les hymnes punk rock résonnent jusqu'au sommet de la Warzone. La fatigue commence déjà à se faire sentir, mais le Hellfest ne fait que commencer…


VENDREDI 20 JUIN :

Commençons cette deuxième journée par la Valley avec Dragunov et son post-metal instrumental, venu réveiller les courageux – et nombreux – festivaliers matinaux. Direction ensuite la Warzone pour finir de se mettre en jambes avec une première tartine de hardcore servie par Wake The Dead. Les Marseillais proposent un set explosif, emmené par Alexandra, une frontwoman impressionnante d'énergie.



Sous l'Altar, les Jordaniens d'Esodic viennent ensuite distribuer un thrash/death metal particulièrement brutal, enrichi de sonorités orientales qui apportent une véritable personnalité à leur musique. Puis arrive l'une des premières grandes surprises du festival : Killus. Les Espagnols transforment la Temple en véritable fournaise. Leur metal industriel est terriblement efficace, le groupe maîtrise parfaitement son sujet et le public répond immédiatement. Une immense claque pour une formation qui risque d'aller très loin. Passage par la Mainstage 2 pour découvrir Brothers of Metal et leur power metal viking. Une très belle ambiance règne aussi bien dans le pit que parmi le public.



Puis vient Blood Red Throne. J'avais annoncé avant le festival qu'il s'agissait probablement du groupe correspondant à l'image que n'importe quel parent se fait du metal. Et effectivement, ça fonctionne : death metal brutal, musiciens impressionnants, puissance permanente… Le groupe ne fait aucune concession. Changement total d'atmosphère avec les Franciliens de Point Mort, venus livrer un post-hardcore plus puissant que jamais. La Warzone accepte sans broncher ce chaos parfaitement maîtrisé par le groupe et sa chanteuse Sam.


Enfin installés dans une Valley bondée, après leur passage dans une Purple House pleine à craquer l'année dernière, Stoned Jesus confirme tout le bien que l'on pense d'eux. Une véritable communion s'installe avec le public, porté par un stoner toujours aussi planant. Mais le plus grand voyage musical de ce vendredi appartient sans aucun doute à Slift. Les Toulousains proposent une expérience totale mêlant rock psychédélique, projections vidéo, lumières et longues envolées instrumentales. Le temps semble suspendu. Pendant que les groupes se succèdent sur scène, d'autres artistes travaillent dans l'ombre.



Chaque soir, les membres du Collectif Monic La Mouche parcourent le site afin d'allumer les centaines de torches qui embrasent progressivement le Hellfest. À mesure que la nuit tombe, Clisson se transforme véritablement en enfer sur Terre.


Direction ensuite la Mainstage 1 pour Iron Maiden. Quel bonheur de les applaudir avec une setlist de haute volée, piochant dans toutes les époques de leur carrière. Un immense moment dont on ne se lasse décidément jamais. La journée s'achève avec Sabaton, fidèle à son spectacle grandiose et à son power metal épique consacré aux grandes pages de l'Histoire. Une conclusion spectaculaire pour une deuxième journée qui confirme, une fois encore, toute la richesse de cette édition du Hellfest.



Samedi 21 Juin :

La troisième journée débute avec Locomuerte. Impossible de rester immobile devant leur crossover festif. Entre les mosh pits, les walls of death et les célèbres crocodiles gonflables qui traversent la foule, le groupe transforme la Mainstage 2 en un immense terrain de jeu. Quelques instants après la fiesta signée Locomuerte, Dope Spell, annoncé au dernier moment par le Hellfest, confirme tout son potentiel, malgré la voix fatiguée de son chanteur. Le groupe, qui venait de donner son tout premier concert mercredi sur la Hell Stage, livre une deuxième prestation particulièrement solide. Voir Simon, ancien membre de Pogo Car Crash Control, semble parfaitement à sa place dans cette nouvelle aventure. Les Autrichiens d'Insanity Alert prennent ensuite le relais avec leur thrash délirant, bourré d'humour, pour le plus grand bonheur du public de la Mainstage 2.




Direction ensuite la Warzone avec Combust, venu de New York. Grosse bagarre, hardcore brutal, riffs puissants et groove permanent : le groupe ne laisse aucun répit au public.

La Valley retrouve ensuite son calme avec les Belges de Psychonaut. Leur post-metal fait merveille sous cette chaleur écrasante. Les morceaux du dernier album, World Maker, côtoient des classiques comme The Fall of Consciousness, repris par une partie du public.


Après une pause bien méritée, retour à la Warzone pour retrouver les Texans de Kublai Khan TX. Une véritable démonstration de puissance devant un public venu en très grand nombre.

Puis direction la Mainstage 2 pour assister à l'un des derniers passages français de Megadeth, dans le cadre de sa tournée d'adieu. Revoir Dave Mustaine à Clisson possède forcément une saveur particulière.


Le temps de manger un morceau et Limp Bizkit démarre son set avec sa reprise de Faith. Quel plaisir de revoir la bande de Fred Durst fouler la scène du Hellfest après son passage en 2018, qui avait déjà fait des ravages ! Enfin, comment terminer une telle journée autrement qu'avec Hatebreed ? De retour à la Warzone après leur passage sur la Mainstage sous la pluie en 2023, les Américains reprennent naturellement possession de leur terrain de jeu. Les breakdowns s'enchaînent, les circle pits aussi. Une valeur sûre dont on ne se lasse décidément jamais.



DIMANCHE 22 JUIN :

La dernière journée restera probablement comme celle de la chaleur. Une véritable fournaise. Autant profiter que le mercure n'atteigne pas encore son maximum pour rejoindre la Valley et découvrir un trio belge au doux nom de Gnome. Le groupe propose un stoner aussi lourd que groovy, relevé d'une bonne dose d'humour grâce à ses célèbres chapeaux rappelant une célèbre bière belge. Une prestation aussi rafraîchissante que surprenante, sans doute l'une des plus belles découvertes de ce dimanche. Petit passage sous la Temple pour découvrir Scour, le projet black metal de Phil Anselmo, que nous retrouverons une seconde fois en clôture de la Valley avec Down. Le temps de retourner chez l'habitant pour récupérer les valises, qu'il est déjà l'heure de reprendre la route. Les corps sont lessivés, brûlés par le soleil, mais la tête est remplie de souvenirs et d'images qui resteront longtemps gravés. Une nouvelle édition s'achève, laissant derrière elle son lot de rencontres, de découvertes, de concerts inoubliables et cette sensation unique que seul le Hellfest sait procurer.



 
 
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