ITW - Left to Die
- Axl Meu
- il y a 10 heures
- 5 min de lecture
Left to Die n'est pas un simple groupe hommage à Death. Réunissant les anciens membres de Death Rick Rozz et Terry Butler aux côtés de Matt Harvey (Exhumed, Gruesome) et Gus Rios (Gruesome), le quatuor est passé à l'étape du studio en réinterprétant les morceaux des toutes premières démos de Mantas et de Death sur Initium Mortis, un titre que l'on peut traduire par « le commencement de la mort ». Nous avons rencontré Terry Butler, l'emblématique bassiste d'Obituary et ancien membre de Death.
Par Axl Meu
Je ne peux m’empêcher de te demander plus d’informations concernant le lancement de Left to Die… Comment le groupe est-il né ?
Tout a commencé il y a environ trois ans à Tampa. Nous avions participé à un concert hommage à Chuck Schuldiner, où nous avons interprété Spiritual Healing dans son intégralité ainsi que quelques morceaux de Scream Bloody Gore et Leprosy. L'accueil a été incroyable. À la suite de ce concert, beaucoup de gens nous ont demandé si nous serions capables de jouer Leprosy en entier. Nous avons trouvé l'idée intéressante et nous nous sommes dit : « Essayons et voyons ce qu'il se passe. » Très vite, les propositions de tournées sont arrivées. C'est à ce moment-là que Left to Die est réellement devenu un groupe.
Pourquoi avoir choisi Matt Harvey et Gus Rios pour compléter le line-up ?
Rick (Rozz, guitare, NDLR) et moi voulions être entourés de musiciens qui aiment sincèrement cette musique. Matt et Gus connaissent parfaitement le répertoire de Death et le jouent avec énormément de respect. Ce sont avant tout d'excellents musiciens, mais surtout de véritables passionnés. Le choix s'est donc imposé naturellement !
Left to Die sort son premier album, Initium Mortis, le 17 juillet. Plutôt que de composer de nouveaux morceaux, vous avez choisi de réenregistrer les toutes premières démos de Death. Pourquoi avoir fait ce choix ?
L'idée est née pendant notre tournée sud-américaine l'année dernière. Nous avons été frappés par le nombre de très jeunes fans présents dans le public. Des adolescents de 14 ou 15 ans venaient nous voir avec leurs parents. Ils connaissaient Death, mais beaucoup n'avaient jamais entendu les toutes premières démos. Nous avons alors réalisé qu'il existait toute une génération qui ignorait les origines du groupe. Nous avons voulu leur montrer comment tout avait commencé.
Ces démos sont des documents historiques. Elles ont été enregistrées dans des conditions très rudimentaires, mais on y entend déjà toute l'agressivité et toutes les idées qui donneront naissance à Death. Notre objectif n'était pas de les moderniser complètement, mais de leur offrir une production plus claire afin que chacun puisse réellement apprécier les compositions. Nous voulions conserver leur esprit tout en les rendant accessibles à un nouveau public.
Le titre Initium Mortis possède une forte symbolique...
Exactement. En latin, cela signifie « le commencement de la mort ». C'est précisément ce que représente cet album. Avant Scream Bloody Gore, avant Leprosy ou The Sound of Perseverance, il y avait ces démos. C'est là que tout a commencé. Nous voulions raconter cette histoire.
Comment s'est déroulé le travail de réinterprétation de morceaux parfois difficiles à déchiffrer ?
Matt Harvey a accompli un travail énorme. Certaines parties étaient quasiment impossibles à distinguer sur les vieilles cassettes. Il a retranscrit les riffs, comparé différentes versions et reconstitué les morceaux avec beaucoup de précision. Nous avons ensuite enregistré les guitares et la batterie, puis j'ai posé mes lignes de basse pendant une tournée européenne avec Obituary. J'ai même enregistré certaines parties dans un studio mobile entre deux concerts !

"Je remercierai toujours Chuck de m'avoir donné ma chance. Grâce à lui, j'ai énormément appris, aussi bien comme musicien que comme personne sur la route. À l'époque, tout était nouveau. Faire partie d'un groupe de Death Metal en 1987 ou 1988 et voir cette musique commencer à prendre une telle ampleur, c'était quelque chose d'exceptionnel."
La production est plutôt moderne. On imagine que c’est un choix assumé.Â
Oui, mais nous ne voulions surtout pas tomber dans une production trop clinique. Notre objectif était de conserver l'atmosphère de 1984-1985. Il fallait retrouver ce côté brut, presque punk, qui caractérisait les débuts de Death, tout en proposant un son suffisamment propre pour que chaque détail puisse être entendu.
Pensez-vous qu'un jour Left to Die enregistrera de véritables compositions originales ?
Oui, nous en parlons, mais nous devons être prudents. Rick et moi avons joué dans Death, tandis que Matt et Gus évoluent dans Gruesome. Nous ne voulons pas écrire un nouvel album qui ressemble simplement à du Death ou à du Gruesome. Si Left to Die compose un jour ses propres morceaux, ils devront posséder leur propre identité…
Il reste encore plusieurs anciennes démos inédites. Peut-on imaginer un second volume ?
Pourquoi pas. Nous avons sélectionné les morceaux qui représentaient le mieux cette période, mais il reste encore quelques chansons que nous n'avons jamais enregistrées. Elles pourraient parfaitement réapparaître un jour sous forme de bonus ou dans un futur projet.
Je me peux m’empêcher en fin d’interview de te demander ce que tu retiens de ton passage au sein de Death, entre 1987 et 1990.Â
C'était une période incroyable. Je remercierai toujours Chuck de m'avoir donné ma chance. Grâce à lui, j'ai énormément appris, aussi bien comme musicien que comme personne sur la route. À l'époque, tout était nouveau. Faire partie d'un groupe de Death Metal en 1987 ou 1988 et voir cette musique commencer à prendre une telle ampleur, c'était quelque chose d'exceptionnel. Aujourd'hui encore, je suis fier d'avoir participé à cette aventure. Nous avons contribué à construire quelque chose qui continue d'influencer des générations de musiciens, et c'est un immense honneur. J'ai aussi eu la chance de participer à l'écriture de quatre morceaux sur Spiritual Healing. Cet album occupe une place très particulière pour moi. À mes yeux, c'est l'un des grands disques de Death. On y sent déjà une évolution par rapport à Scream Bloody Gore ou Leprosy : davantage de mélodie, des compositions plus élaborées, tout en restant extrêmement agressives.Â
Enfin, que diriez-vous aux fans afin de les convaincre à écouter Initium Mortis ?
Si vous voulez comprendre les origines du Death Metal, écoutez cet album. Ce n'est pas le Death technique que le groupe développera plus tard. C'est une musique beaucoup plus directe, plus primitive, presque punk dans son énergie. Mais c'est précisément ce qui la rend si importante. Ces chansons représentent les fondations de tout un genre. Elles montrent comment quelques adolescents de Floride ont contribué à créer ce que l'on appelle aujourd'hui le Death Metal. C'est cette histoire que nous voulions raconter avec Initium Mortis.
LEFT TO DIEÂ
ORIGINE : Tampa (États-Unis)
LINE-UP : Terry Butler (basse), Rick Rozz (guitare), Matt Harvey (guitare, chant), Gus Rios (batterie)
FACEBOOK :Â lefttodiebandÂ
