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BRUTAL SWAMP FEST 2026

T- “Elle est belle cette ruine nan ?”

N- “Oui”

T- “Mais c’est pas ça du tout la salle Vauban”

N - “Bah non…”

T - “Mais qu’est-ce qu’ils foutent là tous ces gens en T-Shirt noir alors ?”

N - “Bah ils profitent du patrimoine Français, allez, roule”

 

Par Théophile et Fred VDP / Photos : Moris DC

Après une petite facétie du GPS, nous voilà donc à la salle des fêtes qui accueille le Brutal Swamp à Saint Omer. Une salle aménagée pour l’occasion : à l’extérieur, deux Food Trucks dont un végé ; à l’intérieur, une partie concert avec, en face, le bar et enfin dans l’entrée, le Merch des groupes et des stands divers, du vinyle, des CD, Sea Shepherd, un stand pour repartir avec une bière personnalisée et vos humbles serviteurs.

 


Une grande partie du public est encore en train d’échanger son billet contre son bracelet que Reject The Sickness démarre. Ce qui marque tout de suite c’est l'enthousiasme communicatif du frontman qui semble très content d’être là. Alors, il commence devant 30 personnes hein, mais il s’en fout, c’est pas le genre à se débiner. Alors qu’on aime ou pas le Death Mélo qui oscille entre les premiers In Flames et Hypocrisy, c’est difficile de ne pas faire honneur devant tant d’efforts déployés. Coté compo, c’est peut-être un peu convenu mais qu’importe, le contrat est largement rempli, preuve en est le sourire partagé dans la foule à la fin de la prestation.


Le BSF a pris pour habitude d’inviter chaque année un groupe de Black Metal à tendance Death, ou en tout cas ayant un lien direct avec le genre. Ce sont les Vierzonnais de Miasmes qui relèvent brillamment ce défi, avec un set brut de décoffrage, construit autour de leur unique album de 2023 et leur excellent EP de 2022. Il n’est jamais facile de se faire une place dans un Fest dont les autres formations ne jouent pas la même chose, et pourtant Miasmes tire aisément son épingle du jeu. On en redemande !



Avec Creeping Fear, côté instru, on a le droit à quelque chose de très influencé Cannibal Corpse, surtout la guitare, mais au chant, c’est une toute autre affaire. Entre le chant Grindcore et le goblin en crise de nerf (et c’est un compliment sincère), on est pour le moins surpris le temps que la sauce prenne et bizarrement, ça marche super bien. Pour ajouter à la performance, le bougre ne fait pas semblant de jouer de la guitare et malgré une position imposée par son pied de micro, il est dynamique sur scène. Grosse découverte du groupe parisien qu’on aura plaisir à revoir car, si l’on en croit les habitués, est capable de livrer des prestations encore plus dynamiques. Vivement !



Puis vient la première grosse sensation de la journée avec Bio-Cancer. La formation grecque va littéralement retourner la salle Vauban avec un set bulldozer, d’une énergie plutôt Thrash mais qui convient très bien au public audomarois. L’envie du frontman est communicative et musicalement Bio-Cancer offre une prestation haute en couleurs. Un régal !

Brutal et sans concession, Relics of Humanity ne fait pas dans la dentelle, c’est le moins que l’on puisse dire. Étonnamment, le groupe sonne clean, paradoxalement plus que sur album, si bien qu’on y perd un peu le côté atmosphérique au profit d’une démarche plus frontale. Flo au chant est ultra impressionnant, l’ensemble nous sert un gros morceau bien dur à machouiller qui va nous rester longtemps sur l’estomac. Grosse impression.

 

Les balances sont à peine terminées que Dead Congregation reste sur scène, la lumière tombe, l’ingé son recule d’un mètre et c’est parti. Alors ne nous le cachons pas, l’attente était énorme tant le groupe est rare dans nos contrées, et les petits soucis techniques de la guitare soliste du début n’ont pas participé à détendre l’atmosphère. Ajoutez à cela une partie du public assez peu avertie, venu plutôt pour Benighted et qui s’est dit que de faire du stage diving sur du Doom Death c’était une bonne idée, on a clairement eu un début de show assez peu rassurant. Mais au diable les mauvaises langues ! Les Grecs ont été absolument impeccables, ils ont réussi à poser ou plutôt à imposer leur ambiance ultra pesante quasi délétère, malgré tout ce qu’on a mentionné plus tôt, ils ont cueilli leurs fans tout en embarquant avec eux ceux qui ne les connaissaient pas. Alors oui, 45 min de set c’était évidemment trop peu, mais ça suffisait pour chanter la fin du monde et ça leur permettra de tomber assurément dans les top de l’année. Et pour enfoncer le clou, les mecs sont adorables en dehors de la scène, ils ont laissé les prix de 2010 sur leur merch alors écoutez Dead Congregation s’il vous plaît.


A voir les T-Shirt en masse dans le public, Benighted semble définitivement être la tête d’affiche de la journée. Il faut dire que la formation emmenée par Julien Truchan fait des ravages à chaque passage dans la région (on se souvient de leur prestation remarquée au BetiZFest l’an dernier). Et le set du jour ne va pas déroger à la règle imposée par les Stéphanois. D’une brutalité outrancière (ça tombe plutôt bien !), Benighted passe en revue une grande partie de sa discographie, prenant le temps de se poser sur quelques titres du petit dernier, Ekbom. La machine déroule un son costaud, le public est en phase avec les artistes qui donnent sans retenue. Et, cerise sur le gâteau, la meute termine sa prestation par la reprise “Slaughter of the Soul” de At The Gates, pour notre plus grand plaisir.


La tête d’affiche en dit beaucoup sur ce festival finalement. Car Monstrosity, pour beaucoup, au mieux était l’ancien groupe de Corpsegrinder, et au pire un nom totalement inconnu avant leur programmation. Mais les sachants savent. On savait qu’on avait le droit là à un groupe de vétérans pour initiés, plutôt rare, avec plusieurs périodes assez distinctes dans leur carrière et un soupçon de manque d’estime sur la scène.


Et des connaisseurs dans le public, il y en avait ? Un peu tristement pour Monstrosity, il faut bien l’avouer, la salle s’était pas mal vidée après Benighted, mais on le savait et ça aussi c’est révélateur, c’est le courage de programmer une tête d’affiche qui, finalement, ne parlera qu’à une minorité des spectateurs présents.


Et finalement c’est grave ? Bah non, parce qu’entres initiés, pas de stage diving hors propos, pas de pit lancé au pire moment, ça handbanguait en rythme, ça dégustait. Alors oui, les gars ont un peu subi les affres du temps, ça ne dégoulinait pas forcément de charisme sur scène (on est d’accord que le bassiste c’est Rober Doney Junior non?), mais putain c’était carré, ça jouait super bien, et malgré l’âge ça bougeait encore un peu sur scène avec sincérité. Toutes les périodes du groupe ont été couvertes, de l’old school au Death plus moderne, avec toujours une grosse touche de technicité, et n’oublions pas le cadeau : une reprise sous hormone de "Total Destruction" de Bathory. Franchement à la fin on éprouve un profond respect pour ce groupe pour lequel on souhaite que justice soit enfin rendue. Brutal Swamp, un grand merci ! On vous fait confiance, on reviendra !

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