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ABDUCTION

Dernière mise à jour : 19 janv.

Héritier des sonorités crues typées Black Metal 90’s à la « Dissection », Abduction est revenu en fin d’année 2023 avec un nouvel opus, aussi ambitieux que ses prédécesseurs. C’est Toutes blessent, la dernière tue. Quelques semaines après sa sortie via Frozen Records et Finisterian Dead End, nous nous sommes entretenus avec le cerveau du projet, Guillaume Fleury.

Propos de Guillaume Fleury (guitare) recueillis par Axl Meu

 

Salut Guillaume, est-ce que tu pourrais revenir sur la genèse de votre quatrième opus, Toutes blessent, la dernière tue ? Pourrais-tu, en même temps, revenir sur la réception de Jehanne, sorti en pleine pandémie ? 

Jehanne est pour le moment notre plus gros succès. On ne s’attendait pas à ce qu’il marche aussi bien. Il s’est vraiment bien vendu en France et dans le reste du monde. Je pense que c’est le sujet et la pochette qui ont intrigué les gens. Ce n’est pas courant de voir un groupe français consacrer un album sur une figure historique aussi universelle et archétypale que Jeanne d’Arc.

Pour le quatrième opus, nous ne voulions pas reproduire cette idée et devenir, par extension, une sorte de groupe « à concept », même si on a des idées. Cette fois-ci, on voulait créer quelque chose d’un peu plus classique. Après, les thématiques tournent toujours autour du temps qui passe, de la Vie, de la Mort, de l’Histoire, la nature… 


Comment avez-vous abordé l’écriture de Toutes blessent, la dernière tue ? J’imagine que vous avez pris un peu plus de temps pour le concevoir...

D’habitude, lorsque l’on finit un album, il nous reste des idées pour le suivant. Là, ça n’a pas été le cas. Jehanne a été si exigeant qu’on a eu du mal à tourner la page. C’est la première fois qu’on a pris quelques mois pour nous…

Jehanne est sorti en pleine pandémie et je me suis mis à écrire ce nouvel album courant fin 2020, lors d’un nouveau confinement. Je dois dire que c’était pesant d’être tout seul, de tout écrire seul. Une fois les morceaux structurés, j’ai mis à contribution Mathieu (Taverne, basse, NDLR) et François (Blanc, chant, NDLR) pour les lignes de chant. C’est surtout Mathieu qui les a écrites. C’est ça la grosse différence : Mathieu n’a pas forcément les mêmes références que moi. Il apporte quelque chose de très intéressant à l’album. Il est parti de la prosodie de chansons à texte pour ce nouvel opus. 


Quelle fut la contribution de François sur cet album ? Comment qualifierais-tu son chant sur ce nouvel album ? 

Ce qui est bien avec François, c’est qu’il est toujours partant pour tout essayer, même quand il pense ne pas y arriver. Il essaie toujours et souvent, ça marche. Sur cet album, on a bénéficié de notre expérience passée et de l’aide de Déhà, notre producteur. Il lui a appris à gérer sa respiration, à chercher des notes un peu plus aiguës. Sur cet album, il chante encore mieux ! Je pense qu’il n’a jamais aussi bien lié les notes. Il est beaucoup relâché qu’avant !


Avec Abduction, on est toujours dans du Black Metal classique typé années 90 qui rappelle celui de Dissection. Ce qui m’a interpelé, c’est la production de Déhà qui met en avant un côté assez cru. 

Oui, voilà. Avec Déhà, nous avons fait en sorte que l’ensemble reste cru et organique. Il ne faut pas que ce soit surproduit, sinon cela gâche l’ambiance. Ce que l’on fait reste néanmoins riche en arrangements, en mélodies, en textures, en couches et il ne faut pas que ce soit trop crade, sinon tu ne comprends plus rien et tu perds des choses. La difficulté avec nous, elle est là. Déhà a appris à gérer ce genre de choses au fur et à mesure. Au début, il cherchait toujours à dégager une guitare « lead », mais ce n’est pas possible car nos guitares s’entremêlent toutes. Sur cet opus, nous avons également énormément travaillé sur la production de la batterie. Il était important que l’on ait une batterie suffisamment organique. Il faut trouver un équilibre : organique, mais pas trop crade non plus, sinon on perd des subtilités. Maintenant, vu que Déhà a produit tous nos albums, il sait vraiment ce que l’on veut ! 


Quid de la reprise d’ « Allan » de Mylène Farmer ? 

Tout simplement parce que c’est mon artiste favorite ! J’écoute beaucoup de styles de musique, le Metal reste néanmoins celui que je préfère. J’adore le style de Mylène Farmer, que je trouve très compatible avec le Metal. Ce n’est pas une surprise que son clip ait été très bien accueilli ! Beaucoup de fans de Metal adorent aussi Mylène Farmer. On partage des points communs, comme cette ambiance gothique et ces thématiques qui questionnent la Mort. Il y a quelque chose de très Black Metal chez elle ! D’ailleurs, je conseille toujours à mes amis de regarder le film Giorgino (1994) dans lequel elle joue : c’est vraiment du Doom Gothique ce film ! 


Je n’aime pas trop l’exercice de la reprise au départ, surtout quand tu reprends quelque chose qui est dans le même style que toi. Je préfère créer un pont entre deux univers qui semblent différents. En tout cas, Mylène Farmer est mon artiste ultime et « Allan » un de mes morceaux préférés, aux côtés de « Tristana » et « Je t’aime Mélancolie », j’ai directement essayé et, vu que le résultat nous a plu, on l’a gardé ! 



« Beaucoup de fans de Metal adorent aussi Mylène Farmer. On partage des points communs, comme cette ambiance gothique et ces thématiques qui questionnent la Mort. Il y a quelque chose de très Black Metal chez elle ! »


Vous avez réalisé un clip pour illustrer ce morceau. Est-ce que tu peux revenir sur cette entreprise ?

J’ai passé plusieurs mois à préparer le synopsis, pour qu’il y ait un maximum de symbolique et de niveaux de lecture dans l’histoire, qui s’inspire autant de vieux films comme « Les Visiteurs Du Soir » de Marcel Carné ou « La Belle Et La Bête » de Jean Cocteau que des écrits d’Edgar Allan Poe et de l’univers de Mylène Farmer. Nous avons d’ailleurs organisé un concours pour retrouver tous les clins d’œil à Mylène et nous avons eu des participations assez géniales (ce qui confirme que pas mal de fans de Metal sont fans de Mylène aussi).

Le tournage nous a pris deux jours, huit heures par jour, avec une équipe très restreinte (sept le premier jour, six le deuxième) et, forcément, un côté très amateur puisque je n’avais jamais tenu de caméra de ma vie jusque là.

Je me suis fait aider par notre photographe, Pauline Royo, qui a géré aussi les lumières, le montage et l’aspect technique en général. Nous sommes vraiment contents du résultat, pour lequel nous avons essayé de mélanger l’esthétique du vieux cinéma et un côté contemporain, pour ne pas faire pastiche non plus. Le clip a coûté 3000 euros environ, dont 1500 de location du château.


Vous avez invité Raphaël Verguin sur « Cent ans comptés ». Un commentaire ? 

Raphaël était déjà intervenu sur la piste bonus de notre deuxième opus, À l’heure du crépuscule. On avait proposé une version alternative du morceau « Sous les cendres et la pierre ». On avait beaucoup aimé et par la suite, on est devenu amis et on s’était promis de refaire des choses ensemble.

Pour « Cent ans comptés », je me suis dit qu’il y avait la place pour inviter un violoncelle et donc, je lui ai laissé carte blanche et l’ai laissé ajouter ce qu’il voulait. Il a également fait la musique de générique de notre clip, « Allan », qui est également très belle ! On aime beaucoup travailler avec lui et on aimerait faire d’autres choses avec lui. 


Vous avez donné votre premier concert, en acoustique, il y a quelques semaines pour fêter la sortie de l’album. C’était dans une configuration très intimiste ! Y aura-t-il des concerts électriques par la suite ? 

Cela s’est fait suite à la demande de notre label, Frozen Records. Pour la sortie, il nous a proposé de donner un concert, mais pour des questions de timing, nous n’avons pas pu travailler sur un set complet en électrique. On a donc décidé de couper la poire en deux : proposer de faire deux concerts de trente minutes dans les locaux de Frozen Records. Et puisque l’on ne peut pas les sonoriser, on a décidé de faire ça en acoustique.


Il y a des gens qui ont fait trois heures de route rien que pour venir nous voir ! Ça nous avait mis un peu la pression… On n’a fait que deux répétitions et pourtant, on a eu de très belles réactions. L’acoustique, pour commencer, ce n’était pas le challenge le plus facile : tu ne peux pas te cacher derrière ta disto : si tu te plantes, ça s’entend direct ! On s’en est quand même bien sortis ! On a donné deux concerts de trente minutes et on l’a bien vécu !

Pour ce qui est des concerts électriques, on prévoit d’en donner en 2024. On est en train de se préparer à répéter le plus régulièrement possible, histoire de donner nos premières dates en électrique en 2024 ! 


Est-ce que vous pouvez revenir sur votre collaboration avec Frozen Records ? 

Laurent, le boss de Finisterian Dead End, désormais expatrié au Canada, ne pouvant plus pleinement gérer son label, a décidé d’arrêter avec notre album et de proposer une co-production avec Frozen Records, qui nous avait dernièrement approchés. Pour ce qui est des gars de Frozen Records, on les connaissait déjà d’avant. Je les avais interviewés dans le cadre d’un dossier sur les disquaires dans Rock Hard. On ne se connaissait pas vraiment, mais les rares contacts que j’avais avec eux étant positifs, on a décidé de continuer l’aventure avec eux ! 


Et maintenant, quels sont vos projets ? 

Là, on va bosser pour proposer des « lives » en électrique ! Après, on ne sait pas encore ! 

 

Abduction, c’est :

Guillaume Fleury : guitares

Mathieu Taverne : basse

Morgan Velly : batterie

François Blanc : chant

Discographie :

Une ombre régit les ombres (2016)

À l’heure du crépuscule (2018)

Jehanne (2020)

Toutes blessent, la dernière tue (2023)



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