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ITW - Brutal Swamp Fest

Ce samedi 25 avril à Saint-Omer se déroule un fest qui commence à afficher un tableau de chasse death metal bien costaud : le Brutal Swamp Fest #4. On a le plaisir de faire la connaissance d’Olivier, orga du festival, avec qui on revient sur l’historique du festival, ex-Dreamer Fest, mais aussi sur l’organisation et la question des cachets des groupes.

Propos recueillis par Théophile

Est-ce que tu peux te présenter en deux mots ?

J’ai 44 ans, je suis Audomarois et je suis coprésident ainsi que trésorier du Brutal Swamp Fest. En dehors du festival, je suis également chroniqueur pour le webzine Les Éternels depuis 2014, après avoir commencé chez Lords of Winter en 2003.


Comment t’es tombé dans le metal ?

J’ai découvert le metal vers 9-10 ans grâce à ma sœur, qui m’a fait écouter le premier album de Guns N’ Roses. Ensuite, au collège, je suis passé à des groupes comme Metallica et Pantera, avant d’arriver très vite au death metal avec Cannibal Corpse, Morbid Angel et Immolation. Mon lycée a été marqué par la sortie de l’album Vile de Cannibal Corpse en 1996, ce qui a définitivement ancré ma passion pour le death metal.


Qu’est-ce qui t’as motivé à passer de l’autre côté, à devenir organisateur ?

J’ai toujours été impliqué dans la scène metal en tant que chroniqueur, mais c’est en 2019 que j’ai franchi le pas pour rejoindre l’organisation du festival. À ce moment-là, l’association traversait une période difficile financièrement et Eddy, le fondateur, cherchait quelqu’un pour reprendre la trésorerie. Mon expérience dans d’autres associations et ma passion pour le metal m’ont motivé à m’engager. Avec Flo, on a relancé le festival en se concentrant sur le death metal, un style qu’on adore et qu’on voulait vraiment mettre en avant. On a également mis en place une gestion plus rigoureuse, ce qui a permis de redresser la situation financière et de donner une nouvelle dynamique au Dreamer Fest, désormais devenu le Brutal Swamp Fest.


Si tu devais décrire le courant artistique du fest, ce serait quoi ? Et jusqu’où vous vous permettez de dévier ?

Le Brutal Swamp Fest est un festival quasiment 100 % death metal. Les groupes invités ont toujours ce tronc commun, même si on peut parfois s’en éloigner légèrement, comme avec Blood Incantation par exemple, mais toujours en gardant un ancrage death.


Et côté logistique, comment ça se passe ?

Le festival se déroule en indoor, dans la salle Vauban à Saint-Omer, qui peut accueillir jusqu’à 600 personnes. On fonctionne avec une seule scène, mais on propose aussi plusieurs à-côtés qui enrichissent l’expérience. Il y a notamment un espace merchandising dédié, deux food trucks dont un végétarien, ainsi qu’un bar. En parallèle, on organise une exposition ou une conférence en collaboration avec la bibliothèque de Saint-Omer, souvent en lien avec la culture metal. Cette année, par exemple, il y a une exposition sur l’histoire du festival, et l’an dernier une conférence avait été animée par le photographe Bertrand Alary. La journée commence même avec un concert d’ouverture à la bibliothèque, donné par des membres du Conservatoire à Rayonnement Départemental – Permafrost. Le festival se déroule sur une journée, avec un warm-up la veille au bar le Dream’s, consacré aux groupes locaux.



"Le principal problème aujourd’hui, c’est que les préventes arrivent de plus en plus tard. Avant, les gens achetaient leurs places plusieurs mois à l’avance, ce qui permettait d’avancer les fonds pour payer les groupes. Maintenant, les ventes se concentrent souvent dans les quinze jours précédant le festival, voire directement sur place. Cela nous oblige à avancer l’argent nous-mêmes ou à emprunter, ce qui met les petites structures en difficulté."


Tu peux nous décrire l’organisation ? Qui fait quoi ?

On est trois coprésidents. Eddy, qui est le fondateur du festival, s’occupe des relations locales avec la mairie et les partenaires. Flo est en charge de la programmation et des négociations avec les groupes. De mon côté, je gère les finances, les subventions et toute la logistique financière. On est aussi entourés d’une vingtaine de bénévoles le jour du festival pour la sécurité, le bar et l’accueil, ainsi que d’un responsable technique qui gère le son et les lumières avec une équipe de professionnels. On travaille également avec différents partenaires locaux comme les food trucks ou les brasseurs.


À quoi ressemble une année type pour vous ?

Tout commence réellement l’été, avec les discussions autour des groupes qu’on aimerait programmer et le repérage sur d’autres festivals. Ensuite, entre septembre et novembre, on finalise la programmation et on lance les demandes de subventions auprès des différentes institutions. Décembre est consacré à boucler la programmation et à lancer la communication, notamment avec l’affiche et les réseaux sociaux. De janvier à mars, on gère les contrats avec les groupes, les réservations et les partenariats. En avril, on entre dans la dernière ligne droite avec les réunions finales. Le jour J, on supervise l’installation, l’accueil des groupes et le déroulement du festival. Enfin, après l’événement, on fait le bilan financier et on commence déjà à préparer la suite.


Quelles sont vos ambitions ? Et un groupe que vous rêveriez de faire jouer ?

L’ambition est de faire du Brutal Swamp Fest un rendez-vous durable, capable de satisfaire un public de connaisseurs. On aimerait évidemment attirer des grosses pointures du death metal, même si cela reste un défi important. Personnellement, j’ai déjà réalisé un rêve en programmant Immolation, qui est un groupe que je suis depuis mon adolescence. Flo, lui, rêverait de faire venir Cannibal Corpse. On a aussi dans le viseur des groupes comme Nile ou Terrorizer.


C’est quoi le booking dont tu es le plus fier ?

Immolation en 2022 reste un moment marquant, parce que c’est un groupe que je suivais depuis mes 15 ans. Les voir jouer sur notre scène, c’était assez irréel. En plus, ils étaient vraiment accessibles, ils ont même mangé des welshs avec nous la veille du concert. Cette année, je suis également très fier d’accueillir Dead Congregation, qui est un groupe culte et assez rare en live, dont la venue est le résultat de plusieurs années de tentatives.


On entend parler de festivals en difficulté malgré de bons remplissages. Quel est ton regard là-dessus ?

Le principal problème aujourd’hui, c’est que les préventes arrivent de plus en plus tard. Avant, les gens achetaient leurs places plusieurs mois à l’avance, ce qui permettait d’avancer les fonds pour payer les groupes. Maintenant, les ventes se concentrent souvent dans les quinze jours précédant le festival, voire directement sur place. Cela nous oblige à avancer l’argent nous-mêmes ou à emprunter, ce qui met les petites structures en difficulté. À cela s’ajoute l’augmentation importante des cachets depuis le COVID. Certains groupes demandent des sommes très élevées, parfois autour de 16 000 euros pour des créneaux en journée sur de gros festivals européens, et à un moment donné cela devient difficilement tenable. Enfin, la concurrence entre festivals est bien réelle. Pour s’en sortir, on a choisi d’avoir une ligne artistique très claire, ce qui nous permet de ne pas cibler exactement le même public que d’autres événements de la région. On a également intégré un collectif avec d’autres organisateurs pour échanger et s’entraider.


Comment se présentent les préventes cette année ?

Elles sont en retard, comme souvent, mais on devrait atteindre un niveau similaire à celui de 2025 avec plus de 400 participants sur place. On reste confiants, mais on espère évidemment voir du monde.

QUOI ? Le Brutal Swamp Fest

OÙ ? St-Omer / Salle Vauban

QUI ? Monstrosity, Benighted, Miasmes, Reject The Sickness, Creeping Fear, Dead Congregation, Bio-Cancer, Relicts of Humanity


 
 
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