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LIVE-REPORT - Gorgoroth + Tyrmfar + Lömsk + Patristic (DVG - Courtrai)

Trente-quatre ans de carrière ! Les pionniers du Black Metal norvégien Gorgoroth font une tournée européenne à l’occasion de ce drôle d’anniversaire, comme si ces représentants du satanisme théiste étaient fiers d’avoir été plus résistants que le Christ. Heretik Magazine est allé à l’une de ces célébrations le 24 mars au DVG Club de Courtrai.

Par Flavien Minne / Photos : Moris DC

Gorgoroth, tout au long des dix jours de tournée passant par l’Allemagne, les Pays-Bas, la France, la Suisse et se terminant à Milan, est accompagné par trois groupes, dont Lömsk. Ces « sournois » (non, ce n’est pas une insulte, mais la traduction de lömsk) ont vu le jour récemment, en 2022 à Gothenburg, en Suède. Avec un EP et un album, sobrement intitulés Act I et Act II - Of Iron And Blood, ils opèrent dans un champ lexical autour de la guerre. Ainsi, les quatre membres se font naturellement appeler The Major, The Captain, The Lieutenant et The Colonel.


Le quatuor monte sur scène le visage orné d’un énorme masque à gaz à double embouchure et vêtu de vestes d’officiers d’une armée imaginaire. Après un court silence pesant, une voix profonde sur une orchestration annonce les trois coups de toms introduisant « Fields Of Elysium », un véritable charnier musical, pendant lequel le bassiste-chanteur, The Colonel, reste rivé derrière son imposant micro sous les volutes bleues de fumée. Le frontman scande son texte tout en invitant le public à se mouvoir. Le morceau se pose ensuite avec un chant presque parlé et un arrêt net. Après une sirène d’alarme, « Spetälk » (lépreux) démarre immédiatement par une envolée de cordes qui annonce une voix profonde et martiale, intervenant entre une batterie tonitruante et une guitare bourdonnante. Derrière son pied de micro, The Colonel s’agite en semblant commander une armée d’ombres composée du public. Un bruit de chenilles et de moteur accompagne « Of Iron And Blood », alors que les guitares stridulent et que le chanteur dodeline de la tête sous les lumières blanches. La batterie martèle le rythme d’un pas de l’oie avant la cavalcade. The Major, le guitariste, lève le poing entre chaque accord. Quant au chant, c’est un véritable hymne guerrier, une Madelon du Metal. Il se fait très posé, très lent, avec des cordes en souffrance. Il est déjà l’heure du dernier morceau, « The Eternal Return ». The Captain, debout, maltraite sa cymbale pour une intro mid-tempo avant l’accélération du rythme. « Come on! ». La musique est lancinante, malsaine et pourtant très agréable. La fin est grandiose, suivie d’un arrêt net. Les quatre protagonistes, immobiles, quittent l’auditoire dans l’obscurité. Le public est heureux d’avoir fait une belle découverte. Il est évident que nous retrouverons Lömsk ailleurs qu’en première partie.


Le temps de l’intermède est compté. Voici d’ailleurs le moment d’accueillir les Valaisans de Tyrmfar. Les Suisses ont connu un remaniement important de line-up en accueillant un nouveau chanteur, bassiste et guitariste. Finalement, seuls Kevin Sanchez à la guitare et le batteur Quentin Brunner sont les rescapés de la formation de 2013. Avec trois albums de Black Metal mélodique et un chant aux relents hardcore, Tyrmfar entre en piste entre deux calicots. Avec eux, pas de corpse paint ni de signes distinctifs, juste les bras noircis jusqu’aux doigts. L’arrivée se fait en fanfare, en commençant par le batteur, poing levé dans l’ombre rouge. Ce soir est l’occasion de présenter le nouveau chanteur, paraissant assez jeune. C’est naturellement l’EP Symbiosis, auquel il a participé l’année dernière, qui est mis à l’honneur.


Un cri annonce « Pilgrimage of Oneness ». Jonas Babey oscille entre growl, chant grave et aigu, sur des rythmes tantôt lents, tantôt beaucoup plus rapides. Le chant parlé vient conclure le morceau sur une fin très mélodique. Déambulant sur scène, le vocaliste partage l’espace principalement avec Kevin Sanchez. Après un enregistrement aux sons inquiétants et un chant déclamatoire, « Symphony of Pain » démarre comme une fusée. Debout sur l’egoriser, Jonas s’arrache la voix, levant les bras avant de pousser son chant encore plus loin pendant le slam des gratteux. « The Hubris of Humanity » surprend l’auditoire par sa partition très hardcore et un chant plutôt black, alors que les riffs introduisent une voix profonde… tellement profonde qu’elle en devient presque inaudible. Cette heureuse cacophonie est un déluge de sentiments, de rage et de sueur, rendant la bouillie insipide délicieuse. Mais ça repart entre l’aigu et le grave pendant le rapide « Haunted By The Truth ». Le set s’achève par « The Altar of The Damned », issu de l’album Dialectic Of Ego And The Unconscious de 2022.

Tyrmfar vient de procurer au public une bonne dose d’adrénaline et de sérotonine. Le voici désormais prêt à accueillir Patristic. Les Italiens du Latium délivrent un Blackened Death mystique depuis 2022, avec un EP et un album. Encapuchonnés et vêtus de gilets, les trois musiciens montent sur scène dans une quasi-pénombre, éclairés uniquement par des lumières rouges. Pendant six titres, qui n’ont rien de catholique, Patristic prépare le terrain pour la réincarnation de l’Antéchrist.


La batterie est immense et prend toute la place, au point que la scène du DVG paraît minuscule. Le backdrop de Gorgoroth est illuminé de rouge, la fumée se répand et l’attente se fait longue. Soudain, tel un essaim qui se brise, un bourdonnement sourd envahit les enceintes : une guitare ouvre les hostilités. Infernus monte sur scène, suivi du bassiste et de Tomas à la batterie. Après avoir accueilli en son sein Gaahl, Vyl (Whoredom Rife), Samoth et Frost, ce soir, c’est Hoest (de Taake) qui redonne de la voix. Vêtu simplement d’un débardeur et de bracelets cloutés, le frontman scrute l’auditoire pendant les parties instrumentales de « Bergtrollets Hevn », extrait de l’opus Antichrist. Le chant paraît battu, scandé sur « Aneuthanasia ». Accroché à son pied de micro, Hoest joue de sa voix reconnaissable, énorme et poussive, avant d’enchaîner avec « Gorgoroth », plus rapide, rythmé par une batterie effrénée et une guitare lancée à toute allure. C’est avec son accessoire levé qu’Hoest nous présente « Katharinas Bortgang », issu du premier méfait de 1994, Pentagram. Tous les albums sont représentés, notamment Under The Sign Of Hell, avec pas moins de quatre titres dont « Krieg ». Le set continue avec « Kala Brahman », extrait du dern

ier opus de 2015 (!). « This is one for you ». « Unchain My Heart », de Incipit Satan, clôt le concert. Gorgoroth quitte la scène sur le son d’une oraison funèbre. Malheureusement, il n’y aura pas de rappel pour un public paraissant, ce soir, un peu timoré malgré son engouement.



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