ITW - Immolation
- Axl Meu
- 16 avr.
- 3 min de lecture
Notre interview, initialement prévue aux alentours de 16 h avant leurs balances, aura finalement lieu quelques heures plus tard… En retard, mais toujours aussi accessibles, Ross Dolan et Bob Vigna nous donnent finalement rendez-vous dans un café de Montmartre, dans une atmosphère assez amicale, avant de monter sur scène. L’occasion d’échanger autour de Descent, le nouvel album d’Immolation, avant de rejoindre la scène de L’Élysée Montmartre, affichant complet pour une soirée réunissant Mayhem, Marduk et Immolation.
Propos recueillis par Axl Meu
Nous sommes le 11 février, du côté de l’Élysée Montmartre, et vous êtes actuellement en tournée avec Marduk et Mayhem. C’est une affiche très marquante et très prometteuse…
Ross Dolan : Oui, c’est une tournée vraiment spéciale. On se connaît tous depuis longtemps, donc il y a un respect mutuel qui s’est construit au fil des années.
Bob Vigna : Même si on vient de scènes différentes - Death Metal pour nous, Black Metal pour eux - on s’y retrouve. Notre musique est à la fois sombre et intense, comme tous les groupes à l’affiche. L’affiche est cohérente.
Ross Dolan : Et pour les fans, c’est une affiche très cool ! Ces trois groupes ont plusieurs décennies de carrière derrière eux et sont tous forts d’une véritable identité. C’est rare de pouvoir proposer quelque chose d’aussi complet.
Cette tournée est parfaite pour annoncer votre nouvel album, Descent.
Bob Vigna : On ne s’est fixé aucun objectif précis. On n’a jamais fonctionné comme ça. On ne se dit pas “il faut aller dans telle ou telle direction”. On commence à écrire, à assembler des riffs, et les morceaux prennent forme naturellement.
Ross Dolan : Chaque album est à voir comme une capsule temporelle. Il reflète exactement où on en est à ce moment-là. Celui-ci est né de manière très organique, sans contrainte, et ça s’entend.
Comment le décririez-vous musicalement ?
Il est très varié. Il y a des morceaux très rapides, très agressifs, et d’autres plus lourds, plus lents, presque oppressants. On a vraiment essayé de varier les dynamiques.
Bob Vigna : Ce qui est important pour nous, c’est que chaque morceau ait sa propre identité. On ne veut pas d’un album uniforme. Chaque titre doit pouvoir exister seul, tout en s’intégrant dans un ensemble cohérent. Et c’est pour ça qu’il est difficile de choisir un favori. Chaque morceau a son atmosphère, son énergie, son rôle dans l’album.

"Le monde traverse une période très sombre, très instable. Il y a une forme de chaos qui s’installe, et ça influence directement ce qu’on écrit."
Après plus de cent morceaux composés, est-ce encore un défi de se renouveler ?
Oui, clairement. C’est même de plus en plus difficile. Mais c’est aussi ce qui rend le processus intéressant. On cherche toujours à aller un peu plus loin, à explorer de nouvelles idées sans perdre notre identité. On ne veut pas se répéter. Quand on trouve quelque chose qui nous excite vraiment, on sait qu’on est sur la bonne voie. C’est vraiment ça qui nous maintient motivés !
Les thèmes de l’album semblent très liés à l’état actuel du monde…
Ross Dolan : Oui, forcément. Le monde traverse une période très sombre, très instable. Il y a une forme de chaos qui s’installe, et ça influence directement ce qu’on écrit.
Bob Vigna : Mais on ne veut pas être trop explicites. On préfère suggérer plutôt qu’imposer un message clair.
Ross Dolan : Chacun peut interpréter les paroles à sa manière. C’est important pour nous. En tant que fans, on aimait construire notre propre lecture des morceaux. On veut que les auditeurs puissent faire la même chose.
Le titre et l’artwork, dessiné par Eliran Kantor, semblent très symboliques.
Oui, ils reflètent cette idée d’un futur incertain, presque condamné. C’est une vision assez pessimiste, mais réaliste de ce qu’on observe aujourd’hui.
Bob Vigna : L’artwork renforce ça, avec une dimension presque spirituelle. Il y a une tension entre destruction et tentative de salut.
Vous avez collaboré avec Dan Lilker pour cet album...
Ross Dolan : Oui, il intervient sur deux morceaux. On le connaît très bien, donc c’était naturel !
Vous êtes actuellement en France. Quelle relation avez-vous avec le public français ?
Elle est très forte. La scène française a toujours été passionnée et fidèle !
Bob Vigna : On a un souvenir très particulier ici : notre premier concert européen, en 1989 à Paris, avec Massacra et Tankard. On n’a joué qu’un seul morceau ou deux, je ne sais plus… mais c’était un moment incroyable.
Ross Dolan : C’est resté gravé. La France a toujours compté pour nous !
IMMOLATION
ORIGINE : Yonkers, New York (US)
LINE-UP : Ross Dolan (chant, basse), Bob Vigna (guitare), Alex Bouks (guitare), Steve Shalaty (batterie)
MERCH : immolation.band/merch
FACEBOOK : ImmolationOfficial



