top of page

ITW - Venom

Pas toujours facile de s’y retrouver : entre Mantas et Abaddon, qui célèbrent un peu partout dans le monde l’anniversaire de Welcome to Hell avec une ribambelle d’invités prestigieux, et Venom Inc. (réunissant Mantas, Abaddon et Demolition Man), on en viendrait presque à oublier que le “vrai” Venom — celui mené par Cronos — existe toujours bel et bien. Et pourtant, c’est le cas. Huit ans après Storm the Gates, la bête noire de Newcastle est de retour avec Into Oblivion, paru le 1er mai chez Noise Records. Pour l’occasion, nous nous sommes entretenus avec Rage, son guitariste !

Propos recueillis par Axl Meu.

Huit ans après Storm The Gates, Venom est de retour avec Into Oblivion. Comment expliquer cette longue attente ? 

Oui, huit ans, c’est beaucoup ! Déjà, quand on a commencé à écrire, c’était pendant le COVID. On était tous confinés, donc chacun travaillait de son côté. Cronos et moi avons amélioré nos home studios, et on écrivait les morceaux séparément. Ensuite, après le confinement, on est repartis en festivals, parce qu’on n’avait pas travaillé pendant un an. Il fallait rejouer, reprendre une activité. Puis on a rencontré un gros problème technique : on avait enregistré la batterie, mais en réécoutant, il y avait un bruit horrible à cause d’un fichier corrompu. On a dû tout recommencer… 

Mais au final, ça a été bénéfique : on a réécouté les morceaux et on s’est dit qu’ils étaient bons, mais qu’on pouvait faire mieux. On a retravaillé certaines chansons, supprimé d’autres, ajouté de nouvelles idées. On a aussi changé de label pour aller chez BMG, ce qui nous a donné plus de temps. On savait qu’on avait de la marge, donc on a encore amélioré l’album, modifié l’atmosphère des morceaux.


Ce nouvel opus s’appelle donc Into Oblivion. Un premier regard sur la pochette et la tracklist… On est vraiment dans du Venom pur jus. Une pochette qui fait directement allusion à celle de Black Metal, et un morceau « Lay Down Your Soul » qui fait directement allusion au titre « Black Metal ». Comment interpréter cela ? 

Oui, tu as raison… mais ce n’est pas un retour en arrière. On ne peut pas recréer ces albums, c’est impossible. Il s’agit surtout d’un clin d’œil. Cronos voulait depuis longtemps créer une version plus réaliste du personnage démoniaque, avec les moyens actuels. Il a travaillé dessus pendant des années. On mélange peinture, graphisme, technologie… et même des animations. Par exemple sur Apple Music, l’image bouge. Cette pochette, c’est aussi une façon de dire aux anciens fans : « ne vous inquiétez pas, c’est toujours l’esprit de Venom, mais évolué » ! Pour les paroles, notamment « Lay Down Your Soul », pareil : c’est un gros clin d’oeil ! 


L’histoire de Venom a toujours été chaotique : le groupe a connu beaucoup de changements de line-up. Pourtant, le line-up actuel dure depuis un moment, dix-sept ans il me semble. C’est un record pour le groupe, ce qui favorise cette alchimie. 

Au début, il y avait surtout du respect entre musiciens. Avec le temps, c’est devenu une vraie amitié. Aujourd’hui, on ne discute même plus à l’avance des morceaux : chacun arrive avec ses idées. On sait que personne ne sera jugé si ce n’est pas parfait. On sait aussi quand intervenir ou non. Même s’il est là depuis toujours, Cronos demande souvent notre avis. C’est un mélange entre respect et liberté ! Je connais Cronos depuis plus de 20 ans. On se comprend très bien… C’est un peu comme si nous étions mariés maintenant ! (Sourire)


Quand bien même vous vous accordez des libertés, j’imagine que certains morceaux vous ont donné du fil à retordre. Lesquels plus particulièrement ?

Les plus progressifs en fait. Parce qu’on ne peut pas garder la même intensité du début à la fin. Par exemple, « Lay Down Your Souls » est rapide, mais on a complètement joué sur l’intensité au milieu. Quant à « Death The Leveller », il est plus rapide, puis plus harmonieux ensuite. Enfin, quant à « As Above So Below », c’est un morceau qui est riche en harmonie, avec plusieurs guitares… Ce morceau dégage une atmosphère particulière et a été écrit à la manière d’une musique de film. 



"Je suis né à Newcastle, j’étais passionné de metal et je rêvais de devenir musicien. On m’a toujours dit que c’était un rêve inaccessible, que pour réussir il fallait aller à Londres, là où se trouvaient les maisons de disques. Mais il y avait Venom. Ils venaient de chez nous, et pour nous, c’étaient des superstars."


D’ailleurs, vous avez incrusté des passages en latin dans ce morceau…

Oui, le refrain est en latin. Ça correspond bien à l’ambiance, aux thématiques abordées : le retour de lucifer et l’occulte. On voulait proposer un ensemble intense, presque comme dans un film d’horreur, avec des choeurs inquiétants. Et le latin renforce cet effet ! Aujourd’hui, avec Internet, les gens ont déjà accès à des choses très extrêmes, donc, à nous maintenant de nous en inspirer et de proposer notre vision des choses !


Le nouvel album a la particularité de sonner à la fois « old-school » et moderne. Comment avez-vous abordé son enregistrement du coup, malgré les problèmes rencontrés ?

On n’a pas utilisé de clic. Du coup, la musique respire : elle peut accélérer ou ralentir naturellement. On enregistre de manière très simple : amplis, micros, instruments réels. Pas de surproduction. Si on veut un son plus grand, on double les voix ou les guitares. On a aussi fait appel à une chanteuse pour certaines parties. Le mixage ajoute une touche moderne, mais tout ce que tu entends est joué par de vrais musiciens.


Maintenant, on imagine que vous allez tourner pour défendre cet opus. Si oui, quand ? 

Oui, mais on n’annonce rien tant que les contrats ne sont pas signés. On devrait jouer en Europe. On va normalement en Amérique du Sud régulièrement, parce que les fans sont incroyables, mais cette année ça dépendra de la situation mondiale.


Cette année marque le 45e anniversaire du premier album de Venom. Que penses-tu de Welcome to Hell ?

Oui, pour moi, c’est très personnel. Je suis né à Newcastle, j’étais passionné de metal et je rêvais de devenir musicien. On m’a toujours dit que c’était un rêve inaccessible, que pour réussir il fallait aller à Londres, là où se trouvaient les maisons de disques. Mais il y avait Venom. Ils venaient de chez nous, et pour nous, c’étaient des superstars. Tu penses à Iron Maiden, bien sûr, mais tu te dis que tu n’auras jamais ta chance avec eux. Alors qu’avec Venom, ça semblait possible. On les croisait parfois à Newcastle, et c’était incroyable : on avait leurs albums à la maison, et là, ils étaient devant nous. C’était fou. Il y avait aussi Raven, Tygers of Pan Tang et d’autres groupes. Toute la scène a explosé. Newcastle était vraiment un endroit où tout se passait.

Quand tu viens du nord-est, tu ressens une grande fierté de voir des groupes locaux percer et continuer à faire de la bonne musique des années plus tard. Je suis vraiment heureux de faire partie de cette scène. C’était une époque différente. C’était comme si Black Sabbath avait été poussé encore plus loin, vers quelque chose de plus extrême.  Le son était rapide, brut, et ça te donnait l’impression que toi aussi, tu pouvais le faire. J’ai ressenti la même chose en découvrant d’autres groupes de mon âge. Ils faisaient déjà des albums, et je me suis dit : “Ils ont le même âge que moi… alors pourquoi pas moi ?” Leurs chansons étaient excellentes. C’est ce qui m’a vraiment construit en tant que guitariste. En grandissant, tu écoutes des virtuoses, bien sûr. Mais tout le monde ne peut pas être Ritchie Blackmore ou Gary Moore. Et au fond, ce n’est pas ça le plus important. Si tu as la musique en toi et que tu es capable d’écrire de bonnes chansons, alors ça suffit. Tu n’as pas besoin d’être le meilleur du monde. L’important, c’est d’être sincère et de faire de la bonne musique. Les premiers albums de Venom, puis ceux d’autres groupes, m’ont donné la confiance de continuer à écrire. Tu te dis que quelque part, quelqu’un appréciera ce que tu fais.


Dernière question, pour ceux qui n’ont pas encore écouté ce nouvel album, que leur dirais-tu pour leur donner envie de l’écouter ?

Je dirais que ce sont treize morceaux de pur chaos, qui te ramènent aux années 80 tout en se tournant vers l’avenir.

VENOM

ORIGINE : Newcastle

LINE-UP : Cronos (chant, basse), Rage (guitare), Dante (batterie) 

FACEBOOK : venomofficial



Logo Off_edited.png
Euroguitar logo.png
  • Instagram
  • Facebook

© 2017-2025 Powered by Nao Noïse

bottom of page